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Un bus rempli « d’armes de guerre » intercepté mercredi à Lubumbashi

Écrit par La Libre Afrique/LP, Publié jeudi 14 septembre 2017 le . Publié dans Société

Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, vit dans la peur. Un bus, non autrement identifié, bourré « d’armes de guerre » a été intercepté en plein centre-ville, rapporte le journal Afrique de La Libre Belgique. Curieusement, cet évènement se produit alors que le chef de l’Etat, Joseph Kabila, séjourne dans la capitale du cuivre.

Il était 11 heures, mercredi 13 septembre dernier, quand un bus de transport en commun rempli « d’armes de guerre » a été intercepté au centre-ville de Lubumbashi par les forces de l’ordre, rapporte La Libre Afrique.

Aucune information n’a filtré sur ses occupants, ni sur l’origine ou la destination de ce bus. Pour un proche du pouvoir, il ne fait aucun doute qu’ « il y a un lien entre ces armes découvertes à Lubumbashi et le fait que le président Kabila se trouve justement dans cette ville ». Et d’indiquer que « la réponse sera proportionnelle à l’intention criminelle de ces gens ».

Du côté de l’opposition, des membres du G7 refusent cette vision. Pour eux, il s’agit d’un nouveau montage grossier du pouvoir pour « lancer une nouvelle chasse à l’homme et semer le trouble et la peur ».

Un prêtre contacté dans la capitale du cuivre confirme l’information et ne cache pas ses doutes quant au scénario qui « n’est pas sans rappeler le montage que la police et l’ANR avaient tenté de faire dans la ferme de Moïse Katumbi avant que celui-ci soit contraint de quitter le pays. Souvenez-vous, ils avaient évacué pratiquement tout le personnel de la ferme Futuka qui appartient à l’ancien gouverneur. Leur intention était de dissimuler des armes dans un champ de maïs pour pouvoir accuser Katumbi. Finalement, l’affaire ne s’est pas faite parce que les avocats de Katumbi sont arrivés rapidement sur les lieux. Les montages sont généralement grossiers, heureusement, ça permet de les désamorcer », poursuit l’homme d’église qui ne cache pas ses craintes : « Le pouvoir est déterminé à tout entreprendre pour se maintenir. Les voies légales étant bouchées, il leur reste le recours à l’état d’urgence. Je crains que cette nouvelle affaire lushoise soit une nouvelle illustration de cette détermination ».

Kyungu et Christian Mwando dans le viseur

Il n’est pas bon d’être opposant à Lubumbashi. La répression organisée le 3 septembre 2017, en marge du meeting du Rassemblement, en témoigne. Si le meeting de l’opposition avait été interdit à Kinshasa, à Lubumbashi, ce sont les leaders de l’opposition qui ont été mis sous pression, notamment Gabriel Kyungu et Christian Mwando.

Tout avait commencé la veille du meeting, selon plusieurs témoins, par un encerclement de la maison de Gabriel Kyungu, le vice-président du G7. « C’est toujours le même cirque, dès que quelque chose s’annonce, avant l’aube, on entend les voitures de la police qui viennent se positionner autour de la maison du vieux Kyungu », expliquait un de ses voisins. « Jusqu’ici, c’est assez pacifique, surtout parce que le vieux veut éviter le pire. Mais si un jour il décide de mobiliser ses partisans, les policiers qui sont devant chez lui ne feront jamais le poids ».

Un autre leader de l’opposition de Lubumbashi, Christian Mwando, de retour dans la capitale du Haut-Katanga après un séjour en Europe, avait été cueilli par plusieurs dizaines de policiers alors qu’il voulait se rendre au QG de son parti pour saluer ses électeurs. « Ils étaient peut-être 200 policiers en tout », expliquait un témoin qui a fait « quelques photos en cachette. »

« Monsieur Mwando se dirigeait vers le QG de son parti avec quatre ou cinq personnes. Soudain, ces policiers sont arrivés et ils l’ont empêché d’aller plus loin. Où va-t-on? Ici aussi, Mwando, comme Kyungu, a appelé au calme. Mais la tension est maximale », conclu avait un des témoins de l’événement.

Ville fortement militarisée, Lubumbashi est devenu presque un sanctuaire de la répression où le pouvoir étale tous ses biceps pour réduire au silence les opposants membres du Rassemblement. L’interpellation est la preuve du climat de terreur qui gagne la ville cuprifère.

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