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Réunion stratégique autour de Sassou à Brazzaville

Écrit par Le Potentiel, vendredi le . Publié dans A la Une

Doyen d’Afrique centrale, le président Denis Sassou N’Guesso du Congo/Brazzaville a décidé de s’investir à fond pour sauver ses « amis » en difficulté. Aussi va-t-il réunir autour de lui la semaine prochaine à Brazza Joseph Kabila (RDC), Paul Biya (Cameroun), Ali Bongo (Gabon), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique) aux fins d’étouffer les crises qui sévissent dans leurs pays respectifs.  En prenant l’initiative de cette ultime action de sauvetage, Denis Sassou se positionne comme le patron du syndicat de ses pairs, au grand dam des populations de la région qui n’aspirent qu’à  l’alternance démocratique.

Le départ volontaire de Jose Eduardo Dos Santos à la tête de l’Angola a permis à la région de l’Afrique centrale de vivre la première alternance démocratique de son histoire. Et pourtant, à la différence d’autres régions du continent, l’Afrique centrale accuse un grand retard en termes de démocratie. A l’exception du Zimbabwe (Afrique australe) où trône depuis 1980 le président Robert Mugabe, c’est dans cette région que l’on compte le plus grand nombre de chefs d’Etat qui battent le record de longévité au pouvoir.

Sur cette liste figurent notamment Paul Biya du Cameroun, Paul Kagame du Rwanda, Joseph Kabila de la RDC et de Denis Sassou N’Guesso du Congo/Brazzaville. C’est encore en Afrique centrale que les chefs de l’Etat ont la manie de torpiller les Constitutions de leurs pays  pour rester le plus longtemps possible au pouvoir. Cas  de  Denis Sassou N’Guesso ou encore de Paul Kagame qui a garanti son fauteuil jusqu’au-delà de 2030.

Dans leur stratégie de révision récurrente  de la Constitution, lesdits chefs d’Etat s’appuient sur un appareil judiciaire acquis à leur cause. Le Gabonais Ali Bongo a bénéficié de la largesse de la Cour constitutionnelle pour gagner haut la main le dernier scrutin présidentiel. En RDC, faute de la tenue d’élections en décembre 2016, le président Joseph Kabila s’est servi de la Cour constitutionnelle pour verrouiller l’accès à son poste, et ce, jusqu’à l’élection du prochain président.

La démocratie au rabais

En matière de démocratie, l’Afrique centrale n’est pas un bel exemple. L’alternance démocratique n’est pas dans l’agenda de ses dirigeants. Et ils s’en fichent. C’est ce contexte où la région est plombée par des crises politiques menaçant l’ensemble du continent que Denis Sassou N’Guesso du Congo/Brazzaville  tente de se révéler comme le secouriste de ses pairs en ballottage.

Des sources concordantes rapportent que le président congolais a lancé une invitation spéciale à ses collègues de la région pour une réunion stratégique prévue, sauf imprévu, le jeudi 19 octobre prochain à Brazzaville.

Dans différentes chancelleries basées dans la région, l’information fait grand bruit. Une question taraude les esprits : qu’est-ce qui va se passer à Brazzaville ? Pour l’instant, personne n’est parvenu à pénétrer le secret. Mais, ce rendez-vous, soutiennent nos sources, a tout l’air d’une messe noire pour peaufiner les dernières stratégies afin de garantir un long bail aux chefs d’Etat de la région sous le coup ^de sanctions internationales ou en voie de l’être. 

Au pouvoir depuis 1982, Paul Biya  fait face à une vague de protestations des Camerounais de souche anglophone. Au Gabon, Ali Bongo peine à stabiliser une situation politique fragile après sa réélection contestée de 2016. En Centrafrique, le nouveau venu dans le cartel des chefs d’Etat, Faustin-Archange Touadéra, a du mal à asseoir son autorité dans un pays divisé entre chrétiens et musulmans. En RDC, la non-tenue d’élections en décembre 2016 a plongé le pays dans une crise politique qui s’accentue au jour le jour.

Quid ? De l’autre côté du fleuve, Brazzaville est très préoccupé par le chaos politique qui se met en place en RDC. Le président Sassou a donc décidé de parer au plus pressé à aider à la stabilisation de son voisin de la rive droite du fleuve Congo avant de s’étendre aux autres voisins qui apprennent en mode accéléré les leçons de la dictature. 

A tout prendre, après le départ de José Eduard Dos Santos en Angola, le président Sassou veut prendre les commandes d’une sous-région en quête d’un nouveau leadership. En réalité, le leadership que recherche Denis Sassou Nguesso  n’est pas celui censé être au service du peuple, il s’agit plutôt d’une stratégie destinée uniquement à sauver des régimes en crise dans la région. S’il a réussi le coup dans son pays, il craint qu’un renversement de la situation en RDC ou ailleurs puisse avoir des répercussions négatives sur son propre régime. Il a donc choisi d’anticiper en prenant le taureau par les cornes. Il lui faut aider ses « amis » à étouffer sans trop de casses des grognes qui ont élu domicile en RDC et ailleurs dans la région. 

La réunion de Brazzaville est celle de la négation de la démocratie, notent des observateurs avisés. Selon ces derniers, la rencontre projetée dans na capitale congolaise ressemblerait à ne pas s’y tromper à un complot contre les peuples de l’Afrique centrale. La démocratie ici est en panne. A Brazzaville, les chefs d’Etat conviés par le président Sassou vont  s’accorder pour enterrer définitivement la démocratie afin de sauver leurs régimes respectifs. Au nom du rôle messianique, salvateur et  prophétique que leur reconnaît la tradition africaine !

 

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