A la Une

Les non-dits de Brazza

Les non-dits de Brazza

Brazzaville a organisé un mini-sommet, le samedi 9 décembre, qui a réuni trois présidents de la...

RDC: la Machine à voter risque de compromettre la présidentielle

RDC: la Machine à voter risque de compromettre la présidentielle

Retard pris dans le vote de la nouvelle loi électorale ; refus d’appliquer l’Accord du 31...

Appel à la raison

Appel à la raison

Les règles de jeu ne peuvent être changées en cours de jeu… Sinon, elles seraient destinées...

8ème Tribune d’Adolphe Muzito: La RDC un royaume des aveugles conduit par des borgnes

8ème Tribune d’Adolphe Muzito: La RDC un royaume des aveugles conduit par des borgnes

La loi électorale adoptée par la chambre basse est la réponse à une tribune publiée le 21...

L’horloge tourne

L’horloge tourne

Après la publication du calendrier électoral par la Commission électorale nationale...

Imprimer

Cinq questions à Denis Mukwege (*)

Écrit par Tirées de Radio Okapi, publié jeudi 31 aout 2017 le . Publié dans 5 Questions à...

1.  Vous venez de participer à une conférence dont le thème est « Nation congolaise en péril : responsabilité sociale des universitaires ». Comment expliquer cela ?

Absolument! Je pense que mon intervention avait insisté sur le rôle de sentinelle que doit jouer l’intellectuel. Dans toute société, c’est l’intellectuel qui doit alerter, qui doit dénoncer. Je pense qu’à partir du moment où l’intellectuel se tait, toute la société périt.

2.Selon vous, pourquoi l’intellectuel congolais ne joue pas son rôle de sentinelle ?

Il faut savoir que lorsque nous faisons une analyse, on se rend très bien compte que c’est d’un système bien organisé pour faire en sorte que cette capacité de contester et de dénoncer, de jouer le rôle d’alerte est détruite par le système dans lequel nous fonctionnons aujourd’hui. Et il y a plusieurs éléments qui entrent. Nous avons parlé, du fait que la population est très pauvre. Donc, étant dans une pauvreté abjecte, c’est comme si que la population asseye de trouver des opportunités, des survies, au lieu de se diriger de droit. Tout ce que les gens reçoivent, ils ne comptent pas cela comme leur droit, mais ils ont l’impression que c’est un cadeau. Absolument, quand on vit non puisque on a le droit, mais on vit par la grâce. Donc, on est tout à fait subordonné.

3.            Dans le système qui est déjà organisé. Que devrez être l’attitude d’un intellectuel ?   
Devant cette situation, je crois qu’un intellectuel doit alerter, un intellectuel doit dénoncer, l’intellectuel qui est un penseur, qui est un générateur d’idées, doit être en mesure de pouvoir donner les lignes, les voies de sortie. Je crois que là, c’est un  rôle capital que les universitaires doivent jouer pour permettre à ce que notre société puisse en sortir. Aujourd’hui, nous comptons beaucoup sur les motards et les « Kuluna » pour changer notre société. La solution ne viendra pas de là, cela doit venir des penseurs que moi je considère. Ils doivent jouer un bon rôle, par le fait de mettre l’étincelle afin de permettre à ce qu’il y ait une révolution morale.

4.            D’après vous, la révolution morale c’est quoi ?

En fait, la révolution morale c’est le retour aux valeurs universelles que sont la vérité, la justice et la raison. Je crois qu’aujourd’hui, toutes ces valeurs chez nous n’existent pas. Il n’y a pas d’humanisme. Quand vous voyez comment notre société est organisée, ça fait peur de voir l’opulence dans la quelle vit une élite dirigeante qui ne représente même pas 1% de la population, avec la pauvreté dans laquelle vit le reste de la population, vous comprenez qu’il faut qu’on retourne à un humanisme où l’homme doit être au centre de toute préoccupation, de toute action politique.

5.Comment les intellectuels congolais doivent-ils vaincre les valeurs immorales ?

Là, je crois qu’il faut d’abord s’imprégner de cet humanisme où on considère l’autre comme son égal ou on considère que nous sommes tous égaux devant la loi. Pour  cela, il que nous puissions bénéficier de mêmes avantages devant la loi. Cela je crois qu’il faut absolument retourner aux valeurs universelles qui sont  vérité, la justice et la raison. Donc, il faut être rationnel. D’ailleurs, dans mon discours j’ai dit que malheureusement le rationnel est devenu  irrationnel. Donc,  je recommande aux acteurs politiques de restaurer l’humanisme pour permettre à la population de vivre dignement, en passant par la révolution morale.

Médecin directeur de l’Hôpital général de référence de Panzi, à Bukavu (*)

 

 

 

Imprimer

Cinq questions à Antipas Mbusa Nyamwisi (*)

Écrit par La libre Afrique , publié mercredi 16 aout 2017 le . Publié dans 5 Questions à...

1.Selon vous, le président Kabila organisera-t-il les élections présidentielles ?

Ma première réponse est non. S’il le fait, ce ne peut être que dans deux cas très précis. Le premier, il parvient à modifier la constitution et il peut être candidat. Le second, il trouve enfin un candidat dans lequel il peut avoir confiance, donc dans son cercle familial…Démocratiquement ? Jamais ! Mais en contrôlant tous les rouages de la machine électorale, il peut passer ou faire passer quelqu’un même avec 5% des voix. Il ne faut pas se leurrer, ce Monsieur ne pourra plus jamais remporter un scrutin chez nous. Celui qui se présentera sous son étiquette non plus. Mais le pouvoir a l’argent et contrôle la Ceni (commission électorale nationale  indépendante), donc il peut tout envisager. En 2011, il n’a pas gagné le scrutin et pourtant…

2. Vous avez toujours de bonnes relations avec le Rwanda et l’Ouganda, comme du temps ou vous étiez en rébellion contre Laurent-Désiré Kabila ?

Disons que j’ai un bon carnet d’adresses et que j’ai pu le ranimer après être resté un certain temps en retrait et pas seulement avec les pays que vous mentionnez. C’est plus large, mais c’est à l’est, ça c’est vrai….Le temps à fait son œuvre. Les présidents  de cette région ont des yeux et des oreilles comme vous et moi. Ils constatent que la RDC est devenue une poudrière. Une déflagration chez nous pourrait avoir des conséquences terribles chez eux. Certains voudraient du sang neuf. D’autres veulent jouer un rôle positif pour l’avenir de notre pays. Ce n’est pas de l’angélisme, ils jouent aussi leur avenir dans ce dossier.

3.Vous êtes aujourd’hui membre du Rassemblement de l’opposition au sein de l’AR. Comment expliquez-vous les difficultés de l’opposition pour mobiliser le peuple ?

C’est compliqué parce que certains leaders sont à l’extérieur et ne peuvent rentrer. C’est compliqué aussi parce que nous avons joué le jeu du dialogue jusqu’au bout pour éviter le pire et certains n’ont pas compris. En dépassant le cap du 19 décembre 2016 (date de la fin du second mandat du président Kabila, NdlR), l’accord de la Cenco a calmé les ardeurs de la population. Mais, si tout le monde avait respecté les règles établies c’était la moins mauvaise solution. On accordait au président Kabila un an pour partir et organiser les élections. Un an, ce n’est pas la fin du monde. Mais il a craché sur cet accord.

4. Mais vous rencontrez quand même des difficultés pour mobiliser…

Les dernières mobilisations étaient bonnes et il faut continuer à s’unir contre ce pouvoir. C’est difficile aussi parce que vous avez un pouvoir qui a tout l’argent qu’il veut pour tenter de débaucher ses adversaires et organiser le désordre. Lui et sa clique sont notamment derrière les conflits entre pygmées et bantous. Les massacres de Beni, j’ai été le premier à dire que c’était lui. C’était très dangereux d’oser dire ça. J’ai été accusé, on m’a menacé, mais j’avais raison. Ce qui se passe aux Kasaïs, les attaques contre les prisons, les descentes sur Kinshasa, tout ça c’est le pouvoir qui est derrière… Face à ces événements, il n’y a qu’une solution, la constitution d’une unité la plus large possible. J’avais déjà tenté une alliance avec Tshisekedi en 2011. Kengo était d’ailleurs partant. Mais ça n’a malheureusement pas abouti.

5. Vous pensez que ce genre de scénario a plus de chances de réussir aujourd’hui ?

Les temps ont changé. Le Rassemblement tient bon. Ceux qui devaient partir sont partis. Aujourd’hui, il faut qu’on parvienne à se serrer les coudes. Il faut mettre de côté nos divergences pour penser à l’avenir du peuple congolais. C’est un désastre complet au pays. On ne peut plus l’accepter et le peuple va nous pousser dans le dos. La tension est palpable à Kinshasa mais il y a bien d’autres endroits où ça bouillonne. Tous les Congolais qui peuvent voyager un peu constatent ainsi que dès qu’ils entrent en Ouganda, au Rwanda, au Zimbabwe ou en Angola, pour ne citer que ceux-là, il y a de l’eau, de l’électricité, des routes,… Chez nous, c’est le désert total alors que nous sommes potentiellement les plus riches. Où est passée cette richesse ? Dans les poches de Kabila. Regardez tous les dossiers qui sortent et qui l’accablent lui et ses proches. Ce sont des centaines de millions de dollars qui ont été détournés à des fins personnelles.  Kabila est devenu un cas pathologique à cause de cette montagne d’argent. Les Congolais, eux, sont fatigués de cette situation. Ils ne le supporteront plus longtemps.

 

(*) Ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement Gizenga, en 2007 et président du RCD-KML

Imprimer

Cinq questions à Lambert Mende (*)

Écrit par Tirées de RFI le . Publié dans 5 Questions à...

1. Plus de 40 fosses communes, des vidéos de meurtres à bout portant, comment réagissez-vous aux multiples témoignages sur les violences criminelles commises par les forces de sécurité dans le Grand Kasaï depuis dix mois ?

Vous allez un peu vite en besogne,  commises par les forces de sécurité, je n’ai pas encore vu un jugement qui désigne un responsable de ces meurtres. Nous attendons avec impatience les résultats des enquêtes judiciaires et des procédures qui sont en pleine session. Je pense qu’il n’y a que des juges qui peuvent désigner les coupables de ces atrocités que nous déplorons tous.

2. Mais, dans ces atrocités que vous dénoncez vous aussi, on voit bien que l’armée tire à balles réelles sur des miliciens qui, pour la plupart, sont désarmés ?

C’est encore vous qui le dites, je ne sais pas d’où vous avez ces sources. Nous attendons que la justice militaire nous dise qui a tiré sur qui pour pouvoir déterminer la culpabilité des uns et des autres. En fait, il faut être patient et arrêter de faire de la politique avec la justice. Je ne sais pas si les questions dont nous parlons relèvent de manifestations. Nous avons eu des informations sur des groupes terroristes qui ont été constitués au Kasaï Central. Nous avons eu des images atroces sur lesquelles nous cherchons des résultats de la justice. Mais encore une fois, je me demande où monsieur Campbell a eu des informations, et nous lui recommandons vivement de les mettre à la disposition de la justice congolaise. J’ai l’impression qu’il est en train de faire une sorte de juridiction parallèle à nos juridictions qui sont en train de travailler. Nous espérons qu’il ne se venge pas des ennuis qu’il a eus avec notre administration de l’immigration, avec qui il a eu maille à partir lorsqu’il a été éjecté de notre pays, peut-être pour ce type de comportement.

3. Une vidéo de l’un des massacres a été diffusée à Mwanza Lomba en décembre dernier. Un procès vient de s’ouvrir où neuf militaires congolais sont poursuivis. Est-ce à dire que oui des atrocités ont été commises par les forces de sécurité congolaise ?

Mais nous devons attendre que la justice désigne les coupables. Je sais qu’il y a effectivement une procédure qui est en cours devant la Cour supérieure militaire de Mbuji-Mayi et contre des militaires que l’on reconnaît sur cette vidéo de Mwanza Lomba. Ils ont été tous arrêtés, ils ont été déférés devant la justice. Il n’appartient pas à quelqu’un d’autre que la justice de désigner des coupables. Certainement, il y a des militaires qui sont suspects d’atrocités devant la Cour supérieure militaire de Mbuji-Mayi, tout comme il y a des terroristes suspects d’atrocités qui comparaissent devant la Cour militaire supérieure de Kananga.

4. Pourquoi le massacre de Mwanza Lomba est le seul, aujourd’hui, à faire l’objet d’une procédure ?

Vous savez que le temps de la justice, ce n’est pas le temps du politicien, ce n’est pas le temps du journaliste. Pour qu’un dossier puisse être porté devant les cours et tribunaux, il faut absolument que le parquet ait terminé ce qu’on appelle la phase d’instruction pré-juridictionnelle. Je ne vois pas pourquoi il doit en être autrement en République démocratique du Congo, sauf si on veut simplement faire du « Congo bashing ».

5. Et quand le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme dit que, vu le nombre de fosses communes qui ont été découvertes, plus de 40 à l’heure actuelle, il faut des enquêtes élargies et approfondies. Est-ce que vous êtes d’accord ?

Mais, nous sommes d’accord d’être soutenus par toutes les bonnes volontés, y compris le Haut-commissariat aux Nations unies pour les droits de l’Homme, mais à condition que cela soit fait conformément à la procédure régie par le droit judiciaire congolais. Et nous attendons que cette enquête, qu’ils appellent une enquête conjointe, soit plutôt un soutien aux efforts de la justice congolaise. Cela en vue d’identifier les responsables de ces atrocités et pour permettre aussi que la sanction puisse passer. Sachez que s’il y a mille fosses communes, il y aura aussi mille procédures et nous n’arrêterons pas de faire des procédures tant que nous n’aurons pas le fin mot sur ces atrocités qui ont déstabilisé sérieusement la partie centrale de notre pays. On peut se poser des questions. Pourquoi des gens qui ont commis des crimes de guerre en 1945 n’ont pas encore définitivement comparu devant des juridictions ? Je vous explique que le temps judiciaire n’est pas le temps du politique. Laissons la justice travailler. Il ne suffit pas de soupçonner quelqu’un pour que l’on puisse tirer les conclusions en ce qui concerne sa culpabilité. Il faut qu’un juge ait prononcé sa culpabilité. Je sais que beaucoup de gens racontent n’importe quoi sur la RDC, mais quelqu’un qui est inculpé, généralement il est en détention préventive. En droit français, la responsabilité collective n’existe ni en droit congolais ni en droit américain. Donc, ne me parlez pas d’unité, parlez-moi d’individus.

 

(*) Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement

Imprimer

Cinq questions à Grégoire Kiro (*)

Écrit par Propos recueillis par Amédée Mwarabu le . Publié dans 5 Questions à...

1. Comment se présente la situation sécuritaire actuellement à Beni en particulier et dans le Nord-Kivu en général ?

Il y a une relative accalmie à Beni/Ville dans ce sens que les massacres de masse ont cessé depuis quelques mois. Mais la situation reste relative, car on ne sait pas quand cela peut reprendre. En ce qui concerne le Nord-Kivu, notre province fait face à l’envahissement des populations hutu rwandaises qui sont soi-disant originaires de Masisi et de Rutshuru et qui migrent vers la province de l’Ituri en passant par le grand Nord-Kivu, c’est-à-dire Beni et Lubero. Ces migrations posent un problème parce qu’il ne s’agit pas des Congolais mais des Hutu rwandais. Je dis cela parce que les territoires d’où ils sont censés venir, c’est-à-dire Masisi et Rutshuru, plusieurs enquêtes menées sur place là-bas n’ont pas constaté le moindre dépeuplement massif de ces territoires. Pourtant, ils sont entre 50 000 et 60 000 personnes qui se trouvent présentement en Ituri. On doit mener des enquêtes pour trouver d’où ils sont venus. En plus, de manière générale, ces populations ne parlent pas le Swahili. Ce qui est curieux pour des gens qui habiteraient le Kivu. C’est vraiment anormal.

2. Donc, ces migrations des populations hutu rwandaises vous inquiètent ?

Quand vous mettez en musique tous ces éléments que je viens de citer et vous ajoutez le fait que le Grand Nord-Kivu, Beni et Lubero, ce sont des territoires où on égorge des gens mais eux traversent ces territoires sans être inquiétés. Ils n’ont pas peur. Alors, on se demande si ces populations ne sont pas partie prenante au massacre qui se déroule à Beni. J’ai fait partie d’une commission d’enquête parlementaire fin 2014  à la suite des massacres qu’il y a eu à Beni. Des gens nous ont dit que parmi les assassins, il y avait des gens qui parlaient le kinyarwanda. C’est tout à fait normal que la population se pose des questions sur ces migrants téméraires qui n’ont jamais été attaqués par les ADF, qui parlent Kinyarwanda et qui ne connaissent rien du Nord-Kivu. Un autre élément est que le gouverneur de la province avait, il y a quelque temps, pris une note circulaire interdisant les déplacements dans sa province des populations non identifiées. Le gouverneur n’avait jamais précisé qu’il s’agissait des Hutu. Mais, la classe politique Hutu s’est levée comme un seul homme pour protester contre cette mesure.

3. La Céni a enrôlé environ 4 millions d’électeurs au Nord-Kivu. Ce chiffre a tiqué plus d’une personne. Quel est votre point de vue ?

4 millions d’électeurs, ce n’est pas trop pour le Nord-Kivu, parce que c’est quand même une province peuplée. Là où le bât blesse, c’est quand on constate que dans les territoires de Beni et Lubero le taux d’enrôlement avoisine le 100%, mais à Goma, Rutshuru, Masisi, etc., on arrive de fois à des taux d’enrôlement de 130%. Dans le contexte que je venais de décrire, cela devient suspect d’autant plus qu’il y a des citoyens rwandais qui ont été appréhendés avec des cartes d’électeur de la Ceni. Le gouverneur de province, lors de sa visite dans un camp de réfugiés, il en est sorti avec plus de 400 cartes d’électeur détenues par des réfugiés rwandais. A part cela, pendant les opérations d’enrôlement, il y a eu une quinzaine de Rwandais qui ont été appréhendés à la Grande Barrière de Goma, rentrant chez eux au Rwanda avec des cartes d’électeur. C’est dans ce contexte-là que nous disons que les 4 millions d’électeur, c’est bon mais combien d’étrangers se sont fait enrôler ?

4. Comment voyez-vous le processus électoral dans le Nord-Kivu avec la présence des réfugiés Rwandais ?

Nous n’avons pas d’autre choix que d’organiser les élections. Nous devons organiser les élections en décembre 2017. Malgré les problèmes qui se posent au Nord-Kivu, il y a moyen de recenser tous ces réfugiés et leurs ravir les cartes d’électeur pour qu’ils ne participent pas au vote lors des scrutins. D’une manière générale, l’Etat a failli à sa mission de protéger les frontières du territoire national. Voilà pourquoi il faut qu’il y ait des élections pour que le peuple se choisisse un nouveau leadership à la tête du pays. Cela ne peut pas continuer comme ça.

 

5. En tant que leader de Beni, quel message que adressez-vous à la population du Nord-Kivu ?

Ce que je demande aux populations de Beni et toute la province du Nord-Kivu, c’est de tenir bon. Le problème que nous connaissons reste essentiellement l’envahissement par des populations hutu du Rwanda. Maintenant que même les députés de l’Ituri nous emboitent les pas, nous sommes prêts du but. Bientôt, ces migrations vont cesser et la paix va revenir. Je suis convaincu que la présence massive de ces migrants est aussi un facteur d’insécurité.

(*) Député national élu de Beni-Ville et secrétaire général du RCD-KML

Imprimer

Cinq questions à Matthieu Kalele (*)

Écrit par Propos recueillis par Médard Muyaya le . Publié dans 5 Questions à...

1. Le Rassemblement accuse Joseph Kabila d’exacerber les tensions au pays. Pourquoi ce procès d’intention ?

 

Il n’y a pas de procès d’intention. Nous avons convenu avec la famille politique de M. Kabila d’un certain nombre de principes qui ont été coulés dans des accords. Ces accords ont été signés de bonne foi par les deux familles politiques le 31 décembre 2016. Les étrangers et nous-mêmes avons constaté que ce qui a été convenu ne correspond plus à ce qui se fait maintenant. Illustration : nous avions convenu que le Rassemblement présentait un Premier-ministre à Joseph Kabila qui le nomme. Nous constaterons qu’après la mort de M. Tshisekedi, on ne parlera plus du Premier ministre, on exige une liste de candidats premier ministre variant entre 10, 7, 5, 3. C’est de l’arbitraire. Il en est de même de la désignation du président du Conseil national de suivi de l’Accord. Ce dernier vient du Rassemblement. D’abord, il est président du Conseil des sages. Mais le constat est que M. Kabila instruit ses hommes y compris ceux qui ne sont pas signataires de l’Accord de la Saint-Sylvestre à siéger et délibérer. Ce, en perspective de la désignation du président du Conseil national de suivi. Ce qui n’est pas de leurs prérogatives. En somme, le jeu qui se joue maintenant met la démocratie en péril. 

 

Si nous revisitons le préambule de notre Constitution, il dit que depuis notre accession à l’indépendance, nous sommes partis de crise en crise ; que la raison fondamentale, c’est le non-respect des règles démocratiques, la non-prise en considération de la volonté du peuple. Aujourd’hui, en refusant d’organiser les élections en 2016, en refusant d’organiser les élections des députés provinciaux, en maintenant indéfiniment le Sénat et en ne respectant pas l’Accord du 31 décembre, M. Kabila veut se maintenir au pouvoir pour une présidence à vie. C’est ce que le Rassemblement lui reproche. Il n’y a pas de procès d’intention, on lui fait simplement remarquer qu’il faut respecter les textes.

 

2. Pensez-vous que les bons offices de la MONUSCO peuvent changer la donne politique ?

 

Non. S’il n’y a pas de volonté politique de la part de M. Kabila de respecter les prescrits de la Constitution et des accords; ces bons offices ne déboucheront sur rien du tout. Ils connaîtront le sort réservé à la CENCO. Ce n’est pas le Rassemblement qui a fait appel aux évêques, c’est Kabila. Et c’est lui qui a instruit sa famille politique de ne pas accepter telle ou telle autre disposition de l’accord.  

 

3. La Majorité présidentielle estime que dans la mission lui confiée, la CENCO est allée au-delà de ses prérogatives. Qu’en dites-vous ?

 

Il faut qu’elle nous précise d’abord quelles étaient ces prérogatives. On a demandé à la CENCO     de réunir les deux familles politiques, de les amener à se mettre d’accord sur un certain nombre de points. C’est ce que la CENCO a fait. Mais, lorsqu’elle constate au finish que la famille présidentielle, sur instruction de son autorité morale, ne veut pas respecter certains termes de cet accord, particulièrement la procédure pour nommer le Premier ministre et désigner le président du Conseil national de suivi ; par le truchement de ses disciples, Kabila monte au créneau et estime qu’on n’a pas à lui dicter ce qu’il doit faire. Qu’on le laisse plutôt nous imposer sa volonté à lui.

 

4. Pourquoi ce jeu de ping-pong dans le rapatriement de la dépouille mortelle d’Etienne Tshisekedi ?

 

Je pense simplement qu’on ne veut pas du côté de la famille présidentielle rendre les honneurs mérités à M. Tshisekdi. On continue à le haïr même après sa mort. Et ce n’est pas un seul cas du genre. Nous avons aussi connu le cas de Mamadou Ndala, dont les funérailles ont été sabotées d’abord,  par le rapatriement du corps nuitamment du Kivu au camp Kokolo d’accès difficile pour la plupart des civils. Ensuite, en faisant coïncider le jour des funérailles avec l’ouverture d’une session dans les deux Chambres du Parlement en vue d’empêcher sénateurs, députés et autres dignitaires de lui rendre des honneurs dignes d’un grand héros, enfin par un enterrement anonyme selon les rites musulmans.  

 

5.  Les opérations d’enrôlement sont différées dans les provinces du Kasaï et du Kasaï Central. Si le calme n’y revenait pas tôt, qu’adviendrait-il ?

 

D’abord, il faut savoir s’il y a volonté d’organiser les élections. Remontons en 2016, pourquoi M. Kabila n’a pas organisé les élections, aussi bien les provinciales dont les cautions étaient déjà payées par les candidats? 

 

 

(*) Professeur à la Faculté des Sciences sociales de l’UNIKIN et président national du Front pour un nouveau type de Congolais  (FNTC)

Articles récents

Les non-dits de Brazza
lundi 11 décembre 2017
Brazzaville a organisé un mini-sommet, le samedi 9 décembre, qui a réuni trois présidents de la sous-région : l’Angolais Joao Manuel Gonçalves Lourenço, le Congolais Joseph Kabila Kabange et...