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Cinq questions au Père Paul-Augustin Madimba (*)

Écrit par Propos recueillis par P.M. , Publié vendredi 15 septembre 2017 le . Publié dans 5 Questions à...

1. Elections hypothétiques. La Céni serait butée au problème de financement du processus. C’est ce qui résulte de la dernière réunion  interinstitutionnelle autour du chef de l’Etat. Comment appréhendez-vous la suite ?

La Céni a, peut-être, dit à haute voix ce que tout le monde connaît. C’est une déclaration qui illustre l’irresponsabilité des gestionnaires de la République. Parlementaires de l’Opposition ou de la Majorité, tous, ont siégé et ont voté une loi de finances qui reprenait parmi les priorités, les recettes destinées à l’organisation d’élections. Il ne s’agit donc pas de quelque chose qui devait se préparer en 90 jours. Plutôt pendant plusieurs années avant l’expiration de l’échéance. Dans les sociétés civilisées, dès qu’un mandat commence, on se prépare déjà pour les élections prochaines. Et si la Céni dit qu’il n’a pas de moyens financiers pour organiser les élections, cette déclaration soulève des questionnements majeurs : le peuple est-il prisonnier de ses politiciens ou des Occidentaux ?

2. Alors, comment éviter le chaos qui se profile à l’horizon face au bras le fer Majorité-Opposition ?

Les bras de fer en République démocratique du Congo datent depuis les années 90. Et, puis finalement, je pense que maintenant il est question d’avoir un langage franc, sincère et honnête devant le peuple et la communauté internationale pour ne pas tenir des propos autres que ce qu’on croit. La situation nécessite qu’on en tire des conséquences, pour ne pas rester dans un statu quo. Il faut agir pour que ce qu’on regrette aujourd’hui ne se reproduise pas.

3. Et une fois les responsabilités établies, que faire, à votre avis ?

Il ne faut plus qu’on se voile la face. Tout a été organisé, mieux, planifié pour que le pays s’éloigne des élections. Aujourd’hui, il est évident, il ne sera pas possible d’organiser des élections en décembre prochain, suivant les prescrits de l’Accord politique de la Saint-Sylvestre signé par toutes les parties. Aujourd’hui, il est question de savoir, où nous voulons mener le Congo. Si nous voulons le mener vers le bonheur, nous serons, encore une fois, obligé de nous mettre ensemble pour dégager les grandes lignes. C’est pour voir ce qui est faisable maintenant, parce que là, personne ne veut assumer sa part des responsabilités. Voyez-vous comment le décor de contestation s’est bien planté ? Le Conseil national de suivi de l’Accord contesté, le gouvernement contesté, etc. On ne sait pas qui dit vrai ou ce qui est vrai. Et de son côté, la Céni au lieu de nous présenter un plan technique, pour nous dire ce qui est faisable au regard des contraintes de temps, semble se perdre en conjectures politiciennes. Hélas !

4. Un énième dialogue est donc inévitable à votre avis ?

S’il y a un autre dialogue, on va parler en termes de dialogue bipolarisé, c’est-à-dire pouvoir, opposition, parce que l’opposition aujourd’hui dispose de plusieurs têtes. Je pense, pour décanter la situation, il faut regrouper une crème intellectuelle des Congolais qui peuvent étudier un modus pour gérer la transition et mener à bon port le processus. Ce groupe doit être constitué de gens qui sont les désintéressés de la politique. Mais, pas de gens à la quête du pouvoir, sinon quand vous les mettez pour une transition, ils cherchent à un avenir politique.

5. Après plus de cent jours d’exercice, comment jugez-vous le gouvernement Tshibala ?

C’est difficile pour le Premier ministre ainsi que son gouvernement. Déjà avec tout ce qu’il y a comme problème socioéconomique, sans compter la complexité du climat politique, ce n’était pas évident que le Premier ministre remonte la situation en trois mois. La clé de réussite de l’action gouvernementale passe par une dynamique progressive d’entente et de cohésion, dans une gouvernance améliorée et capable de bénéficier de la confiance des partenaires extérieurs.

 

(*) Curé de la paroisse catholique Sainte Angèle de Mpasa

 

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