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Révision du Code minier : l’industrie minière se tourne vers le chef de l’État pour « arrêter la dérive »

Écrit par F.K le . Publié dans Economie

Dans le processus de révision du Code minier, qui marque le pas depuis 2012, l’État congolais a décidé d’imposer ses vues, faisant fi de multiples appels à la sagesse des opérateurs du secteur. Dans l’industrie minière, on se tourne désormais vers le chef de l’État, « car lui seul peut arrêter cette dérive », a dit, depuis Lubumbashi, Louis Watum, directeur général d’Ivanhoe Mining.

C’est dans la plus grande discrétion que l’Assemblée nationale finalise le projet de révision du Code minier. Trois commissions permanentes de la chambre basse du Parlement, à savoir les Commission PAJ, Ecofin et Environnement, travaillent sur la version finale à soumettre à l’approbation des députés nationaux. Après s’être retranchés à Béatrice Hôtel, des sources du dossier rapportent que les députés sont retournés au Palais du peuple pour la dernière main.

Entre-temps, le Trésor a été saigné à blanc. Des milliers de dollars américains ont circulé pour conditionner les députés membres de la commission spéciale. Qui en a été le bienfaiteur ? On n’en sait pas grand-chose. Les mêmes sources indiquent que c’est l’inamovible ministre des Mines, Martin Kabwelulu – à ce poste depuis 2006 – qui pilote le processus. C’est lui qui dicte la marche à suivre, loin des regards des opérateurs miniers et de la Société civile, censés être partie prenante au processus.

Les voix s’élèvent

Dans les milieux des miniers, des voix s’élèvent pour dénoncer l’imposture. Depuis Lubumbashi où il prenait part à une table-ronde sur la sous-traitance dans le secteur minier, Louis Watum, directeur général d’Ivanhoe Mining, une entreprise minière opérant dans la province de Lualaba, est monté au créneau en appelant à la sagesse des députés en vue de ne pas donner une loi minière qui, en lieu et place de relancer le secteur, va plutôt l’asphyxier. Il faut sauver le secteur minier en lui dotant d’une loi qui facilite l’exercice des affaires et non une loi qui va attirer le secteur vers le bas.

Et lorsque l’État presse les députés à lui donner une loi à son goût, Louis Watum ne cache pas ses inquiétudes. Il y a intérêt, note-t-il, à activer la tripartite État congolais - Société civile – industrie minière pour résoudre le problème du secteur. « Qu’on revienne à notre pacte, c’est-à-dire la tripartite : industrie minière, société civile et l’État congolais. C’est dans cette tripartite qu’on peut dialoguer sincèrement et trouver des solutions qui seront salutaires pour nous tous ».

Mais, si jamais les députés nationaux persistaient sur cette voie en adoptant une loi contraire aux attentes de l’industrie minière, Louis Watum se tourne vers le chef de l’État, seul, dit-il, capable de décanter cette situation. « J’en appelle alors à la sagesse légendaire du chef de l’État, qu’il puisse intervenir, car lui seul peut arrêter cette dérive. Nous avons vu ce genre d’interventions de sa part dans le passé, et cela nous a été salutaire », lance-t-il.

Quoi qu’il en soit, il reste convaincu que « tout le monde doit comprendre l’importance d’activer la tripartite État congolais – Société civile et industrie minière pour un dialogue sincère. Chacun a sa partition à jouer, nous voulons tous le bien-être de ce pays et de son peuple. Soyons responsable dans ce que nous faisons ». Puis d’enfoncer le clou : « Nous demandons à ce que tous ceux qui ont un mot à dire dans ce débat à être responsable dans ce qu’ils vont faire. Qu’on ne commette pas les erreurs du passé ».

La RDC a une carte à jouer dans l’industrie minière mondiale, particulièrement dans le secteur du cuivre et du cobalt, indique Louis Watum, au moment où au Chili et ailleurs (Pérou et Australie), les gisements sont presqu’arrivés à maturité avec une faible teneur. Il réitère dès lors son interpellation à tous ceux qui travaillent sur la révision du Code minier. Son plaidoyer est tranchant : « Notre pays est en train de connaitre un virage historique, il faut que nos députés sachent assumer leur responsabilité. Ce n’est pas l’augmentation des taxes dans l’industrie minière qui va arranger le sort de nos populations. C’est dont ce pays a besoin, ce sont les infrastructures, c’est l’énergie électrique et la bonne gouvernance. Alourdir le fardeau fiscal des opérateurs n’est pas la solution. La RDC ne doit pas penser qu’elle est en train de réinventer la roue et qu’elle fonctionne en ilot isolé. Ça ne sert à rien d’aller toujours dans les erreurs que les autres ont déjà commises pour se rendre compte après et faire marche en arrière ».

Bien avant Louis Watum, Mark Bristow, patron de Kibali Gold mines, ne s’est pas gêné de remettre en cause l’attitude du gouvernement. « Nous sommes étonnés et déçus lorsque le ministère des Mines rompt les discussions avec les opérateurs miniers. Il a présenté au Parlement un projet de loi qui dévie radicalement le terrain d’entente que nous avions cru avoir trouvé. Comme la Chambre des Mines de la RDC l’avait déclaré en son temps, l’adoption d’un tel code, est une sorte d’hostilité aux investissements. Il aura des conséquences catastrophiques non seulement pour le secteur minier, mais également pour l’ensemble de l’économie congolaise fortement tributaire de ce secteur », a dit le Ceo de Kibali, repris sur le site d’informations en ligne, 7sur7.

Exclue du processus en cours au Palais du peuple, la Société civile se dit « roulée et dribblée ». La FEC, puissant patronat congolais, qualifie le projet en cours de finalisation d’une « version monocolore du gouvernement ». Dans le secteur minier, on n’est pas loin d’une confrontation. Tous les regards sont désormais fixés vers le chef de l’État, seul capable de sauver le secteur d’une dérive.

 

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