Bas-Congo : l’OCC enregistre une énième saisie des produits impropres à Lufu

Sécurité alimentaire

Après avoir saisi plus de 100 tonnes des produits impropres à la consommation à Lufu dans la province du Bas-Congo, l’Office congolais de contrôle (OCC) vient de rééditer son exploit en mettant la main sur une importante cargaison de produits périmés dans cette cité frontalière à l’Angola.

L’Office congolais de contrôle (OCC) vient de saisir de nouveau un lot des marchandises à Lufu dans la province du Bas-Congo. Il s’agi de trois tonnes de farine de maïs, 300 bidons des détergents Sumamousse (de marque Marsavco) contrefaits, 19 cartons de lait concentré de marque «Cafuta » ainsi que des savons en poudre impropres à la consommation.

Cette cargaison des produits périmés a été détruite dans la cité de Lufu, frontalière à l’Angola. Plusieurs personnalités du pays ont assisté à cette opération. C’est le cas notamment du conseiller juridique du ministre de l’Economie et du Commerce, du procureur du parquet de Mbanza-Ngungu, du chef d’agence et de tous les responsables des services œuvrant au poste frontalier.

Deux modes avaient été choisis pour la destruction de ces marchandises impropres à la consommation : l’immersion dans la rivière Lufu pour les sacs de farine et les savons en poudre ; l’incinération pour les bidons de détergents et les boîtes de lait concentré. Les détergents Sumamousse, qui sont une propriété exclusive de la firme Marsavco en exportation pour l’Angola, ont été trafiqués par certains inciviques. Nonobstant l’utilisation du label Marsavco, l’expertise et la vigilance ont permis aux agents de l’OCC affectés aux postes frontaliers de dénicher la supercherie. Mais le gros du travail reste maintenant aux services de sécurité de cet Office de démanteler ce réseau mafieux.

PLUS DE VIGILANCES

Mandaté par le ministre de l’Economie et du Commerce pour assister à la destruction de ces produits impropres à la consommation, le conseiller juridique, Me Jean Bakomito, a encouragé et félicité les agents de l’OCC ainsi que les autres services œuvrant au poste frontalier de Lufu. L’émissaire du ministre Jean-Paul Nemoyato a également demandé à ces derniers d’être encore plus regardants sur tous les flux des marchandises entrant et sortant car, « notre santé en dépend ». Il a appelé la population, à plus de vigilance.

Plus d’une personne constate que c’est depuis l’entrée en vigueur du décret gouvernemental interdisant à l’OCC de percevoir les frais de Tally que le marché congolais a commencé à être inondé de produits impropres à la consommation.

Cette opinion se pose jusqu’aujourd’hui plusieurs questions du genre : « Qu’est-ce qui avait motivé le gouvernement à prendre ce décret ? Le gouvernement en avait-il mesuré les conséquences ? ».

Ces analystes font remarquer qu’au moment où des pays développés ou ceux en voie de développement mettent des moyens et élaborent des budgets colossaux pour faire asseoir les institutions protégeant la santé des populations, « cela n’est pas le cas en RDC. Et d’ailleurs, la signature du décret n°011/32 du 29 juin 2011 portant suppression des perceptions illégales aux frontières en est une preuve éloquente ».

Pour ces analystes, le décret signé par l’ex-Premier ministre et contresigné par l’actuel chef du gouvernement constitue en fait « une condamnation à la mort du peuple congolais ».
 
DOLEANCES

Toutefois, les agents de l’OCC, malgré les difficultés que connaît cette entreprise depuis la signature de ce « fameux décret de la mort », nationalistes qu’ils sont, continuent à travailler selon les prescrits de l’ordonnance-loi de 1974 et les prescrits du décret n° 09/42 du 3 décembre 2009 fixant les statuts d’un établissement public à caractère scientifique et technique dénommé Office congolais de contrôle.

C’est dans ce contexte que ces agents plaident pour que « le gouvernement trouve une solution à ce problème de contrôle des produits car la santé n’a pas de prix. Que les  intérêts partisans soient mis de côté et qu’on travaille pour l’intérêt général », font-ils savoir.

Par ailleurs, les mêmes analystes font remarquer que « dans d’autres pays, c’est le gouvernement qui subventionne les organismes chargés de contrôle des produits. Mais, en RDC, c’est le contraire. En signant ce décret, le gouvernement, au lieu de protéger la santé de ses populations, prédestine celles-ci à la mort ».

Reste que l’Exécutif national prenne en compte les desideratas des agents de l’OCC qui sont de nature à assurer la sécurité alimentaire et protection de la santé du peuple congolais.   


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