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Colonel Ousmane Ndoye : « Les soldats zaïrois faisaient partie des meilleurs du continent… »

Le journaliste Pape Ndiaye de l’hebdomadaire sénégalais « Le Témoin », a interviewé le colonel sénégalais à la retraite Ousmane Ndoye alias « Ndoye Mbao » sur la participation du contingent militaire du Sénégal - qu’il commandait – à Kolwezi en 1978. Il a transmis cet entretien à Lepotentielonline.com, dimanche 15 décembre 2013.


Le colonel s’était confié en exclusivité au « Témoin ». Il nous avait expliqué les dessous de l’opération « Kolwezi » durant laquelle il a eu à diriger le bataillon sénégalais au Zaïre (actuelle Rd Congo) en 1978. « Les soldats zaïrois faisaient partie des meilleurs du continent, mais ils étaient mal équipés, mal nourris et mal payés », a-t-il déclaré.

 
Mon colonel, que s’est-il passé cette année-là au point que la communauté africaine ait fait  appel à un contingent sénégalais pour le Zaïre ?

L’engagement de l’Armée sénégalaise au Zaïre est parti d’une première tentative repoussée par les forces zairoises appuyées par des troupes marocaines. C’était en 1977, on l’appelait « Shaba I ».

Et dans la nuit du 12 mai au 13 mai 1978, les gendarmes katangais attaquent en force la ville de Shaba, c’était le début de « Shaba II ». Car, des milliers de combattants armés envahissent les villes minières de Kolwezi et de Mutshasha. Et quelques jours après, des parachutistes français sautent sur Kolwezi et progressent vers le centre-ville.

Pendant ce temps, les chefs d’Etat francophones, réunis à Paris, accèdent à la demande du président Mobutu d’envoyer au Zaïre une force interafricaine. Et l’Armée sénégalaise y était par le biais du bataillon des paras basé à Thiaroye.

Quels étaient les autres pays composant cette force ?

Cette force interafricaine était composée de 5 contingents : Il y avait le Maroc avec 1.500 soldats, le Sénégal 600 soldats, le Togo 150, la Cote d’Ivoire 100 et le Gabon 50.

Où était positionné le contingent sénégalais ?

Nous étions dans la zone minière de Kolwezi où mes troupes ont montré qu’elles sont issues d’une grande Armée de métier. Les Marocains étaient à Likassi et à Lubumbashi etc.  Et pendant une année, les contingents ont séjourné sans relève dans Shaba. A l’exception du corps médical ivoirien.

Comment se fait-il que tous les pays envoient des compagnies de combat alors que la Côte d’Ivoire participe avec une section… d’infirmiers ? Cela veut-il dire que la Côte d’Ivoire n’avait pas une armée ?

En tout cas, la Côte d’Ivoire avait envoyé un corps médical réparti dans trois secteurs…

Quelle leçon avez-vous tiré de cette expédition de 1978 pour les jeunes officiers et soldats de l’armée sénégalaise ?

D’abord, j’affirme et confirme que les soldats zaïrois, ou congolais si on préfère, que j’ai vus sur le terrain font partie des meilleurs du continent. Non seulement, ils sont athlétiques et disciplinés, mais encore généreux et accueillants dans l’effort. Seulement, ils étaient mal équipés, mal nourris et mal payés alors qu’ils vivent dans des conditions atmosphériques déplorables.

Comme de nombreux observateurs, j’ai été également frappé par le déséquilibre entre contingents : 1.500 Marocains et 50 Gabonais par exemple ! On constate aussi que le commandant du contingent le plus important est le commandant en chef de la force, le colonel-major marocain Khader Loubaris.

De là, tous les dérapages étaient permis. Et les principes d’équité dans le commandement souvent mis en cause. Car l’intérêt national passe naturellement avant l’intérêt général. Et c’est souvent la manœuvre et la délation qui remplacent les critères de professionnalisme. Sans oublier l’accaparement de tous les postes de commandement importants ainsi que des matériels majeurs par le pays d’origine du commandant en chef de la Force, au détriment des autres contingents. C’est là une des nombreuses leçons à tirer de l’opération «Kolwezi ».

Il en avait profité pour nous donner son expertise militaire sur les chances de réussite d’une éventuelle force de la Cedeao pour le nord du Mali.

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