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Tragédie du Kasaï : le HCR dénonce des souffrances humaines à très grande échelle

Écrit par AMK avec un.org, Publié samedi 09 septembre 2017 le . Publié dans Société

L’horreur du Kasaï n’a pas encore tout révélé au grand public. Chaque fois qu’une mini-enquête est menée de manière indépendante des révélations troublantes remontent à la surface. L'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a dénoncé vendredi des « destructions et souffrances humaines » à très grande échelle résultant du conflit dans la région du Kasaï en République démocratique du Congo, rapporte un.org. Cette région du centre de la RDC est en proie à des troubles depuis plus d'un an.

Une équipe du HCR est rentrée la semaine dernière d'une première mission sur le territoire de Kamonia, à la frontière entre la RDC et l'Angola, qui a été au centre des troubles. « Il s'agissait de la première mission du HCR dans ce lieu, qui a été au centre des combats. Nos collègues ont vu des villages entiers incendiés et des civils dans une situation désastreuse. Les services essentiels ont globalement cessé de fonctionner et un climat d'anarchie règne », a indiqué une porte-parole du HCR Cécile Pouilly à Genève.

Dans la zone proche de la ville frontalière de Kamako, neuf villages sur dix ont été réduits en cendres dans les attaques menées par des groupes armés ou dans les affrontements entre ces groupes et les forces gouvernementales. Des groupes armés locaux ont systématiquement détruit ou pillé les postes sanitaires, les écoles et d'autres bâtiments publics. « Les enseignants et les infirmiers ont fui ou ont été tués », a-t-elle ajouté.

Selon le HCR, des centaines d'enfants ont été séparés de leurs parents ou ont été témoins de leur assassinat. Ces enfants sont provisoirement placés dans des familles d'accueil par les organisations humanitaires locales, mais il n'existe aucun système pour assurer un soutien psychosocial à ceux qui sont traumatisés. Les personnes âgées, handicapées ou malades sont également en grave danger.

Le HCR appelle donc les autorités à accorder aux organisations humanitaires l'accès complet aux personnes ayant besoin de protection et d'assistance. « Nous demandons également une amélioration de la sécurité dans la région, ce qui permettra aux réfugiés et aux déplacés internes de rentrer chez eux un jour », a indiqué Cécile Pouilly. D'autant que sur le terrain, les dernières estimations des Nations unies indiquent qu'environ 1,4 million de personnes auraient été déplacées à cause de la violence qui règne dans la région du Kasaï auparavant paisible.

Pourtant malgré la situation critique, certains Congolais ayant trouvé refuge en Angola tentent de rentrer dans leur foyer au Kasaï. Depuis avril 2017, quelque 33 000 réfugiés fuyant le conflit avaient été enregistrés dans la province de Lunda Norte, en Angola. Mais récemment, un partenaire local du HCR a indiqué que certains Congolais étaient rentrés spontanément d'Angola, la plupart en août. Nombreux rapatriés ont trouvé leurs maisons détruites et sont forcés de vivre dans des conditions similaires au déplacement interne.

La crise de la région du Kasaï a commencé il y a un an environ et s'étend à 9 des 26 provinces de la RDC, selon HCR. A présent, une grande partie du territoire au cœur du conflit est sous le contrôle des forces du gouvernement, mais le retour à la paix reste fragile, note le HCR. Le HCR a lancé un appel de fonds de 102,5 millions de dollars pour financer ses opérations dans la région. A ce jour, seuls 17% de cet appel ont été financés.

La nonciature apostolique à Kinshasa avait également révélé l’ampleur des dégâts causés non seulement sur le patrimoine de l’église catholique mais aussi sur les paisibles citoyens. Dans une note technique publiée lundi 19 juin 2017, la nonciature apostolique de Kinshasa a annoncé 3 383 « décès signalés » dans le Kasaï, auxquels s’ajoutent les découvertes de 30 fosses communes (42 pour l’ONU) et 20 villages entièrement détruits.

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