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États-Unis : Donald Trump réveille les vieux fantômes racistes

Écrit par Robert Kongo, correspondant en France, publié lundi 21 aout 2017 le . Publié dans Internationale

C’est une réaction qui ne passe pas. Donald Trump a refusé de désigner un coupable après qu’un véhicule a foncé, samedi 12 août, sur des contre-manifestants venus s’opposer à la présence à Charlottesville (Virginie) de groupuscules radicaux et identitaires. Cette attaque a fait une victime, une femme âgée de 32 ans, et 19 blessés.

Selon des témoins, la voiture a volontairement foncé dans la foule opposée à un rassemblement unitaire de la droite radicale américaine allant des néo-nazis, aux suprémacistes blancs, en passant par le Ku Klux Klan (KKK) jusqu’à la droite alternative ou Alt Right, dont une partie au moins avait soutenu Donald Trump à l’élection présidentielle.

Le hic, c’est qu’après avoir condamné , 48 heures après ces affrontements,  la droite raciste et radicale américaine, Donald Trump est revenu le lendemain à sa position initiale, estimant qu’« il y avait un groupe très agressif d’un côté, et de l’autre un groupe très violent aussi ». Des propos qui ont suscité l’indignation des Américains et de la communauté internationale.

À ses yeux, tout va très bien. Il peut ainsi continuer de chantonner, en plagiant la célèbre chanson française de 1935 : «  Tout va très bien, Monsieur le président ». Que nenni, le déni de réalité du 45e président des Etats-Unis pourrait tourner au cauchemar ! Il vient de réveiller les fantômes racistes de l’Amérique.

Son objectif, celui de se concentrer sur sa base électorale la plus étriquée, lui vaut la défiance de plus en plus visible des soutiens. C’est vrai, des grands patrons qui conseillaient le président. Les uns après les autres, de Merck  à Under Armour, d’Intel à Disney ou Uber, ils quittent le navire.

« Un président républicain qui perd le soutien du monde du business a un gros problème », assure  dans un éditorial The Wall Street Journal.

C’est vrai aussi de certains républicains au Congrès qui ont fait défection, joignant leurs voix à celles des démocrates au Sénat pour empêcher l’abrogation de l’Obamacare, qui vise à garantir une assurance médicale minimum au plus grand nombre.

« Nous devons être clairs. La suprématie blanche est répugnante », a tweeté  Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants. « Cette intolérance est opposée à toutes les valeurs du pays. Il ne peut y avoir aucune ambigüité morale. » 

Les anciens présidents George H.W. Bush et George W. Bush ont pris leur distance avec Donald Trump, sans le nommer une seule fois, dans un communiqué commun. « Rejeter le racisme, l’antisémitisme et la haine sous toutes ses formes », ont-ils écrit.

C’est vrai, enfin, des Américains eux-mêmes. D’après le dernier sondage de l’Institut Gallup, la cote  de popularité  de Donald Trump continue sa descente avec un taux d’approbation de 34%. L’optimisme est au plus bas.

L’INQUIETUDE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

À l’instar des personnalités américaines, les responsables politiques du monde entier ont exprimé les plus vives critiques après les déclarations du président américain, renvoyant dos à dos militants antiracistes et néonazis.

Le président français, Emmanuel Macron, a publié sur le réseau social Tweeter une déclaration de solidarité avec les militants américains, s’opposant aux manifestants de la droite raciste et radicale. « Aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie. Notre combat commun, hier comme aujourd’hui », a-t-il affirmé, sans mentionner le président américain.

« La manière dont Trump minimise la violence des hordes de droite à Charlottesville est insupportable », a commenté Heiko Maas, le ministre allemand de la Justice, membre du Parti social-démocrate (SPD) participant à la coalition gouvernementale. « Bien évidemment, la mise sur le même plan des deux parties au lieu d’une prise de distance claire vis-à-vis de la mouvance nazie, constitue une énorme erreur », a renchéri le ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel.

« Je ne vois pas d’équivalence entre ceux qui défendent des idées fascistes et ceux qui s’y opposent », a déclaré la première ministre britannique, Theresa May. « Il est important que toutes personnes à des hautes positions condamnent les idées d’extrême droite où qu’elles soient émises », a-t-elle ajouté.

Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Gueterres, a également réagi sans citer nommément le président des Etats-Unis.

« Le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et l’islamophobie empoisonnent nos sociétés. Nous devons lutter contre, tout le temps, partout », a-t-il déclaré sur tweeter.

Se disant « choqué » par ces graves incidents, le président israélien, Reuven Rivlin, a estimé que les Etats-Unis et leurs dirigeants sauraient comment faire face à ce difficile défi et prouver au monde la robustesse et la force de leur démocratie. »

Il est effrayant de constater que les vieux démons du racisme menacent à nouveau de venir hanter l’Amérique.  Il  est donc temps que Donald Trump sorte de son dangereux somnambulisme.

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