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La Céni a fixé le cadre pour la tenue d’élections à la date du 23 décembre 2018.

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Calendrier électoral : un rendez-vous manqué

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

Rentré depuis jeudi à Kinshasa, Corneille Nangaa devrait publier incessamment le calendrier électoral. Le précieux sésame est annoncé au moment où la Céni multiplie des déclarations faisant étalage de ses difficultés financières et matérielles. En réalité, elle joue sur deux tableaux. Soit son annonce rencontre les attentes de tous, soit elle retarde la publication et se prépare à recevoir la fougue populaire. La crainte dans la multiplication de ces bandes-annonces, c’est que la fameuse publication ne soit, au finish, qu’un rendez-vous manqué.

Longtemps programmée et maintes fois reportée, la publication par la Céni du calendrier électoral se fait toujours attendre. A la Céni, des déclarations se succèdent. La toute dernière est celle de son vice-président, Norbert Basengezi, qui a annoncé la publication d’un calendrier électoral au courant de cette semaine.

Mercredi dernier, la Céni est allée à la rencontre du Conseil national de suivi de l’Accord du 31 décembre (CNSA) et du gouvernement. Des options ont été levées, indiquent des sources internes de la Céni. De l’avis du vice-président de la Céni, tout serait déjà ficelé. A ce titre, la publication du calendrier électoral, se dit-on à la Céni, ne serait donc qu’une question de jours, voire d’heures. A en croire Norbert Basengezi, tout devrait être bouclé avec le retour depuis hier jeudi à Kinshasa du président de la Céni, Corneille Nangaa.

La Céni n’est pas à sa première bande-annonce. Au terme de la rencontre, dite tripartite de Kananga, la Céni – toujours la même – avait annoncé l’imminence d’un calendrier électoral. Revenu à Kinshasa, rien n’est venu concrétiser l’annonce. Apparemment, la Céni est dans l’embarras, tiraillée entre les exigences d’un calendrier crédible et concis de la part de la communauté internationale et les calculs de la majorité au pouvoir qui pense repousser le plus loin possible les élections pour prolonger davantage le bail de son autorité morale à la tête du pays.

Quitte ou double

Au vu de tous ces reports, d’aucuns se demandent si on peut continuer à faire confiance à la Céni, notamment quand elle prétend cette fois publier le calendrier électoral ce week-end. Sans doute, les affaires devraient s’accélérer au niveau de la centrale électorale, surtout que son président vient d’effectuer un nouveau périple afro-européen. 

Selon des indiscrétions glanées dans les couloirs de la Céni, Corneille Nangaa est allé solliciter, notamment, de la Commission de l’Union européenne et de la Commission de l’Union africaine un accompagnement dans la programmation du processus électoral. A Bruxelles, tout comme à Addis-Abeba, le président de la Céni a embouché, comme toujours, son sempiternel refrain, c’est-à-dire accorder plus de temps à la Céni pour qu’elle soit en mesure d’organiser des élections libres et apaisées. Allusion faite à ses fameux 504 jours qui devront courir après le bouclage de toutes les opérations d’enrôlement des électeurs.

En même temps que la Céni réclame plus de temps dans la programmation des élections, elle doit aussi se plier aux exigences lui rappelées à Kinshasa par l’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Nikki Haley. Lors des échanges qu’elle a eus avec le président de la Céni, l’envoyée spéciale du président Trump n’a pas mâché ses mots. Elle n’a pas  non plus eu sa langue dans la poche, lorsqu’il fallait faire part à la Céni de l’option levée à Washington, c’est-à-dire les élections en 2018, au premier semestre et non à la fin de la même année.

Le temps passe et Corneille Nangaa voit de plus en plus la terre se dérober sous ses pieds. L’annonce d’une publication imminente du calendrier électoral n’est qu’un épouvantail pour cacher tout le dilemme dans lequel se retrouve le leadership de la Céni. A tout prendre, le président de la Céni joue avec le feu.

Pris entre deux feux, notamment celui de la MP (Majorité présidentielle) qui l’a porté à ce poste et de la communauté internationale qui le surveille à la loupe, Corneille Nangaa joue en même temps sa crédibilité et celle de la Céni. Quoiqu’annoncée avec pompe, la publication imminente du calendrier électoral suscite le doute dans le chef de beaucoup d’observateurs. Elle n’est pas encore prête. Nangaa le sait. Malheureusement, il n’a pas le courage de le dire tout haut à la population. Par peur de frustrer ses parents de la MP qui ne se sont jamais inscrits dans la logique des élections.

En publiant le calendrier électoral qui rencontre réellement les attentes de toute la population et de la communauté internationale, Corneille Nangaa a une belle occasion de se racheter en donnant la preuve irréfutable de son indépendance. En s’engageant sur cette voie Corneille Nangaa peut également rétablir la crédibilité rongée de la Céni. Malheureusement, il est peu probable qu’il en soit ainsi. Loin d’apaiser les tensions, la longue attente pourrait les raviver, tout en plongeant le pays dans une période d’incertitude.

Dilemme cornélien

Pris en otage par la majorité au pouvoir, Corneille Nangaa est dans la position d’un enchainé. Arrivera-t-il à s’émanciper ? Difficile à dire. Entre la volonté de tout un peuple d’aller aux élections et les exigences de la communauté internationale d’accompagner en 2018 le peuple congolais aux urnes, Corneille Nangaa fait face, plusieurs siècles plus tard, au dilemme cornélien. Certes, il vient d’obtenir, en marge de son passage à Addis-Abeba, le soutien de la Commission de l’Union africaine qui a promis de l’aider à « surmonter les nombreux défis qu se présentent en vue de la réussite du processus électoral en RDC », mais cela ne suffit pas. Sa courbe de popularité est en chute libre. Entre la Céni et la population, la confiance est presque rompue.

Au niveau de la communauté internationale, la Céni peine à affirmer son indépendance. L’ambassadrice Nikki Haley ne s’en est d’ailleurs pas écartée lors de son dernier séjour en RDC. A Bruxelles, siège de la Commission européenne, Corneille Nangaa a eu du mal à convaincre, rapportent diverses sources.

Quid ? Corneille Nangaa aurait-il choisi de couler avec la majorité au pouvoir, en tripatouillant délibérément le jeu électoral ?  C’est à ses risques et périls. Bref, l’annonce du calendrier électoral pourrait s’avérer un rendez-vous manqué. 

 

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