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Internet coupé

Écrit par Ben-Clet, mercredi le . Publié dans Apostrophe

Que rapportent au trésor public les coupures d’internet décidées par les gouvernements africains ? Rien. Mais que gagnent les initiateurs de ce type de vexations ? Juste l’impression de plonger la tête dans une illusoire quiétude face à la pression des évènements.

Une étude conduite par Cipesa - Organisation de promotion des TIC en Afrique orientale et australe, basée à Kampala (Ouganda) - a publié, le 29 septembre 2017, les résultats de son enquête sur l’impact économique des coupures d’internet depuis 2015.

L'Éthiopie, la RDC et le Cameroun arrivent en tête du palmarès, avec des dizaines de millions de dollars de manque à gagner. Kinshasa, selon Cipesa, a été l’un des premiers gouvernements à mettre en place ces pratiques restrictives en Afrique subsaharienne. Et il a enregistré un manque à gagner de l’ordre de 46 millions USD au minimum.

Si la palme revient à l’Éthiopie, où les 36 jours d’interruption totale de tous les réseaux et les 7 jours de coupure des réseaux sociaux ont fait perdre 132,1 millions USD au pays, il faut également noter les 93 jours consécutifs de black-out imposé aux régions anglophones du Cameroun à compter du 16 janvier, qui auraient occasionné 38,8 millions USD de pertes.

Les dernières coupures concernent le Togo, en proie depuis plusieurs semaines à des manifestations de grande ampleur réclamant des réformes politiques et le départ du président Gnassingbé. Dans ce pays, chaque journée de black-out est évaluée à 243 507 USD par le Cipesa.

Cipesa, sachons-le, veut mettre en garde les gouvernements démocraticides contre les impacts de telles décisions «sur la vie de leurs citoyens, le profit de leurs entreprises, le PIB et la compétitivité de leurs pays».

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