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Cinglant revers des lobbyistes engagés par Kinshasa auprès de l’Occident

Écrit par Le Potentiel. Publié dans Online Dépêches

Washington, Londres, Paris et Bruxelles restent intransigeants quant à la mise en œuvre intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016 comme voie de sortie de la crise en RDC. Outre l’exigence des élections démocratiques, l’essentielle de la communauté internationale réclame une enquête crédible sur l’assassinat de deux experts onusiens mais aussi sur la tragédie du Kasaï.

Les dirigeants congolais restent donc dans l’œil du cyclone. Autant dire que le régime de Kinshasa a perdu du temps et de l’argent en engageant des lobbyistes auprès de Bruxelles, Washington et même de l’ONU. Un cinglant revers qui ne dit pas son nom.

Le régime de Kinshasa a dépensé une fortune pour engager des cabinets de lobbying internationaux dans l’espoir de bénéficier des faveurs des puissants de ce monde. Dans le viseur de Kinshasa, l’administration Trump mais aussi les Nations unies et Bruxelles en tant que siège de l’Union européenne. Ceci est officiel. Le ministre de la Communication et  de la Presse, Lambert Mende, l’avait déjà reconnu. Il estimait que le gouvernement était en droit d’utiliser le lobbying pour contrer les opposants qui ternissent son image dans les capitales occidentales.

Trump comme Obama

En réalité, le régime de Kinshasa pensait changer la donne avec  l’avènement à la présidence américaine du républicain  Donald Trump en janvier 2017. L’administration démocrate Obama était farouchement opposée à la modification des constitutions en Afrique, encore moins au phénomène de troisième mandat. A Kinshasa, la crise politique est née de l’absence d’élections dans les délais constitutionnels en 2016. La majorité au pouvoir use de toutes sortes de subterfuges pour ne pas organiser les scrutins de sorte que son autorité morale, après avoir épuisé ses deux mandants constitutionnels, demeure éternellement à la présidence de la RDC. Une forfaiture que ni les Congolais, encore moins la communauté internationale, n’entendent cautionner.

L’avènement de Trump à Washington était donc le seul espoir qui restait au régime de Kinshasa pour tenter de changer la donne. Ainsi, Kinshasa a engagé des lobbyistes internationaux qu’il a largués en Occident. Mais, les résultats semblent être un cinglant revers. Toutes les capitales occidentales sont contre la forfaiture de Kinshasa qui multiplie de subterfuges pour ne pas organiser les élections. Pire, Washington et Bruxelles usent désormais des sanctions ciblées contre les personnalités civiles et militaires du régime de Kinshasa qui bloquent le processus électoral ou qui persécutent la démocratie en RDC.

L’administration Obama était la première à sanctionner en 2016 des barons du régime de Kinshasa. Sous Donald Trump aussi, le Trésor américain a sanctionné, en juin 2017, des personnalités congolaises coupables de violations de droits humains mais aussi qui persécutent le processus électoral. C’est dire que Kinshasa peut se mordre les doigts. Les millions de dollars dépensés dans des cabinets de lobbying n’auront été qu’une perte de temps et de l’argent qui aurait pu servir au financement du processus électoral.

La tragédie du Kasaï coince Kinshasa

Pire, la mort de deux experts onusiens, l’américain Michael Sharp et la Suédo-Chiliènne Zaida Cathalan, et la tragédie du Kasaï n’arrangent pas non plus les choses pour Kinshasa. Plus que jamais, la majorité au pouvoir en RDC est dans le viseur de la communauté internationale. De Washington à Paris en passant par New York, Londres et Bruxelles, toute la communauté internationale veut connaitre la vérité sur le drame du Kasaï qui a emporté aussi les deux experts onusiens. Les résultats d’enquête mixte, RDC-ONU, sont vivement attendus par la communauté internationale pour prendre les décisions qui s’imposent.

Kinshasa est donc dans l’œil du cyclone. Non seulement, il doit organiser les élections conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre et qui devront assurer l’alternance démocratique pacifique du sommet à la base mais aussi il doit coopérer dans le drame du Kasaï. La communauté internationale ne va pas transiger sur ces deux questions. Pour preuve. L’annonce de la non-tenue d’élections en décembre 2017 par le président de la Céni a provoqué un tollé général au sein de la communauté internationale.

Pressions tous azimuts

Quatre jours après les déclarations de Corneille Nangaa, le Conseil de sécurité a convoqué  le 11 juillet une réunion de crise sur la RDC.  Ici aussi, plusieurs pays, les USA en tête, ont appelé l’ONU à faire pression sur les autorités congolaises pour la tenue des élections. « Les retards sur les élections ne peuvent pas continuer », a déclaré l'ambassadrice américaine adjointe Michele Sison lors de la réunion du 11 juillet du Conseil de sécurité sur la crise en RDC. Pour cette diplomate, « la communauté internationale doit prendre les devants et intensifier la pression non seulement sur le président Kabila et son gouvernement, mais aussi sur la commission électorale nationale indépendante ».

Bien plus, elle a soutenu que son pays est « prêt » à prendre de nouvelles sanctions contre ceux qui bloquent la tenue des élections en RDC. « Nous sommes prêts à prendre des mesures supplémentaires pour sanctionner ceux qui tentent d'entraver la première transition démocratique en RDC », a martelé Mme Sison. Elle suggère même le Conseil de sécurité de faire la même chose. « Le Conseil de sécurité devrait également envisager des sanctions ciblées pour réduire la violence en RDC et aider à faire pression sur toutes les parties pour qu'elles jouent un rôle plus constructif dans l'avancée du pays », a-t-elle dit.

Au cours de la même réunion de crise consacrée à la RDC, la France et le Royaume-Uni ont également demandé l'annonce d'une date pour l'élection présidentielle et souligné qu'il n'y avait pas d'alternative à l'Accord du 31 décembre 2016 pour mettre fin à la crise politique.

Avant cette réunion de crise au Conseil de sécurité, 10 sénateurs américains ont écrit le 7 juillet au président Donald Trump pour lui demander de s’impliquer en vue d’une « enquête spéciale indépendante, transparente et complète » sur le double meurtre de l’américain et de la suédoise.

Comme quoi, les lobbyistes engagés par Kinshasa sont jusqu’à ce jour bredouille. La pression des capitales occidentales continue de toutes parts sur Kinshasa. Les dirigeants congolais sont contraints de se conformer à la dynamique des discussions directes du Centre interdiocésain pour la sortie de crise en RDC et garantir le respect des droits humains. Sinon il faut craindre l’ire des Congolais et de la communauté internationale. Cette dernière a réaffirmé la menace des nouvelles sanctions en cas de la non-tenue des élections en décembre 2017.

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