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Cinq question à Lambert Mende (*)

Écrit par Tirées de RFI, Publié vendredi 01 Septembre 2017 le . Publié dans 5 Questions à...

1.  Que répondez-vous à Félix Tshisekedi qui considère que Joseph Kabila est le principal obstacle, aujourd’hui, à l’organisation des élections ?

Il a tout faux. Joseph Kabila est celui qui a permis justement que nous parvenions à organiser les opérations préélectorales et que nous puissions en être maintenant vers la fin.

Ce n’est pas la fin du monde, parce que nous avions intégré cette éventualité dans les conclusions de nos discussions auxquelles monsieur Félix Tshisekedi avait participé avec moi. Et nous avions prévu que dans ce cas, trois institutions devaient se réunir, la Céni, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord, pour prendre les dispositions qui s’imposent. C’est précisément parce que nous avions des points de vue différents devant les difficultés qui s’étaient amoncelées qu’il y a eu une série de rencontres.

 

2.Aujourd’hui, le Rassemblement de l’opposition n’est pas au gouvernement, n’est pas au Conseil national de suivi de l’Accord, n’est pas non plus…

Je ne pense pas que vous aillez raison. Une partie du Rassemblement n’est pas au gouvernement, une partie du Rassemblement est au gouvernement. Une partie du Rassemblement n’est pas au Conseil national de suivi de l’accord, une partie du Rassemblement est au Conseil national de suivi de l’accord.

C’est une interprétation qui est totalement subjective. Il y a, ici au Congo, beaucoup de gens qui pensent aussi que monsieur Tshisekedi ne parle même pas pour la base politique qu’il prétend représenter.

 

3.  La solution avancée par Félix Tshisekedi, il faut une transition sans Joseph Kabila, courte, avec une personnalité la plus consensuelle possible. Qu’est-ce que cette prise de position vous inspire ?

J’ai peine à croire ce que j’entends parce que ce monsieur Tshisekedi, son Rassemblement, et là ils sont tous d’accord, les deux tendances, qui se sont faits les champions du respect de la Constitution, ils ont même organisé des manifestations ici en nous accusant de vouloir simplement modifier la Constitution. Et cette proposition est tout à fait aux antipodes des dispositions de la Constitution qu’il prétend défendre.

 

4.  Dans quels délais est-ce vous espérez la tenue de l’élection présidentielle et des législatives ?

Madame, la réunion entre les trois institutions que les concertations du Centre interdiocésain ont chargées de résoudre ce problème vient de commencer à Kananga. Je ne sais pas, d’abord, si cette concertation va se terminer, et en tout état de cause, il sera difficile à la Commission de nous donner une date avant d’avoir terminé l’enrôlement des électeurs.

Même si on avait respecté l’accord du 31 décembre à la lettre sans les incidents de sécurité que l’on a enregistrés à Kananga, il faut d’abord que les électeurs soient enrôlés, qu’on connaisse leur nombre, qu’on répartisse les sièges, puisqu’il y a trois élections qui vont se dérouler en une séquence, selon l’accord du 31 décembre que nous tous nous défendons.

 

5.Vous avez entendu mercredi matin Félix Tshisekedi parler de pression de la rue. Il compte donc appeler à manifester pour protester contre un nouveau report de la présidentielle. Quelle sera la position ou la réaction du gouvernement ?

Je ne sais pas lire dans un marc de café pour savoir d’abord si la rue répondra à cet appel de monsieur Félix Tshisekedi, mais tant que rien n’est fait de manière concrète, je ne vois pas pourquoi je devrais commenter cela.

Nous avons des problèmes de sécurité, ici, madame, il y a des gens qui sont morts, ici, dans cette ville. Nous avons devant les juges beaucoup de criminels qui ont profité de telles manifestations pour pouvoir commettre une série d’atrocités dont notre peuple a eu à souffrir.

Vous avez quand même l’occasion de discuter avec monsieur Tshisekedi. Ils sont libres de parler, et je vous assure qu’ils ne s’en privent pas.

Il peut arriver qu’une manifestation dégénère et que la police procède à des arrestations administratives, mais, vous-même, vous venez de dire que ces gens ont été relâchés lorsque le calme est revenu. Il appartient à la police d’apprécier le caractère acceptable ou non d’une occupation de l’espace public.

(*) Ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement

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