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Le processus électoral compromis : Nangaa se lave les mains, Olenghankoy piégé

Écrit par Le Potentiel, Publié mardi 12 Septembre 2017. Publié dans A la Une

La Céni à court d’argent… Insolite ! Et pourtant, c’est ce qu’a déclaré le week-end son président à la réunion interinstitutionnelle. Du coup, dépourvu de moyens de sa politique, Corneille Nangaa a de bonnes raisons de ne pas convoquer le corps électoral à la date prévue par l’Accord de la Saint-Sylvestre en vue de la présidentielle prévue en décembre 2017. En revanche, un homme a une conscience chargée. Pour avoir trahi l’Opposition, Joseph Olenghankoy a été porté par la MP à la tête du CNSA. Lui, qui croyait jouer au malin, est aujourd’hui pris à son propre piège.

Des nouvelles en provenance de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ne sont pas rassurantes. Alors que celle-ci aborde, par le Grand Kasaï, le dernier virage pour parachever les opérations d’enrôlement des électeurs, l’argent se fait de plus en plus rare dans ses tiroirs. Son président, Corneille Nangaa, l’a déclaré devant les responsables des médias qu’il a réunis à la Maison des élections.

Samedi dernier, à la réunion interinstitutionnelle à laquelle il était convié autour du chef de l’État, Corneille Nangaa a posé le problème. Son institution a besoin d’argent, sans lequel elle ne saurait ni lancer les opérations d’enrôlement dans le Kasaï, ni boucler le processus électoral.

Mais, au-delà de l’argent, Corneille Nangaa est également revenu sur les contraintes logistiques et juridiques qui pourraient, craint-il, perturber le chemin critique des élections. Mais à ce jour, l’urgence, a-t-il rappelé samedi devant le chef de l’État, c’est de doter la Céni de moyens financiers nécessaires afin d’accélérer la mise en œuvre de son chronogramme, qui passe inévitablement par le bouclage, dans le Grand Kasaï, de toutes les opérations d’enrôlement.

Il faut craindre le pire

La Céni est en mauvaise posture. Depuis un temps, son président ne s’en cache pas. Il le dit tout haut, sans se voiler la face. Devant des responsables des médias, Corneille Nangaa l’a déclaré à haute et intelligible voix : son institution affiche un déficit de financement que seul le gouvernement est en mesure de combler, à défaut d’un concours hypothétique des partenaires extérieurs.

Comme Ponce Pilate, Nangaa tente de se dédouaner en exposant clairement les difficultés auxquelles fait face l’institution qu’il dirige. Malheureusement, il reste lié au gouvernement, son principal pourvoyeur des fonds. Or, à ce jour, celui-ci, dominé entièrement par la Majorité présidentielle, qui a ses propres priorités, ne semble pas s’aligner sur la logique des élections.

Parallèlement aux efforts que déploie la Céni pour donner une certaine visibilité au processus électoral, le gouvernement cherche plutôt à rassurer le fauteuil de son autorité morale au-delà de décembre 2017, échéance prévue dans l’Accord du 31 décembre 2016 pour la tenue d’élections. C’est dire qu’entre la Céni et le gouvernement, il y a une divergence de vues, les deux ne regardant pas forcément dans la même direction.

Pourquoi cherche-t-on à asphyxier financièrement la Céni ? Suivez mon regard. L’assèchement de ses comptes présage d’une action préméditée. En effet, le gouvernement, censé doter la Céni de moyens de son action, n’est pas encore convaincu de ses chances de tirer son épingle du jeu électoral. Tant que le chef de l’État, autorité morale de la MP, n’est pas assuré de concourir à un 3ème mandat présidentiel – ce qui lui interdit l’article 220 de la Constitution – la Céni ne sera jamais à la hauteur de sa tâche.

Il faut donc craindre le pire. Il faut également redouter que la Céni ne soit contrainte à jeter l’éponge, car se trouvant dans l’incapacité financière de remplir sa mission.

À la Céni, on cherche à minimiser davantage le budget électoral pour être en mesure de tenir par ce temps difficile. La proposition d’un vote électronique ou semi-électronique (c’est selon) s’inscrit dans ce cadre. Malheureusement, dès l’annonce de ce projet, il y a eu un tollé général dans la classe politique. Cependant, à la Céni, on estime que le vote électronique qui comprime en un seul bulletin les noms et photos de candidats pourrait bien aider la centrale électorale à épargner des millions de dollars américains d’impression du bulletin de vote, tel qu’on l’a connu aux élections de 2006 et de 2011.

Mais, dans la classe politique, on reste sceptique. On craint que la Céni n’utilise ce vote électronique pour truquer les élections. C’est que réfute le président Nangaa.

Plus d’un milliard de dollars uniquement pour les élections. Corneille Nangaa est d’avis que ce montant peut être sensiblement réduit en explorant d’autres pistes de vote. Il travaille pour trouver des pistes d’optimisation du processus électoral.

À ce jour, deux pistes sont privilégiées, en l’occurrence la rationalisation du mode de scrutin par la loi, d’une part et, l’usage des technologies de l’information et de la communication à l’occurrence la machine à voter, d’autre part. Outre le fondement juridique des élections, la Céni tente de valider ces pistes en prenant appui sur l’esprit de l’Accord politique du 31 décembre 2016, notamment dans son chapitre IV, IV.4 qui invite la CENI, le gouvernement et le CNSA de « … explorer les voies et moyens de rationalisation du système électoral pour réduire les coûts des élections ».

En attendant le grand débat au Parlement pour faire passer un tel projet, la Céni doit d’abord convaincre la classe politique. Ce qui n’est pas acquis d’avance. La Céni est à court d’argent. En face, le gouvernement n’est pas prêt à répondre à toutes ses sollicitations. Le processus électoral est sur une mauvaise pente.

Décrochage en plein vol

Le 30 septembre, il ne faut pas s’attendre à un miracle. La Céni ne sera donc pas en mesure de convoquer le corps électoral pour la présidentielle prévue fin décembre 2017, suivant les prescrits de l’Accord politique du 31 décembre 2016. Elle n’en aura pas les moyens – le gouvernement l’ayant condamné à la disette.

Quant à Joseph Olenghankoy, président du CNSA, selon la volonté de la MP, il n’a aucun pouvoir pour inverser cette tendance ; lui qui avait promis d’user de son statut pour influer sur le processus électoral. Il se trouve aujourd’hui piégé, alors que Corneille Nangaa tente de se libérer du poids que lui fait porter injustement la MP.

Le processus électoral est compromis. C’est le moins que l’on puisse dire. Faute d’argent et pris dans la tourmente financière, la Céni n’est plus loin d’un décrochage en plein vol. Un atterrissage en catastrophe du processus électoral n’est plus exclu. A moins que le gouvernement se ressaisisse à temps en déliant le cordon de sa bourse.

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