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Les catholiques enclenchent des manifestations pour réclamer l’application de l’Accord du 31 décembre

Écrit par Le Potentiel le .

C’est déjà le bras de fer entre l’église catholique et le régime en place à Kinshasa. Pour la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco), la République démocratique du Congo est un patrimoine commun à tous les Congolais. Dès lors, les prélats catholiques estiment que la RDC ne doit pas « être prise en otage par une poignée d’individus » juste pour leurs intérêts égoïstes. Ainsi, à travers plusieurs messages, les évêques membres de l’église catholique ont toujours donné leurs sages conseils aux dirigeants congolais, mais sans succès jusque-là.

En juin 2017, à la suite de la tragédie du Kasaï avec l’activisme de miliciens Kamuina Nsapu et la persistance de la crise politique, la Cénco a alerté avec son message intitulé « L’heure est grave. Debout Congolais ». Dans cette déclaration, les pères de l’église catholique avaient alerté sur le danger que court la RDC si rien n’est fait pour résoudre la crise politique. Ils ont suggéré au pouvoir de revenir sur l’Accord du 31 décembre 2016, seul arrangement accepté par tous les acteurs politiques et de la société civile, en vue de la résolution de la crise congolaise.

L’application de l’accord s’impose

Six mois plus tard, ce message de la Cénco est demeuré lettre morte. La Majorité présidentielle n’a fait aucun geste dans le sens de la décrispation de l’espace politique. Même après la publication, le 5 novembre, du calendrier électoral par la Commission électorale nationale indépendante, Kinshasa ne veut toujours pas donner des signaux clairs sur son engagement dans le processus électoral qui continue à être parsemé d’embuches.

C’est dans ce contexte que la Cénco est revenue à la charge pour publier une autre déclaration le 24 novembre, à l’issue de son assemblée plénière. Ici aussi, la Cénco a réitéré  la nécessité de mettre en application l’accord du 31 décembre, dans l’esprit et la lettre du Centre interdiocésain, et a enjoint les dirigeants de tout faire pour que le calendrier électoral soit de stricte application.

Par ailleurs, la Cénco a exhorté les laïcs catholiques à vaincre la peur et à s’impliquer pour l’avenir de la RDC. Pour la Cénco, « Trop c’est Trop », les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté doivent agir et réclamer par des moyens pacifiques l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

C’est donc en réponse de ces appels incessants de la Cénco que le Comité des laïcs catholiques, puis le collège des curés doyens de l’archidiocèse de Kinshasa, ont répondu favorablement pour mener des manifestations pacifiques en vue de fléchir la position de la Majorité présidentielle et la contraindre à mettre en œuvre cet accord.

Dès ce jeudi 14 décembre, dans toutes les paroisses de l’archidiocèse de Kinshasa, sur recommandation du Collège des curés doyens, il sera procédé, chaque jour à la fin de la messe du matin, à la récitation des prières pour la nation, à la lecture du message de la Cénco du 24 novembre.

Cependant, tous les jeudis à 21h00, les paroisses vont sonner les cloches de l’église pendant 15 minutes. « Pour plus d’adhésion et de mobilisation, nous vous prions d’inviter les fidèles et la population en général à accompagner les cloches par toute sorte de clameur et de vacarme : taper sur des casseroles, des coups de sifflet et de vuvuzela, des klaxons, etc. », disait le communiqué du Collège des curés doyens du 5 décembre. Les curés doyens espèrent, avec ces actions, « sensibiliser et mobiliser la population pour des manifestations plus significatives et déterminantes à venir ».

Kinshasa va-t-il réprimer ?

Les observateurs se demandent quelle attitude les forces de sécurité de la RDC vont adopter face à ces manifestations pacifiques dans la ville de Kinshasa. La police nationale congolaise est réputée pour sa répression « sans pitié ». Tous les regards seront tournés vers les forces de sécurité pour voir comment elles vont réagir face aux klaxons des automobilistes, aux sifflets et autres vacarmes des casseroles.

Ces manifestations de l’église catholique coïncident avec le vote imminent, au plus tard le 15 décembre, de la loi électorale révisée en examen au Sénat. Cette loi révisée est qualifiée de « démocraticide et liberticide », selon plusieurs analystes. Est-ce que ces manifestations pourront influer sur les amendements que le Sénat va porter à cette loi ? Difficile à dire.

Est-il qu’à travers ces manifestations, l’église catholique attend à ce que Kinshasa se soumette aux principales résolutions de l’Accord du 31 décembre : le président de la République ne doit plus se représenter pour un 3ème mandat ; les prisonniers politiques doivent être libérés et les poursuites doivent cesser contre les adversaires politiques en exil ; il est interdit toute tentative référendaire ; les élections doivent se tenir selon le calendrier publié par la Céni.

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