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Interdiction d’exporter les grumes : les industriels du bois crient à la violation de la loi

Écrit par Olivier Kaforo, publié jeudi 03 aout 2017 le . Publié dans Economie

La Fédération des industriels du bois (FIB) de la RDC est mécontente de la mesure interdisant l’exportation des grumes. Une mesure qui date du mois de juin de l’année en cours.

Dans un entretien exclusif accordé au quotidien Le Potentiel, le président de la FIB, Gabriel Mola Motya s’est dit surpris par la décision de l’Agence nationale de renseignements (ANR) portant interdiction d’exportation des grumes. Pour lui, la loi reconnaît au seul ministre de l’Environnement le pouvoir de prendre une telle décision qui, du reste, risque d’avoir des conséquences fâcheuses sur l’économie nationale.

« C’est l’ANR qui a pris la note circulaire interdisant l’exportation des grumes alors que le code forestier l’autorise. Il s’agit là d’une violation de la loi. Cette décision a été prise sans se référer au ministère de l’Environnement et Développement durable. Ce qui est contraire à la loi. Nous ne pouvons qu’exiger le strict respect de la loi. Nous avons déjà saisi le Premier ministre ainsi que le ministre de l’Environnement. Jusqu’à présent, nous n’avons pas de suite », a-t-il déclaré.

A travers cette interdiction, les autorités de Kinshasa disent espérer développer la transformation sur place et tirer plus de revenus de la filière bois. Ce, malgré le mécontentement des industriels du bois. Depuis la mi-juin, le bois qui n'est pas transformé est bloqué au port de Matadi (Kongo Central). Interdiction d'exporter les grumes sur décision de l'Agence nationale de renseignement (ANR) et non du ministère de l'Environnement dont dépend pourtant la Fédération des industriels du bois en RDC.

A ce jour, seules deux entreprises pourraient profiter de la mesure d’interdiction d’exporter le bois : Siforco et Cotrefor. Elles auraient les capacités de sciage, de quoi investir pour les développer. « Elles risquent d’acheter le bois à vil prix aux petits exploitants, étant donné qu’ils ont le monopole », a projeté un analyste qui a requis l’anonymat.

« Je crois que c’est environ 60 70% des entreprises qui risquent vraiment d’en pâtir et aggraver la situation au niveau de différents chantiers à l’intérieur du pays. Ce qui peut retarder le processus déjà amorcé en termes de développement des communautés locales », a déclaré le président de la FIB.

Selon certains analystes, la RDC a décidé d'interdire les exportations de grumes, dix ans après le Gabon, où pourtant la mesure n’aurait fait qu’effondrer les revenus de l'Etat, sans réellement créer des emplois.

« On serait passé de 9 500 emplois à environ 10 600. Par contre, disons qu’à un moment où les recettes pétrolières se sont effondrées, que tous les chantiers sont arrêtés, que l’Etat n’a plus de recettes fiscales ; la forêt ne rapporte plus rien. Toutes les taxes étaient liées à l’exportation des grumes. Il n’y a plus d’exportation des grumes, il n’y a plus de taxes et dans le contexte gabonais, c’est une catastrophe », affirme-t-on.

En RDC, la filière très mal en point pourrait ne pas s'en relever. « C’est véritablement le pire moment pour le faire. En ce moment, c’est la chute libre pour l’industrie du bois en RDC. C’est pratiquement une filière à l’agonie. Il n’y a plus aujourd’hui que trois entreprises qui sont actives. Les autres sont à l’arrêt parce qu’elles n’ont pas les conditions de rentabilité nécessaires liées à l’infrastructure, à l’enclavement, à l’ensemble des coûts, administratifs ou autres, qui se rattachent à la filière qui, par contre, est complètement submergée par l’exploitation informelle sans aucun plan d’aménagement ni quoi que ce soit », souligne Alain Karsenty.

 

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