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Les femmes appelées à s’impliquer dans la gouvernance des ressources naturelles

Écrit par Lucie Ngusi M., Publié vendredi 28 juillet 2017 le . Publié dans Société

La RDC est un pays qui regorge de diverses richesses. Malgré son sol et sous-sol riche,  elle est classée parmi les pays les plus pauvres. A côté de cette triste nouvelle, il y a une catégorie de personnes très affectées aux alentours et sur les sites miniers, il s’agit de la femme.

« Les femmes doivent chercher à s’approprier du plaidoyer pour la bonne gouvernance des ressources naturelles ».  Cette déclaration a été faite par la chargée des questions économiques à Open Society Initiative for South Africa (OSISA), Mme Euphrasie Amina, au cours d’une émission organisée par le Forum des femmes dans la gouvernance des ressources naturelles. Elle a fait savoir qu’OSISA dispose d’un programme spécifique sur les ressources naturelles, opérationnel depuis 2009. Ce programme soutien les initiatives sur la bonne gouvernance des ressources naturelles.

En faisant le bilan des activités réalisées par ce programme, le constat est qu’il y a un nombre insignifiant de femmes. Alors qu’elles  sont les 1ères victimes dans les différentes problématiques qui entourent la question de l’exploitation des ressources naturelles en RDC.

Donc, il était important que la femme qui est victime ait un mot à dire dans le débat sur la gestion des ressources naturelles.L’objectif de ce programme, a-t-elle dit, vise à atteindre un noyau de 200 femmes qui maîtrisent le basique sur la gestion des ressources naturelles, et qui parviendront à inverser la tendance. C’est ainsi que, pour Mme Amina, le lancement de la plateforme  des femmes dans la gouvernance des ressources naturelles, qui a eu lieu le 8 mai 2017, est un signal fort pour la femme de la RDC.

Quant aux communautés locales, Mme Amina  les a exhortées à se constituer en comités pour mieux suivre l’évolution et mieux définir les priorités en matière de développement de leur coin afin de les canaliser vers les décideurs. Aussi sont-elles appelées à établir un cahier des charges avec des objectifs précis répondant à leurs besoins.

Pour la coordinatrice de la plateforme Forum des femmes pour la gouvernance des ressources naturelles (FFGRN), Mme Dominique Munongo, cette structure existe depuis une année, mais de façon informelle. Ce n’est qu’à partir du 8 mai qu’elle a été formalisée. Le forum réunit les femmes de toutes les couches sociales, à savoir de la Société civile, des médias et du secteur public.

Par rapport au scandale géologique que recèle le secteur des ressources naturelles, autrefois réservé aux hommes, cette fois-ci, les femmes ont décidé de s’impliquer. Cette plateforme, a-t-elle déclaré, a été mise en place après plusieurs formations organisées par le partenaire OSISA : deux à Kinshasa et une à Lubumbashi, au Katanga.

« Mener un plaidoyer non seulement auprès des autorités mais aussi au niveau de la base », est le but poursuivi.

Tirer profit de l’exploitation

Mme Léonie Kiangu de l’ITIE a fait savoir qu’avec environ 300 entreprises minières sur son territoire, la RDC devrait en principe tirer profit de l’exploitation des ressources naturelles dont  le taux de contribution dans le budget de l’Etat est estimé à 15%. Les recettes de l’Etat devraient pourtant, via la collecte des taxes et impôts, régulées dans le Code minier, répondre à certains besoins de la population. Malgré ce dispositif légal, le secteur pose encore un problème. Elle a également épinglé la question de la réforme du secteur pour remédier à la fraude, considérée comme un frein majeur à la bonne gouvernance.

Pour y parvenir, a-t-elle fait mention, la RDC doit revoir sa vision en matière de ressources naturelles et améliorer des conditions de travail de ses agents œuvrant dans le secteur.

Pour que ces exploitations extractives contribuent au développement du pays et au bien-être de la population, les autorités congolaises doivent tenir compte de la  fraude qui existe sur ces sites. Elles doivent savoir que ce ne sont pas seulement des ressources exportées qui bénéficie au pays, mais elles doivent comprendre également certains minerais peuvent être utilisés localement pour des besoins d’infrastructures.

L’une des sources génératrices de recettes

En ce qui concerne les hydrocarbures, M. Joseph Pilipili Mawezi, professeur et expert en hydrocarbures, a déclaré que ce secteur est l’une des sources génératrices de recettes sur le plan économique. Cependant, en RDC, ce secteur reste improductif alors que le pays dispose d’un potentiel important en la matière, soit 70% du territoire national. Pourtant, il y existe une seule entreprise qui extrait, transforme et commercialise le pétrole.

Il a noté qu’il est important que les autorités prennent des dispositions pour la vulgarisation du décret portant règlement sur les hydrocarbures en RDC et pour l’application de cette loi en vue de l’amélioration de la bonne gouvernance ainsi que d’autre mesures d’application. Il faut que la procédure soit définie clairement,  même au niveau des acquisitions des données géologiques pour que le pays ne tombe pas sous le coup de la loi sur les marchés publics, car les hydrocarbures n’ont rien avoir sur les marchés publics. 

Il a, à cet effet,  invité les  autorités compétentes à améliorer les conditions de la bonne gouvernance dans le secteur en vue d’inciter l’investissement.

De même, le gouvernement doit penser à l’exploitation du gaz méthane dans le lac Kivu, car le risque d’explosion est  certain.

Par ailleurs, M. Georges Tshiniama, géologue congolais a déploré les conditions de vie des communautés locales et appelle à la responsabilité de l’Etat dans la mise en œuvre des accords signés avec les entreprises extractives sur les responsabilités sociétales avant, pendant et après l’exploitation.

Il a formulé des recommandations au service de l’Etat de suivre de près les clauses signées avec ces entreprises extractives et de les sanctionner en cas du non-respect des clauses. 

Aux Sociétés civiles, de dénoncer les failles que parfois les services de l’Etat ne parviennent pas à signaler de sorte que l’autorité remette en ordre ces entreprises. Enfin, aux entreprises d’exploitation de respecter les clauses signées avec l’état congolais.    

La forêt, un atout pour le développement du pays

Environ 135 millions d’hectares de forêt naturelle avec un taux de couverture de près de 60% du territoire, soit 10% de l’ensemble des forêts tropicales et du monde et environ 45% de celle d’Afrique. Ces forêts possèdent d’immense diversité d’espèces végétales et biologiques, constituant ainsi un atout important pour le développement du pays. Même les peuples autochtones y demeurent, malgré la marginalisation dont ils sont victimes.

Interrogé, le président national de la Ligue des peuples autochtones, LYNAPIKO, Kapupu Diwa, s’est plaint de la marginalisation dont sont victimes les peuples autochtones. « C’est une marginalisation organisée  et par le gouvernement  et la population congolaise », a-t-il souligné.

La structure a mis en place un organe appelé « le repaliaque », réseau de population autochtone pour la gestion durable de l’écosystème forestier d’Afrique centrale. A cause de l’exploitation illégale des parcs nationaux, normalement, où se trouvaient leurs demeures. « On vivait de là, avant d’être expulsé sans compensation », a révélé M. Kapupu.

Au-delà de ces richesses de la faune et de la flore, la RDC ne bénéficie pas de toutes ses potentialités. Malgré les efforts de gestion durable des forêts, la pression anthropique est en termes de surexploitation de trafic illicite des bois, forment un problème par rapport aux espèces exploitées dont certains considéré comme vulnérable.

Concernant l’utilisation des bois dans les ménages en RDC, le bois est majoritairement utilisé sous forme de bois de chauffe, du charbon de bois appelé communément « Makala ». Cette pratique expose les femmes, car elle est la catégorie des personnes qui utilisent très souvent des braises pour des fins culinaires. Ne sachant pas que la braise contient du CO2, une substance chimique contenant un gaz à effet de serre. «  Le dégagement du CO2 dans l’atmosphère contribue au réchauffement climatique », a soutenu le directeur/METELSAT, Arnaud Lokonda, qui a fait savoir que la déforestation a aussi un impact sur le changement climatique. Et d’ajouter : la forêt est une source de l’atmosphère en ce qui concerne l’humidité de l’air. « Quand vous détruisez la forêt, c’est-à-dire que vous aurez moins d’humidité, et moins d’évaporation », a-t-il martelé.

La présence de la RDC à la Conférence des Parties (Cop 22) tenue à Marrakech, au Maroc, n’a pas joué son rôle tant attendu. Par rapport à ses forêts, la RDC comme le Brésil devrait bénéficier de crédit carbone d’une somme qu’on octroie pour la consommation du CO2.

En ce qui concerne la Cuvette centrale du Bassin du fleuve Congo, elle a aussi reçu le pari de la conserver au profit de son intérêt et non pour un partage entre Etats.

Le professeur Rémy Kita Lema, expert en environnement, a affirmé que les animaux sont directement liés à la forêt, car elle fait partie de leur écosystème. L’arbre lui-même contient plusieurs habitats, c’est une ressource.  Il faut le couper pour arriver à la déforestation et non au déboisement sauvage. Le prof. Kita Lema a soutenu que  l’arbre est une donne extrêmement importante pour les animaux. D’où, leur abattage doit se faire de manière réfléchie.

Notons que la RDC, deuxième poumon mondial vu son écosystème, est, à ce jour, en perte de son espèce rare et de sa forêt. L’exploitation illicite des bois, le braconnage est à la base de la destruction de la faune et de la flore. Comme conséquence, le peuples autochtones, réputés gardiens de forêts, ont commencé à quitter leur milieu naturel de vie.

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