A la Une

Le ton monte

La République démocratique du Congo court à l’implosion si rien n’y est fait pour faire échec à...

Tentative de sabotage de la marche du 31 décembre : Infiltration programmée des paroisses catholiques

Tentative de sabotage de la marche du 31 décembre : Infiltration programmée des paroisses catholiques

L’appel lancé par le CLC pour une marche populaire le 31 décembre 2017 a mis les services de...

Parcours biaisé

Parcours biaisé

Le président de la République a promulgué, dimanche 24 décembre, depuis Lubumbashi où il se...

Décrispation politique : marge de manœuvre étroite pour Olenghankoy

Décrispation politique : marge de manœuvre étroite pour Olenghankoy

C’est en mission de décrispation politique que le président du CNSA Joseph Olenghankoy s’est...

Message de libération de la CENCO : « Le pays va mal, mettons- nous debout »

Message de libération de la CENCO : « Le pays va mal, mettons- nous debout »

A l’instar du Comité laïc de coordination qui a annoncé, pour le 31 décembre 2017, une...

Imprimer

Communiqué de presse conjoint FAO – PAM

Écrit par L.P. le . Publié dans Société

Kinshasa, 13 décembre 2017 - L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) en République démocratique du Congo ont reçu un financement d’environ 10 millions de dollars du Gouvernement belge en vue d’améliorer les conditions de vie et la sécurité alimentaire et nutritionnelle de près de 18 000 ménages, soit plus de 111 000 personnes, de la région du Grand Kasaï.

Le conflit en cours dans la région du Kasaï depuis août 2016, a entraîné une crise humanitaire profonde et des violations massives des droits de l’homme, forçant plus d’un million de personnes à abandonner leurs maisons, leurs terres et parfois leurs familles, et plongeant 3,2 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère (phases 3 et 4 de « crise » et « d’urgence » du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire [IPC]). Ces phases précèdent celle de la famine sur l'échelle de l'IPC.

La FAO et le PAM ont ainsi développé une stratégie d’intervention conjointe afin de répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels de ces 18 000 familles dans les provinces du Kasaï et du Kasaï Central, auparavant grandes productrices de maïs.

Cette réponse conjointe adopte une double approche intégrée visant les mêmes ménages. A travers des distributions de vivres et de suppléments nutritionnels, le PAM fournit une assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence qui permettra aux familles de s’alimenter immédiatement. En complément de cette aide alimentaire, la FAO appuie la relance agricole grâce à des distributions de semences et d’outils aratoires, accompagnées de formations en techniques agricoles. En trois à quatre mois, la combinaison de l’aide alimentaire et agricole devrait permettre aux familles à la fois un accès durable à l’alimentation et la possibilité de dégager des revenus.  Elles auront ainsi la possibilité soit de s’intégrer dans la communauté d’accueil, soit de retourner dans leurs villages après l’accalmie. C’est en ce sens que l’agriculture joue un rôle clé dans la cohésion sociale.

Pendant trois mois, le PAM distribuera à 31 000 personnes un panier alimentaire composé de farine de maïs fortifiée, de légumineuses, d’huile végétale fortifiée et de sel iodé. A partir de janvier 2018, le PAM fera une partie de ses distributions sous forme de cash à l’attention de 50 000 personnes. Sachant que le taux de malnutrition aigüe globale est au-dessus de 10 pour cent dans la région du Kasaï et qu’il y a un fort risque de détérioration sans une réponse solide, une approche combinant la prévention et le traitement de la malnutrition aigüe modérée (MAM) sera mise en œuvre. Ainsi, près de 30 600 enfants de 6 à 59 mois atteints de MAM, les femmes et les filles enceintes et allaitantes seront traités pendant trois mois à travers le Programme d’alimentation supplémentaire ciblée dans les centres de santé, en accord avec les protocoles nationaux.

LA FAO, de son côté fournira aux 6 700 ménages de déplacés et retournés assistés par le PAM, des kits maraîchers composés d’une houe, d’un râteau, d’une bêche, d’un arrosoir et de 40 g de semences de légumes et de fruits ce qui permettra à chaque famille de produire environ 80 kg de nourriture. Cela représente environ 400 repas pour chaque ménage sur une période de deux mois. Les ménages   bénéficiaires pourront également vendre l’excédent de leur production afin de se procurer d’autres aliments.

Par ailleurs, la FAO distribuera à 3 500 ménages issus des communautés d’accueil des kits vivriers (deux houes, 10 kg de légumineuses et 15 kg de céréales), qui leur garantira un apport en glucides, fibres et vitamines. 1 300 familles d’accueil supplémentaires recevront 20 tonnes de semences de légumineuses, 52 tonnes de céréales et 325 tonnes de patate douce. Ainsi, ils pourront constituer un stock alimentaire qui permettra de réduire la pression sur les faibles disponibilités alimentaires dans la région.

Au moins 2 000 ménages recevront une formation en transformation et commercialisation du bambou. L’utilisation du bambou pour le bois de chauffe peut favoriser l'accès une énergie fiable et renouvelable. Le bambou peut également être utilisé pour fabriquer des ustensiles de cuisine, des paniers, des pirogues, du matériel de pêche et des clôtures. La sensibilisation sur les dérivés du bambou représentera une opportunité économique supplémentaire pour les familles.

D’après l’UNICEF[i], au moins 400 000 enfants de moins de 5 ans dans la région du Kasaï souffrent de malnutrition aigüe sévère et pourraient mourir en 2018.  Cette situation catastrophique est largement due aux violences, aux déplacements massifs et à la diminution de la production agricole. Selon Alexis Bonté, Représentant ai de la FAO, « pour favoriser l’accès aux protéines animales des ménages d’enfants malnutris, la FAO formera 2 800 ménages à l’élevage des cobayes traditionnellement pris en charge par les enfants ».

Par ailleurs, des jardins potagers seront également mis en place à proximité des centres de santé et des associations féminines. » Ceci, selon lui, offrira aux enfants malnutris et aux femmes enceintes et allaitantes une source de microéléments nutritifs tels que le fer et le zinc. « Nous espérons que cela permettra de réduire le nombre d’enfants qui perdent la vie à cause des problèmes liés à la malnutrition », a-t-il conclu.

Ces interventions « permettront d’une part de protéger les populations et de renforcer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle. D’autre part, elles favoriseront la relance de la production agricole et son rôle clé dans la cohésion sociale des populations affectées par la crise », a déclaré Claude Jibidar, Représentant et Directeur Pays du PAM.

Les deux agences saluent ce financement de la Belgique qui permettra de mettre en œuvre des interventions fondamentales, mais rappellent que l’ampleur du drame que vivent les populations congolaises réclame une solidarité accrue.

Elles plaident également pour une paix durable qui permette à chacun de cultiver sa propre nourriture, de reconstruire ses moyens d’existence et de garantir un avenir plus prospère à ses enfants.

Le PAM est la plus grande agence humanitaire qui lutte contre la faim dans le monde en distribuant une assistance alimentaire dans les situations d’urgence et en travaillant avec les communautés pour améliorer leur état nutritionnel et renforcer leur résilience. Chaque année, le PAM apporte une assistance à quelques 80 millions de personnes dans près de 80 pays.

Le mandat de la FAO consiste à améliorer les niveaux de nutrition, la productivité agricole, la qualité de vie des populations rurales et à contribuer à éliminer la faim, l'insécurité alimentaire et la malnutrition.

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Articles récents

L’atelier national, qui est entré dans sa 2ème phase, vise à proposer aux enseignants les modules d’enseignement simultané du français et d’une des langues nationales, selon les zones linguistiques.