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Lutte contre la fraude aux frontières : les leçons de la mission du Kongo Central

Écrit par Le potentiel, publié jeudi 03 aout 2017 le . Publié dans Economie

Une mission gouvernementale, conduite au Kongo Central par le directeur de cabinet du chef de l’État, vient de palper du doigt les graves dysfonctionnements qui minent les postes commis aux frontières. Des mesures sont tombées pour plus de mobilisation des recettes.

La mission gouvernementale dépêché dans le Kongo central, la troisième du genre après celle effectuée dans le Haut-Katanga, le Nord-Kivu et l’Ituri, constituée de plusieurs membres de l’exécutif central, des responsables des régies financières et de la FEC (Fédération des entreprises du Congo), a pu se rendre  compte de graves dysfonctionnements qui minent les services commis aux frontières. Sous la conduite de Néhémie Mwilanya, directeur de cabinet du chef de l’Etat, la mission a arrêté un train de mesures pour un meilleur encadrement des recettes.

Parti de Kinshasa le lundi 24 juillet pour le Kongo-central, la ville de Moanda a constitué la première étape de ce périple d’investigations. Dans la ville côtière, la délégation gouvernementale a été surprise de l’ampleur de la fraude sur les produits pétroliers en provenance de l’Angola. Des gens s’organisent en contrebande pour faire entrer en toute illégalité les produits des hydrocarbures sur le territoire congolais.

« Aux grands maux, grands remèdes », dit-on. Des mesures ont été aussitôt prises pour la maximisation des recettes en privilégiant le passage par les installations de la SOCIR et de la SEP Congo.

À Boma, la délégation a rencontré le même type de problèmes qu’à Moanda. Les navires de haute-mer approvisionnent en carburant et autres lubrifiants des petites embarcations qui pénètrent dans les eaux territoriales congolaises en toute illégalité. Dans ce commerce illicite, seuls gagnants sont ceux qui se livrent à ce genre d’opérations ainsi que leurs protecteurs qui se recrutent dans différents services de l’État.

À l’étape de Matadi, la délégation a visité le nouveau port Matadi Gateway Terminal où le Groupe Ledya détient 38% et la SCTP 10%, le reste étant contrôlé par l’État congolais. Il était toutefois surprenant de constater le niveau du professionnalisme dans toutes les étapes de fonctionnement de ce nouveau port moderne dirigé par des Congolais.

De Matadi à Nkinzi : des têtes vont tomber

Bien avant,  la délégation s’était rendue au grand port de l’ex-Onatra, où de moins en moins les navires accostent depuis quelques mois, malgré la décision du gouvernement autorisant à nouveau l’importation des véhicules vieux de plus de dix ans. Dans le vieux port, tout tourne au ralenti. Le personnel qui y était mobilisé, a accueilli cette énième visite d’une délégation gouvernementale comme son dernier espoir pour la relance de cet outil de production de la SCTP (ex-Onatra).

Dans l’inactivité qui paralyse le port, les agents ne se sont pas gênés à dénoncer certains coupables, dont le chef du Port, l’Inspecteur principal de la DGDA ou encore le ministre d’État Bahati, auteur des mesures d’interdiction d’importation du ciment gris, de sucre et fer à béton. À la délégation gouvernementale, ils ont révélé que seuls les protégés du ministre ont accès à toutes les facilités d’importation ou même d’exonération, notamment du sucre, de fer à béton, de ciment, dont ses sociétés détiendraient le monopole. Selon eux, d’importants stocks de ciment se trouvent encore dans les dépôts de la SCTP, malgré l’interdiction d’importation édictées par le même ministre d’État.

Informé, le directeur de cabinet du chef de l’État a promis des mesures idoines pour corriger cette injustice.

Le poste frontalier de LUFU a été l’une des étapes de ce périple. Dans ce poste frontalier, l’ambiance a été plus électrique que partout ailleurs. Aux vues de la délégation, des centaines de personnes scandaient les noms et pointaient du doigt accusateur en direction de ceux qui, selon elles, sont responsables des tracasseries tant décriées. Trafics basés sur les taux de change, manque de guichet de banque dans les espaces de marchés frontaliers, importations à dos d’hommes et traversant la rivière, manque d’infrastructures appropriées, bref il y a un système de contrebande à grande échelle qui s’est implanté à Lufu. Outre les quatre services légaux commis aux frontières, des agents des FARDC et d’autres services de sécurité ont été mis en cause.

Nkunzi a constitué la dernière étape de cette tournée. Sur place, la délégation gouvernementale y a rencontré les acteurs de la FEC qui leur ont fait part des difficultés de travail. Le taux de change, le manque de production locale en RDC et le manque d’exportation sont autant de questions pour lesquelles le gouvernement devra apporter une réponse, si pas un programme à court et moyen terme.

C’est ici que les 28 mesures, prises par le gouvernement au cours d’un conseil des ministres présidé par le Chef de l’État, le 26 janvier 2016, ont droit de cité. Des mesures « urgentes » qui visent, somme toutes, à stabiliser et à relancer l’économie de la RDC, suite à la chute des cours des matières premières.

Partout où elle est passée, la délégation du gouvernement s’est rendue compte de l’étendue des dégâts causés sur les maigres finances de l’État. Aussi curieux que cela puisse paraitre, malgré les dénonciations faites par la presse, rien n’est fait pour sortir le pays de cette situation et ce, au grand dam de quelques opérateurs économiques qui ont investi dans différents secteurs pour contribuer à l’essor économique de la RDC.

Le gouvernement est donc appelé à frapper sans ménagement si et seulement si l’on tient à sortir le pays de ce chaos économique. Il s’agit d’offrir au petit peuple les bonnes conditions d’existence. En attendant, le peuple voudrait palper du doigt les retombées de cette mission gouvernementale au risque de la qualifier de simple promenade des membres de l’exécutif national dans le Congo profond.

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