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Deux millions, SVP

Écrit par Ben-Clet, publié vendredi 28 juillet 2017 le . Publié dans Apostrophe

Deux millions de dollars ! Telle est la cagnotte exigée, à titre de rançon, par quatre «bad boys» - un Congolais, un Camerounais et deux Mozambicains - pour libérer leur otage, Ritesh Hemnani, un jeune homme d’affaires indien de Kinshasa.

Selon le porte-parole de la Police nationale qui s’adressait, le 10 juillet 2017 à la presse, l’Indien a été enlevé sur son chantier le 20 juin à 9h30. Il a été séquestré, 18 jours durant, dans une résidence située au quartier Jamaïque, à Kintambo.

Pour faire diversion, les criminels avaient imaginé un stratagème consistant à dépêcher un membre de l’équipe à Goma, avec pour mission de lancer l’opération de harcèlement sur la famille de Ritesh à Kinshasa. Dans ses communications, cet «envoyé spécial» menaçait de tuer Ritesh si sa famille ne versait pas deux millions de dollars.

Aussitôt informés, les limiers de la Police se sont engouffrés dans le dédale pour rapidement géolocaliser le «téléphoniste rançonneur» : Goma. Interpellé, ce foutu Congolais s’est mis à table en livrant les contours de l’arnaque manquée.

Est-ce que Ritesh est un cas isolé ? Je crois le contraire. Rappelons les enlèvements des autochtones et des employés des ONG internationales, suivis des demandes de rançon, à Beni-Butembo, au Nord-Kivu. Des enlèvements en Ituri. L’enlèvement récent au Sud-Kivu des 21 camionneurs tanzaniens et 3 kenyans. L’enlèvement des employés d’une société minière au Maniema. L’enlèvement des religieux au Kasaï.

Le cancer des enlèvements, avec demande de rançon, est en phase de métastase. Il vient se greffer sur un contexte politico-économico-social délétère. La RDC avance, à petits pas, vers la criminalité transfrontalière. Bokeba !

 

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