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Cinq questions à Philippe NGOMA MASSUNDU (*)

Écrit par Propos recueillis par Médard Muyaya. Publié dans 5 Questions à...

1. Les travaux du Comité préparatoire du Dialogue ont démarré sans le Rassemblement. Qu’en pensez-vous ?

La réalité, c’est que toute l’opposition n’y est pas. Le Rassemblement est un grand ensemble de près de 80% de l’opposition. Mais lorsque vous y ajoutez le MLC et même l’opposition républicaine qui siège au gouvernement, il y a lieu de conclure que personne n’y est. Cela va tourner au monologue tel que c’est fut le cas lors des concertations de triste mémoire dont les sept cent résolutions n’ont jamais été appliquées à ce jour.

2. Malgré la récusation d’Edem KODJO par le Rassemblement, la Monusco appelle ce dernier à rejoindre la table des négociations. Quel est votre point de vue ?

Kodjo n’est pas récusé par le Rassemblement, lui seul. Au regard de la réussite totale de la journée ville morte de mardi dernier à l’appel du Rassemblement, le peuple a montré son rejet de celui-ci. Il doit tirer les conséquences de sa démarche complètement biaisée, c’est-à-dire rendre le tablier. Il y va de la dignité de cet homme d’État qui, en son temps, a dirigé l’OUA.

3. Malgré la ville morte décrétée par le Rassemblement, la Monusco estime que l’unique cadre des revendications reste le Dialogue. Quelle est votre lecture ?

Le Dialogue n’est pas un cadre de revendications mais plutôt de discussions et négociations. Mais avant celui-ci, il y a des préalables que nous avons posés et que nous estimons, jusqu’à ce jour, non remplis. D’où notre refus d’y participer. C’est un cadre d’harmonisation des vues principalement pour l’organisation des élections dans le temps et le respect de la Constitution. Nous comprenons les inquiétudes de la Monusco car c’est à elle que reviendra le plus dur du travail, c’est-à-dire  le rôle de pompier lorsque la maison RDC sera en feu.

4. D’aucuns pensent que les mesures prises par le gouvernement suffisent pour entamer le processus du Dialogue. Y a-t-il encore des préalables majeurs ?

Seul le Rassemblement est habilité à estimer que les mesures prises par le gouvernement sont satisfaisantes ou pas et personne d’autres qui n’en font pas partie. En ce qui concerne celui-ci, nous considérons qu’aucun préalable n’est rempli. Il n’y a pas de préalables majeurs ou mineurs. Tous s’équivalent. C’est l’ensemble ou rien. Nous en prenons pour exemple les poursuites judiciaires à l’endroit de Moïse Katumbi et les détensions arbitraires de tant d’autres à ce jour en prison. Il y a également des dédoublements des partis politiques dont on parle peu. Ces pratiques doivent cesser. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités en rétablissant la légalité des labels de ces partis politiques qui ont chacun son leader naturel. 

5. Comment entrevoyez-vous l’avenir de la RDC ?

Au regard du comportement cynique de ceux qui gouvernent, il est clair que l’avenir de la RDC est sombre. Nous entrons dans une zone de turbulence. Je me demande quand nous en sortirons-nous et dans quel état. Et pour éviter tout cela, il y a lieu simplement de respecter la Constitution. Le dénouement heureux de la situation en RDC dépend de ses dirigeants. Plus nous nous approchons de la fin du mandat du président Kabila, plus la situation devient plus compliquée. La pression monte, les pistes de solutions positives s’amenuisent, créant un doute sur l’avenir et un flou artistique. Mais il n’est pas encore tard pour faire mieux, dans la mesure où les autorités de notre pays doivent montrer leur bonne volonté et privilégier les intérêts supérieurs et basiques de la population au détriment de leur boulimie du pouvoir.

Propos recueillis par Médard Muyaya

(*) Président des Compagnons de Moïse Katumbi (C.M.K)

 

 

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Cinq questions à Raphaël Mfwamba Tchobobo (*)

Écrit par Super User. Publié dans 5 Questions à...

 

1.  La Fondation Miba fonctionne depuis 1997. De quoi s’occupe-t-elle ?

La Fondation Miba (FOMI), une ASBL créée par la MIBA le 02 juillet 1997, a acquis sa personnalité civile par l’arrêté ministériel n° 727/Cab. Min/J2004 et l’agrément du ministère des Affaires sociales par l’arrêté n° 027/Ca/V.M/AFF.SO.F./98 du 3 novembre 1998. La FOMI est une structure créée pour regrouper les interventions sociales de plusieurs personnes physiques, morales et philanthropiques intéressées au développement de la RDC. Elle exerce ses activités sur toute l’étendue de la RDC. Son objet principal est de contribuer au développement intégral des populations congolaises sans distinction d’ethnie, de religion en vue de l’amélioration du bien-être social.

2. Qu’en est-il de la convention de partenariat signée entre la FOMI et la CTB ?

La convention de partenariat signée entre la CTB (Coopération technique belge) et la FOMI consistait à donner l’accès à l’eau potable aux quartiers pauvres des communes périphériques de la ville de Mbujimayi et, plus précisément, dans les communes de Kanshi, Dibindi et Bipemba. Cette convention a été initialement signée le 16 avril 2007 pour un montant de 7 000 000 euros. Elle fut révisée le 31 juillet 2007 sans incidence financière. Au 31 août 2009, un avenant à la convention a été signée. La convention envisageait un partenariat entre une ONG du Nord (CTB) avec une autre du Sud (FOMI). Donc, il s’agissait d’un travail en synergie.

3. Vous avez signé un cahier des charges spécial qui préconisait 17 forages à exécuter. Qui en était l’entrepreneur ?

La convention prévoyait, entre autres, l’exécution des 17 forages d’eau. Mais après le lancement de quatre appels d’offres, sans succès pour exécuter les forages, la FOMI, quoique partenaire de la CTB, a soumissionné en mars 2009 (5ème appel d’offres) pour sauver le projet. La commande des 17 forages pour un montant de 1 373 391 euros a été finalement confiée à la FOMI qui venait d’acquérir un atelier de forage.

4.  Qu’est-ce qui oppose la FOMI à la CTB ?

La CTB, sans respecter la convention de partenariat, a fait de fausses déclarations contenues dans les rapports finals narratifs réservés aux bailleurs ainsi qu’à toute personne à laquelle ces rapports ont été transmis. La FOMI considère que ces rapports erronés et faits en catimini par la CTB ont détruit intentionnellement la crédibilité de sa structure à grande échelle. La FOMI exige de se mettre avec la CTB  autour d’une table pour établir les vrais rapports. La CTB a dégarni les bureaux à Mbujimayi en 2011 sans préparer la situation de clôture du projet. La FOMI exige à la CTB de payer la somme de 172 266,78 euros.

5.  En cas de différend, que prévoit la convention ?

Dans son article 16, la convention demande aux deux partenaires (CTB et FOMI) de tout mettre en œuvre pour régler à l’amiable tout différend. En cas d’échec, un des partenaires peut soumettre le différend à l’arbitrage des bailleurs de fonds (UE et UKAID). Mais dans le cahier spécial des charges,  l’article 7 précise ce qui suit : « Le présent marché, de même que toutes les conséquences ou effets juridiques qui pourraient en résulter sont intégralement soumis à la loi belge. Seuls les tribunaux de Bruxelles sont compétents ». Dans le cas de figure, après l’échec des règlements à l’amiable, après désistement des bailleurs de fonds, la seule voie qui nous reste est de nous retrouver avec la CTB devant les tribunaux de Bruxelles.

 

Propos recueillis par Médard Muyaya

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Cinq questions à Henry Mutombo (*)

Écrit par Super User. Publié dans 5 Questions à...

 

1.  La communauté internationale appelle au dialogue consensuel pour la tenue des élections dans le délai constitutionnel. Quel est votre point de vue ?

Le président de notre parti,l’Engagement pour citoyen et développement (EciDé),et la Dynamique de l’Opposition ont rencontré M. Ban Ki-moon. Mais, au cours de cet entretien, ils ont réitéré notre position quant au dialogue. Nous lui avons dit que le dialogue est inopportun d’autant plus que nous ne voyons pas les raisons de ce forum. S’il faut aller au dialogue pour discuter de questions de la sécurisation et de financement des élections, de la révision du fichier électoral, nous trouvons que toutes ces questions ne reposent pas sur un fondement solide pouvant le justifier. Et vous vous souviendrez qu’en 2012, nous avions demandé à nos compatriotes de la Majorité présidentielle d’aller au dialogue par ce qu’il y avait crise de légitimité, ils ne l’avaient pas accepté. Pour eux, il n’y avait pas crise de légitimité, les institutions fonctionnaient normalement. Après notre insistance,  nous avions obtenu l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Et pourtant, l’insistance visait à ce qu’on ait un dialogue dans notre pays pour décrisper cette crise. Mais nos compatriotes ne voulaient pas l’entendre de cette oreille. D’où vient qu’aujourd’hui, à quelques mois des élections, qu’on nous demande d’aller au dialogue. Nous disons non, c’est inopportun. Une seule discussion, un seul cadre pouvant justifier ce forum, c’est un forum technique réunissant nos amis de la Majorité avec nous de l’Opposition pour discuter de questions essentiellement électorales. Comment la Céni va organiser les élections dans le délai constitutionnel.

2.  Comment réagissez-vous à la position de G7 qui, aujourd’hui, exige des négociations directes entre acteurs politiques ?

Ici, je ne peux en aucune manière parler de G7 d’autant plus que je ne suis pas membre de cette plate-forme politique. Je ne prends pas part à leurs stratégies ou à tout ce qu’il programme au sein de leur famille politique, voire leur laboratoire.

3. Devant des sons discordants entre Dynamique de l’Opposition, G7 et Front citoyen 2016, ne craignez-vous pas de placer le pays sur une voie apocalyptique ?

Pas du tout. Il n’existe pas un groupe humain où il n’y a pas de divergence. Mais tous aujourd’hui, nous avons un seul objectif, notamment obtenir les élections dans le délai constitutionnel. Nous poursuivons un même objectif qu’est l’alternance pour qu’il y ait l’enrôlement de nouveaux majeurs, la révision du fichier électoral. Bref, que les élections s’organisent dans le délai. Donc, on peut éviter d’autres divergences pour ne pas mettre à mal notre regroupement ni plomber notre union en vue d’obtenir l’alternance cette année.

4.  Le 19 janvier dernier a été un rendez-vous manqué pour l’Opposition. Quel a été votre sentiment ?

Vous savez, nous condamnons fermement la restriction des droits et libertés fondamentaux garantis par la Constitution de la République. Ce jour-là, il était prévu par l’Opposition, ici au Congo, et la Société civile qu’on puisse commémorer la mort de nos frères tombés le 19 janvier 2015. Ils ont été dans la rue ce jour-là pour mettre la pression sur le gouvernement ainsi que sa Majorité présidentielle afin qu’ils ne puissent pas tripatouiller la Constitution, moins encore  modifier la loi électorale. Mais,  c’est malheureux que nous soyons dans un État qui s’appelle « République démocratique  du Congo » alors que la démocratie ne se vit ni dans sa profondeur ni par ses principes. C’est beaucoup regrettable. Ce jour-là, les sites ciblés pour commémorer la date du 19 janvier ont été investis par les policiers et les militaires. Nous avons fustigé ce comportement parce que la différence de l’autre ne peut en aucune manière devenir une hostilité.

5.  Vous projetez d’intenses manifestations pour  la tenue des élections dans le délai constitutionnel. Croyez-vous en leur réussite ?

 

Nous allons y parvenir. Ceux qui dirigent le pays aujourd’hui sont nos compatriotes de la Majorité présidentielle. Ils savent que cette démarche est l’incarnation de la volonté populaire. Ce sont des Congolais qui exigent cette élection. Vous avez vu le 16 février pour la commémoration des martyrs qui sont tombés en 1992 vous avez vu qu’on a demandé aux Congolaises et Congolais de rester à la maison. C’est effectivement pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il mette des moyens à la disposition de la Céni en vue de l’organisation des élections. Et cela a été une réussite. C’est-à-dire que la population s’attend aujourd’hui à l’organisation des élections dans notre pays dans le délai constitutionnel. Parce qu’il faut que notre Constitution soit respectée. Dans la Constitution, l’alternance est garantie. Nous avons foi et nous croyons que toutes les pressions vont produire des effets.

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Cinq questions à Alpha Condé (*)

Écrit par LP. Publié dans 5 Questions à...

Le scrutin sera-t-il réellement démocratique et transparent pendant que vos adversaires redoutent ce qu’ils appellent « un hold-up électoral » ?

Oui, le scrutin sera réellement démocratique et transparent. Nous avons satisfait à toutes les demandes de l’opposition en ce sens et même au-delà, malgré les réticences de ma propre majorité. Délégations spéciales, fichier électoral, composition de la commission électorale indépendante : tout le processus a été assaini. J’ai suffisamment été victime de fraudes quand j’étais opposant pour ne pas le tolérer aujourd’hui. La communauté internationale, par la voix de ses représentants en Guinée, l’a reconnu dans une déclaration commune : il n’y a plus de problèmes ni d’obstacles pour la présidentielle. Soyons sérieux. Si hold-up il va y avoir, ce sera donc avec la complicité de Gemalto, l’opérateur choisi par consensus, mais aussi de l’Organisation internationale de la francophonie, qui est présente depuis le début du processus, et des observateurs de l’Union européenne, en Guinée depuis un mois ! Ce sont-là des outrances de campagne. Ce qui est sûr, par contre, c’est que je n’accepterai pas le désordre, la pagaille, la prise d’otage du pays, ni que l’on jette des enfants dans la rue. Il n’y aura aucun hold-up, d’où qu’il vienne.

2. Ne peut-on pas dire que vous contrôlez toujours la Commission électorale nationale indépendante (CENI), via son président, Bakary Fofana, qui est l’un de vos proches et, par ailleurs, comment justifiez-vous la disproportion de moyens financiers entre vous et vos concurrents ?

Bakary Fofana n’a jamais été l’un de mes proches. Quant à la Ceni, vous connaissez ma position. Si elle est ce qu’elle est – c’est-à-dire politique – ce n’est pas de mon fait. Je la voulais technique, composée de spécialistes et d’experts électoraux. Mes adversaires s’y sont opposés. J’ai cédé. Qu’ils assument leur choix ! Par ailleurs, quant à la disproportion de moyens financiers,  quelle disproportion ? Je suis président et, parmi mes obligations, il y a celle de visiter toutes les préfectures du pays, ce que personne n’a fait avant moi. J’en ai visité 120 en cinq ans. Je le fais en tant que chef de l’Etat, et je ne vais pas m’arrêter de gérer le pays parce qu’une élection est en vue ! Lorsque je rencontre les gens, ce n’est pas pour leur dire : « Votez pour moi », c’est pour les écouter et tenter de résoudre leurs problèmes. Ne confondez pas tout.

3. Tout de même : au cours de ces tournées, vous distribuez de l’argent. 50 millions de francs guinéens [environ 6 000 euros] pour les femmes, 50 pour les jeunes, 50 autres pour les paysans, etc. Ce n’est pas de l’achat de voix, ça ?

Donc, si je vous suis bien, je devrais, ainsi que mon gouvernement, cesser toute aide aux populations démunies en période préélectorale ? Cela n’a pas de sens. Cet argent, c’est pour l’autonomisation des jeunes, des femmes, etc. Ce n’est pas pour acheter leurs voix, qu’ils donneront à qui bon leur semble. Exemple : je suis allé visiter la sous-préfecture de Dalein, d’où est originaire Cellou Dalein Diallo. Bien que ce dernier ait passé une décennie au gouvernement, en tant que ministre et Premier ministre, il n’y a rien à Dalein, ni marché ni maison de jeunes, encore moins villa, rien. Il faudrait, donc, que je laisse Dalein croupir sous prétexte qu’il y a une élection ? Non. Je suis responsable de ce pays, qui m’a élu.

4. Vos partisans ont un slogan : « Un coup KO. » Gagner au premier tour, c’est votre objectif ?

Evidemment, comme tout candidat. D’autant que mon bilan est là, qui parle pour moi. Malgré Ebola, qui nous a bloqués et isolés pendant deux ans, la Guinée a atteint le point d’achèvement de l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE). Le grand barrage de Kaléta a été construit, l’administration modernisée, l’armée réformée. Nous avons imposé l’unicité de caisse de l’Etat, mis en place le Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) et le statut des magistrats. Et, désormais, la Guinée existe de nouveau sur la scène régionale et internationale, après un demi-siècle d’absence (…).

5. Quelles erreurs avez-vous commises pendant votre quinquennat ?

Nous en avons commis, bien sûr, mais nous les avons identifiées afin de les réparer. Pour l’électricité, par exemple, il aurait fallu, dès le départ, mettre l’accent sur la distribution et laisser la production aux privés. S’agissant de la corruption, ensuite, l’unicité de caisses de l’Etat a porté un rude coup à ce fléau, mais il y avait des failles dans lesquelles se sont glissés les malfrats. Quant à l’Etat lui-même, je ne me suis pas rendu compte à quel point il était inexistant, à quel point l’héritage était miné, à quel point il fallait tout refaire – armée, police, justice, administration. A tel point que, surtout, l’absence de ressources humaines compétentes était criante. De tout cela, j’ai pris depuis la mesure en demandant à des experts extérieurs comme Carlos Lopes et Dominique Strauss-Kahn de nous aider à résoudre nos problèmes de gestion et en faisant appel aux Guinéens qualifiés de la diaspora. Depuis que je suis président, aucun homme politique, aucun journaliste n’a été mis en prison (…).

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