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Alpha Condé : «Nous sommes confiant que la situation en RDC va s’améliorer »

Écrit par Propos recueillis par Cyprien Kapuku (Depuis la ville de Yinchuan en Chine), Publié vendredi 08 septembre 2017 le . Publié dans Online Dépêches

C’est un Alpha Condé pragmatique et conciliant qui a accordé une interview exclusive au journal Le Potentiel, depuis la Chine où le président de Guinée, également président en exercice de l’Union africaine, est allé représenter l’Afrique au 9èmeSommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui s’est tenue du 3 au 5 septembre dans la ville chinoise de Xiamen, province du Fujian. Alpha Condé a parlé de la coordination des politiques africaines comme préalable à la capitalisation des investissements étrangers dans ce continent aux perspectives économiques roses. Il en a d’ailleurs profité pour évoquer la situation politique actuelle en RDC. La démocratie congolaise doit être sauvegardée, clame le président guinéen. Il se dit confiant que « la situation en RDC va s’améliorer », fort des contacts qu’il continue à entretenir avec le président Kabila et l’ensemble de l’opposition.

Vous venez de participer au 9èmeSommet des BRICS en votre qualité du président en exercice de l’Union africaine. Qu’est-ce  que l’Afrique peut espérer de ce sommet en termes des dividendes ?

Pour savoir ce que l’Afrique peut tirer de ce sommet (BRICS), c’est important de voir l’évolution de l’Union africaine depuis son sommet de l’année dernière à Kigali. Ce sommet avait des missions extrêmement  importantes pour l’avenir de l’Afrique aux premiers rangs desquelles, l’autonomie financière. Car le fonctionnement de l’Union africaine dépend des fonds extérieurs, notamment de l’Union européenne. Or, si vous voulez être indépendant, il faut d’abord être indépendants financièrement. La proposition était que chaque pays consacre 2% de ses importations  hors continent au financement de l’Union africaine. Ce qui devrait couvrir l’ensemble de besoins de la Commission. Ensuite, l’Union africaine a pris la décision de ne plus prendre plusieurs décisions, alors que celles-ci souffre de leur applicabilité. C’est ainsi que l’UA a jugé bon de ne prendre qu’à la limite deux ou trois questions. L’objectif étant de bien les suivre. L’autre décision concerne la représentativité. Très souvent, ce sont les ministres des Affaires étrangères qui viennent représenter les chefs d’Etat. Désormais si le président ne vient pas, celui-ci doit être représenté soit par le vice-président ou le Premier ministre. Le ministre des Affaires étrangères ne sera accepté que de façon exceptionnelle.

Aussi, l’UA a décidé de la résolution des problèmes africains par les Africains eux-mêmes, parce que nous constatons que la plupart des problèmes que nous avons dans le continent sont dus à l’ingérence étrangère. Aujourd’hui le terrorisme constitue l’un des problèmes majeurs du continent. Cette situation est due au chaos qui s’est installé en Libye juste après l’intervention militaire occidentale. Et pourtant, nous avions, à cette époque, trouvé la solution à Malabo pour qu’une délégation de chefs d’Etat, conduite par le président Zuma, puisse se rendre en Lybie afin d’y  jouer à la médiation. La situation actuelle dans ce pays du nord de l’Afrique est à la base des menaces terroristes auxquelles font face des pays tels que le Cameroun, le Niger, le Nigeria, le Mali, quelque peu, le Burkina Faso. Donc, aucun pays n’est à l’abri du terrorisme.

Concrètement, comment allez-vous vous y prendre ?

Nous avons décidé de parler d’une seule voix et d’agir comme un seul homme. Nous l’avons démontré à Genève lors de l’élection de nouveau Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. Tous les pays africains avaient voté comme un seul homme et notre candidature était passée.

Pour bien coordonner nos actions, nous avons confié, au sein de l’Union africaine, des responsabilités spécifiques à certains chefs d’Etat dans le cadre de la réalisation des objectifs assignés pour le développement du continent. C’est le cas du dossier de l’immigration qui est confié au Roi Mohammed VI du Maroc, le tourisme est à la charge du président algérien Bouteflika, la zone de libre échange pour créer un marché commun est entre les mains du président nigérien Issoufou Mahamadou. Pour toutes ces questions, c’est un seul chef d’Etat qui va parler au nom de l’Afrique. C’est de cette façon que nous pouvons faire face à nos partenaires dans le cadre des négociations. Y aller dans un ordre dispersé, c’est amoindrir les chances de réussite de l’Afrique. Avoir les mêmes ambitions nous permettra également de défendre la même ligne. Etant donné que l’énergie, l’industrialisation, les infrastructures, l’éducation, la santé et la maitrise des nouvelles technologies restent des enjeux majeurs pour le développement du continent. Si l’Afrique avait raté les trois premières périodes de révolution scientifique du fait de l’esclavagisme, il ne faudra pas que notre continent puisse encore rater cette quatrième période de révolution numérique. La réussite de l’Afrique dépendra donc de sa capacité à parler d’une seule voix et à agir comme un seul homme face enjeux internationaux. C’est seulement dans ces conditions que notre continent pourra réellement tirer un maximum des profits dans sa coopération avec les partenaires étrangers.

Que pouvons-nous retenir de vos échanges avec les investisseurs chinois ?

J’ai rencontré beaucoup d’investisseurs chinois et j’ai eu l’occasion de visiter quelques entreprises chinoises ici à Yinchuan, notamment une usine de production agricole. Mais c’est à l’étape de Xiamen où il y a eu réellement des débats entre nous et le gouvernement chinois en ce qui concerne les investissements et la coopération entre la Chine et l’Afrique. Pour ce qui est, par exemple, de la Guinée, nous avons signé un accord stratégique avec la Chine. Ce pays s’engage à financer notre pays avec un montant de 20 milliards USD sur 20 ans pour la construction des infrastructures, l’approvisionnement en énergie…La Guinée en retour s’est engagé à rembourser ce prêt en  fournissant des matières premières à la Chine, c’est-à-dire des royalties de l’exploitation des mines, c’est une garantie pour le remboursement de cette dette. Pour ce qui est de l’Afrique, la Chine a pris des engagements concrets. Principalement, celui de faire passer la nouvelle route de la soie par l’Afrique.

Quelle est la réponse de l’Union africaine face à l’immigration clandestine des jeunes vers l’Europe ?

C’est une honte pour nous, chefs d’état, de voir nos enfants mourir dans la méditerranée. Pour éviter l’immigration, il faut développer l’Afrique et donner l’espoir aux jeunes. Aussi, faudra-t-il entre l’Europe et l’Afrique amorcer des véritables négociations à l’issue desquelles des réponses efficaces et communes vont être trouvées afin de mettre un terme à cette crise migratoire. L’aide de l’Europe s’avère importante. À l’interne, l’immigration est aussi en partie favorisée par les conditions climatiques de plus en plus défavorables. C’est le cas du lac Tchad qui a perdu presque 80% de ses ressources.

Quel est votre commentaire en rapport avec l’invalidation de l’élection présidentielle au Kenya ?

J’ai fait un communiqué à travers lequel j’ai félicité la Cour constitutionnelle, en disant que l’Afrique a fait des progrès en matière de démocratie. Bien avant la présidentielle, j’avais également appelé les deux candidats pour que l’élection se passe dans la paix et dans la tranquillité. Pas seulement au Kenya, nous avons aussi des problèmes en République démocratique du Congo pour lesquels nous sommes en train d’envisager des solutions au profit du peuple congolais. La RDC, c’est un grand pays qui partage neuf frontières ; c’est le poumon de l’Afrique. Le barrage d’Inga peut, à lui seul, donner le courant à la moitié de l’Afrique. C’est pourquoi nous sommes très préoccupés par la situation en RDC. Nous sommes confiants que la situation en RDC va s’améliorer. C’est la raison pour laquelle je suis en contact permanent avec le président Kabila et l’opposition de son pays pour essayer d’aider ce grand pays à rester sur la voie de la démocratie. C’est la même préoccupation que nous avons au niveau de la République centrafricaine.

Comment envisagez-vous l’avenir de l’Afrique ?

Nous sommes pour la bonne gouvernance et le droit de l’homme, mais il ne faut pas qu’on nous les impose. Nous voulons la démocratie avec des règles universelles que nous connaissons tous. Voilà la nouvelle Afrique que nous voulons et nous ne voulons pas non plus des conflits entre les pays africains. Car, les frontières doivent servir des moyens de développement et non d’obstacles.

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