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L’exploitation illégale du bois rouge a repris dans l’ex-Katanga

Écrit par Jeune Afrique/LP le . Publié dans Online Dépêches

Moins d'une année après le blocage de près de 500 camions transportant du bois rouge congolais en Zambie, de nouveaux cas d'exploitation illégale de ces arbres sont signalés aux alentours du parc de Kundelungu, dans le sud de la RDC. La société civile locale craint des conséquences sur l'environnement.

Lusaka n’a pas bougé. Tout transit du bois rouge congolais sur le territoire zambien demeure prohibé. Ce qui ne semble pas pour autant refroidir certains exploitants forestiers dans l’ex-Katanga frontalier. En tout cas, selon plusieurs sources au sein de la société civile locale, des nouveaux cas de coupes du Mukula ont été enregistrés ces dernières semaines dans cette partie méridionale de la RDC.

Pour l’instant, « il ne s’agit pas de reprise généralisée de l’exploitation du bois », relève Mgr Fulgence Muteba, évêque du diocèse de Kilwa-Kasenga, dans le Haut-Katanga, réputé notamment pour son engagement en faveur de la protection de la nature. « C’est l’impact négatif de la persistance de ces abattages d’arbres sur l’environnement qui nous inquiète », complète un autre membre de la société civile qui a requis l’anonymat.

Exploitation du bois rouge, impact sur l’environnement

« Si l’on n’y prend garde, bientôt, l’ex-Katanga va se retrouver dans la situation de quelques régions d’Afrique australe », prévient-il. La société civile locale craint notamment les conséquences indirectes à long terme de la déforestation, telles que celles qui ont entraîné les cas de pénuries de nourriture au Mozambique, la crise alimentaire qui a secoué le Malawi l’année dernière ou encore la pire sécheresse qui frappe la deuxième ville d’Afrique du Sud.

« C’est inacceptable qu’au même moment la déforestation sauvage reprenne à Lualaba », dans le sud de la RDC, dénonce l’activiste de la société civile qui pointe la responsabilité des « enfants de » – entendez la descendance des autorités de cette nouvelle province – d’être derrière les récents abattages illégaux de bois rouge.

En mars dernier, Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga aujourd’hui démembré, dénonçait déjà la menace qui pesait alors sur la faune de cette région. « Plus de 100 hectares de forêts [étaient] coupés chaque jour sur la route Kasenga et Pweto », alertait le candidat déclaré à la présidentielle.

Trois semaines plus tard, Lusaka interceptait quelque 499 camions transportant du bois rouge congolais. Kinshasa avait alors dépêché une mission sur place. Un mois plus tard, l’exploitation du bois rouge en RDC a été interdite.

À son arrivée aux affaires, au mois de mai, Amy Ambatobe, ministre de l’Environnement et du Développement durable, dit avoir essayé de « mettre en place des mesures d’encadrement » en vue de la reprise de l’exploitation du bois rouge dans l’ex-Katanga. « Mais une instruction de la présidence de la République nous a formellement demandé de tout surseoir », assure-t-il.

Bois rouge toujours interdit de sortie ?

« À l’heure actuelle, on ne peut donc pas exploiter le bois rouge », poursuit le ministre. À l’en croire, « toutes les structures étatiques, notamment la douane, ont été instruites à ce sujet. Elles ne peuvent pas autoriser la sortie du bois rouge du territoire congolais ».

« Dans ces conditions, comment des exploitants pourraient-ils continuer à couper du bois, alors qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas l’exporter ? », interroge-t-il.

Sur le terrain, des religieux catholiques proches du dossier indiquent qu’un certain Kabongo Ngoy – qui revendiquerait sa proximité avec la famille présidentielle – « s’active à recueillir les grumes coupées avant interdiction dans la région de Boa et les achemine par camions à Kalemie, en vue de gagner la Tanzanie en contournant ainsi la Zambie. »

Alors qu’un autre exploitant, « le nommé Mukalay a lui repris l’exploitation à Mbayo », près du parc national de l’Upemba, selon les mêmes sources. Le ministre Amy Ambatobe promet de « déployer [ses] services » pour vérifier la véracité de toutes ces allégations émanant de la société civile locale.

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