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Rutshuru : les conflits ethniques occasionnent quatorze décès en cinq jours à Bwito

Écrit par Donatien Ngandu Mupompa, vendredi le . Publié dans Provinces

Le gouvernement appelé à prendre des mesures urgentes, car la situation sécuritaire dans cette chefferie reste préoccupante et volatile.

 

 

Au Nord-Kivu, il y a eu au moins quatorze personnes tuées en l’espace de cinq jours suite aux conflits qui minent les relations entre les communautés dans plusieurs villages de la chefferie de Bwito dans le Ruthsuru, ont fait savoir des sources de la société civile de Rutshuru, rapporte Radio Okapi.

 

Ces sources  ont fait savoir que dans la matinée du mercredi 11 octobre 2017, cinq personnes ont été tuées au cours d’une attaque attribuée aux miliciens Maï-Maï du NDC/Rénové, dans le village Kabirangiriro, situé dans le groupement Kihondo à Ruthsuru. Il paraît que l’attaque visait les miliciens Maï-Maï Nyatura et ce sont leurs dépendants qui ont péri.  

 

Dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 octobre, au moins neuf personnes ont été tuées respectivement dans les villages Butsiri et Mirangi, situés dans le groupement de Kanyabayonga. Parmi les victimes, il y a eu deux femmes et un enfant. Le président du Baraza la Wazee à Bwalanda attribue ces derniers homicides aux miliciens Maï-Maï Mazembe, soulignant que ces différentes attaques interviennent dans un contexte de tensions entre les différentes communautés de Bwito.

 

Il affirme en outre que plusieurs villageois d’origine hutu quittent depuis lundi la région pour fuir l’insécurité alimentée selon eux par l’activisme des groupes armés qui sont pour la plupart des branches armées des communautés vivant dans ce secteur.

 

Les groupes armés alimentent les tensions

 

Il appelle le gouvernement à prendre des mesures urgentes, car il estime que la situation sécuritaire à Bwito reste préoccupante et volatile. Il dit à ce sujet : « La situation s’empire dans la chefferie de Bwito, en particulier dans le groupement Mutanda et le groupement de Kanyabayonga. Nous demandons au gouvernement provincial et national de demander à l’armée de protéger la population civile. Nous ne voulons pas connaître l’histoire de l’année passée, où il y a un grand mouvement de la population civile, et cette population est entrain de souffrir ».

 

En effet, il sied de rappeler qu’en 2016, des dizaines des civils avaient été tués dans des conflits entre les communautés Hutu, Nande et Hunde à Bwito. La réconciliation entre ces communautés avait été obtenue grâce à l’implication du gouvernement provincial, de la MONUSCO et du Baraza intercommunautaire.

 

Comme on le voit, l’activement des groupes armés empêche le rapprochement entre communautés à Bwito. Il a été constaté que plusieurs efforts fournis dans cette chefferie en vue de favoriser la cohabitation pacifique sont étouffés par l’activisme des groupes armés qui occupent la région, ont relevé les membres du Barza intercommunautaire, une structure de la société civile locale qui œuvre pour la cohabitation pacifique entre communautés au Nord-Kivu.

 

Selon M. Antoine Ntamuntwe, un notable local membre de cette structure, les groupes armés continuent d’alimenter les tensions ethniques en s’en prenant aux villageois sur base de leurs appartenances tribales. 

 

Il craint que cette situation décourage les notables locaux qui depuis plusieurs mois déploient des efforts pour pacifier la région.

 

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