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Affaire Ewanga : la diplomatie s’en mêle

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une


La pression s’accentue sur les autorités congolaises en vue de la libération du député UNC Jean-Bertrand Ewanga. A Washington où s’est clôturé hier mercredi sous l’égide du président américain le sommet USA-Afrique, le sujet s’est invité dans le débat. Pendant ce temps, à Kinshasa, le quartet, regroupant les USA, la France, la Belgique et la Grande-Bretagne, s’est annoncé ce jeudi devant le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, pour s’enquérir des conditions de l’arrestation du député de l’UNC. Kinshasa sortira-t-il indemne de cette nouvelle épreuve ?


Interpellé mardi matin sur ordre du Procureur général de la République et entendu en procédure de flagrance devant la Cour suprême de justice, le député UNC Jean-Bertrand Ewanga a été finalement placé à résidence surveillée. Des sources annoncent qu’il serait finalement incarcéré sur ordre du PGR à la prison centrale de Makala.

L’arrestation du député UNC, dont les charges mises à sa cause sont, entre autres, outrage au chef de l’Etat et incitation à la haine tribale, risque de saper, pensent certains observateurs, les efforts que mène le gouvernement pour se refaire une certaine crédibilité auprès de la communauté internationale.

Qui pis est, cette affaire surgit au moment où se termine à Washington le sommet USA-Afrique dont l’un des sujets en discussion a été justement le respect des droits de l’Homme en vue de consolider davantage la jeune démocratie.

Dans le viseur de la communauté internationale depuis l’intention affichée par la Majorité de modifier certaines dispositions de la Constitution de manière à rempiler en 2016, le pouvoir en place aura du mal à sortir indemne de ce qu’il faut désormais appeler « Affaire Ewanga ». L’arrestation passe véritablement pour une écharde dans la peau du gouvernement.

A Kinshasa, les autorités politiques se défendent de n’avoir aucunement interféré dans la procédure judiciaire engagée par les deux piliers de la justice congolaise, à savoir le Parquet général de la République et la Cour suprême de justice. Une ligne de défense qui passe difficilement au sein de l’opinion publique.

Des sources présentes à Washington rapportent que l’affaire Ewanga s’est improvisée dans le débat. Au moment où la RDC annonce avoir multiplié des efforts pour garantir les droits de l’Opposition, il y a de bonnes raisons de s’interroger sur sa bonne foi.

Sans doute, Kinshasa sera mis dans les conditions de fournir des explications pour se laver de l’opprobre dont le couvre cette affaire.

Agitation au Palais du peuple

Dans les couloirs du Palais du peuple, l’agitation a déjà gagné les rangs, annonce-t-on. Et pour cause. L’entretien prévu ce jeudi entre le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, et le quartet composé d’ambassadeurs des Etats-Unis, de la France, de la Belgique et de la Grande-Bretagne en RDC.

Si l’ordre du jour de leur entretien n’a pas officiellement rendu public, des sources diplomatiques indiquent que le quartet a sollicité cette rencontre avec le président de l’Assemblée nationale pour s’enquérir des conditions qui ont entouré la procédure engagée dans une célérité sans pareil contre le député UNC.

Aubin Minaku aura donc le devoir de convaincre. Premièrement, le président de l’Assemblée nationale devra prouver les conditions dans lesquelles – le Parlement étant en vacances – a été négociée la levée de l’immunité du député UNC Jean-Bertrand Ewanga. Le président de la Chambre basse du Parlement aura aussi justifié son silence devant une affaire mettant en cause un député national en plein mandat.

Aubin Minaku se trouve donc devant un dilemme. Membre de la Majorité au pouvoir, il a le choix entre les intérêts de sa famille politique, mis en cause dans l’affaire Ewanga, et la défense du corps dont il appartient, c’est-à-dire la députation nationale.

Pressés de toutes parts, les députés nationaux de l’Opposition avaient auparavant adressé mardi, le jour de l’arrestation du député UNC, une lettre à Aubin Minaku l’enjoignant de s’impliquer pour la libération de leur collègue. Répondra-t-il favorablement à cette requête ? La suite paraît difficilement prévisible.

Le plus évident est qu’Aubin Minaku sera ce jeudi en face des diplomates James C. Swan des Etats-Unis, Luc Hallade de la France, Michel Latschenko de la Belgique et Diane Corner de la Grande-Bretagne.

Ce déplacement doit être pris au sérieux. Pour la bonne et simple raison que ce quartet porte le point de vue de leurs gouvernements respectifs. Eclairer leur lanterne aura l’avantage de dissiper d’éventuels malentendus au sein de la communauté internationale. Et, compte tenu de l’aura que dégagent ces quatre pays, il y a lieu de suivre de plus près ce qui se dira ce jeudi au Palais du peuple.

L’exercice s’annonce d’ores et déjà difficile pour le président de l’Assemblée nationale, obligé à jouer un mauvais rôle pour sauver l’image du régime dont il est l’un des pions majeurs. Kinshasa parviendra-t-il à tirer son épingle du jeu dans l’affaire Ewanga ? Difficile à parier.

Pour rappel, Jean-Bertrand Ewanga est poursuivi pour offense au chef de l’Etat et incitation à la haine tribale lors du meeting de l’Opposition organisé le lundi 4 août 2014 à la place Saintte Thérèse dans la commune de N’Djili.

Présenté à la Cour suprême de justice faisant office de Cour de cassation et siégeant en procédure de flagrance, le procès a été suspendu. La Cour a décidé de surseoir aux poursuites en flagrance et de s’en référer à la Cour constitutionnelle.

Entre-temps, elle a ordonné la mise en résidence surveillée de l’accusé, compte tenu de son rang de député national. Cependant, le Parquet général de la République a choisi de placer le secrétaire général de l’UNC à la prison centrale de Makala. La formulation de cette décision fait couler beaucoup d’encre et de salive dans l’opinion.

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