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Décréter un état d’urgence : un non-sens

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

La MP ne cesse de tester les différents fers qu’elle a mis au feu pour renvoyer le plus loin possible les élections prévues fin décembre aux termes de l’accord politique de la Saint Sylvestre. A défaut d’un référendum, elle penche désormais pour un Etat d’urgence. Un Etat d’exception dans le contexte actuel  serait un non sens dans la mesure où cela conduirait à casser le processus démocratique en cours et à amplifier la crise politique.

C’est par une déclaration faite en fin de semaine par la Ligue des jeunes du PPRD, le parti présidentiel, que le pouvoir a lancé un nouveau ballon d’essai. La majorité au pouvoir penche désormais pour un état d’urgence pour, pense-t-il, rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. Dans la sphère du pouvoir, le projet est fin prêt. Il ne reste donc plus qu’à passer à l’acte en s’appuyant sur les deux chambres du Parlement, totalement contrôlées par la majorité présidentielle.

Au moment où la Céni (Commission électorale nationale indépendante) peine à boucler les opérations d’enrôlement et d’identification, le pays plonge chaque jour qui passe dans une crise politique dont la sortie devient une gageure. Les poches d’insécurité se multiplient partout. Hier, c’était la partie Est de la République qui était connue comme le point névralgique de la RDC, aujourd’hui, c’est le Kasaï lui a damé le pion.

Dans l’espace Kasaï, regroupant les anciennes provinces du Kasaï Oriental et du Kasaï Occidental, c’est la désolation totale. Jusqu’à ce jour, des tensions continuent à opposer les forces loyalistes aux miliciens du grand chef Kamuina Nsapu.

Pendant ce temps, à Kinshasa, des attaques isolées des éléments armés non autrement identifiés sont signalés çà et là. La dernière en date est cette incursion vendredi dernier au marché central de Kinshasa des éléments armés qui ont attaqué l’administration centrale de ce marché.

Selon le dernier bilan de la police nationale congolaise, l’administratrice du marché central de Kinshasa et certains éléments de la police commis à sa garde ont perdu la vie. L’attaque n’a pas encore été revendiquée. On ne sait pas donc identifier avec exactitude les gens qui ont commis ces actes. Dans la capitale , le peur gagne de plus en plus les habitants.

Les élections étant désormais reportées, l’on craint que la RDC ne bascule dans un cycle de violence inédit. Au niveau du parti présidentiel, on réfléchit déjà à une solution pour reprendre la maitrise de la situation qui, apparemment échapperait déjà aux autorités. Ce sont les jeunes du parti présidentiel regroupés au sein de la Ligue des jeunes du PPRD qui ont pris l’initiative de donner l’alerte.

Une déclaration test

Dans un communiqué publié vendredi 15 juillet dernier et signé par Patrick Nkanga, président de la Ligue des jeunes du PPRD, les jeunes se réclamant du parti présidentiel appellent les dirigeants au pouvoir à activer l’article 144 de la Constitution en décrétant un état d’urgence. « La Ligue des jeunes du PPRD encourage les institutions de la République à prendre davantage des mesures de sécurité qui s’imposent, même s’il faille appliquer les dispositions de l’article 144 de la Constitution, relatives à l’état d’urgence, … », préconisent les jeunes du PPRD.

Par cette voie, le PPRD pense donner à l’Etat l’occasion de reprendre le contrôle de la situation. Depuis le week-end, cette déclaration  a été commentée et retournée dans tous les sens dans différents milieux.   Décréter un Etat d’urgence serait-il la solution en cette période troublée de la RDC ? Sur ce point précis, les avis sont partagés.

A voir de plus près, la déclaration des jeunes du parti présidentiel est un ballon d’essai commandé à distance par le pouvoir. C’est une façon maligne de tester l’opinion pour se faire une idée exacte de sa réaction.

Après avoir attisé le feu, autant à l’Est, dans le Kasaï qu’à Kinshasa, le pouvoir cherche maintenant des moyens subtils pour se dédouaner en poussant le pays à l’arrêt. Mais, la voie empruntée, à savoir, un état d’urgence, ne cadre pas avec la réalité du terrain.

Dans le contexte politique actuel très agité, un état d’urgence serait lourd de conséquences. Décréter un état d’urgence, c’est autrement administrer un coup d’arrêt à la démocratie en donnant au pouvoir des moyens extraconstitutionnels pour soi-disant rétablir l’autorité de l’Etat. Décréter un état d’urgence, c’est aussi compromettre les chances d’aller aux élections et de prétendre à la première alternance démocratique de l’histoire de la RDC. Décréter un état, c’est autrement dit consacrer le règne de l’arbitraire en donnant à la MP l’occasion de traquer et de neutraliser tous ceux qui s’opposent à sa stratégie afin de se maintenir le plus longtemps possible au pouvoir.

Dans le Kasaï, les différents rapports fournis particulièrement par les enquêteurs onusiens, ont prouvé que le pouvoir est, dans une certaine mesure, au cœur de la violence qui ronge cette partie de la RDC. Dans l’Est, des groupes armés et des milices généralement entretenus par le pouvoir, selon divers rapports, continuent à entretenir l’insécurité. Dans la capitale, c’est pareil. A ce jour, le pouvoir s’est montré incapable non seulement d’identifier ceux qui commettent différents forfaits partant de l’évasion spectaculaire à la prison centrale de Makala jusqu’aux attaques perpétrées dans d’autres coins de la ville tels qu’au commissariat de Kalamu, au commissariat Matete. Il en est de même de l’attaque en plein jour du marché central de Kinshasa.

En effet, partout où on attend l’Etat agir avec efficacité et rapidité, il brille le plus souvent par son inaction et sa passivité. Dans ces conditions, un état d’urgence ne fera qu’enfoncer davantage le pays dans la crise.

Il est vrai que cette situation d’insécurité généralisée dans le pays, du reste inconfortable, ne peut pas laisser le gouvernement dans l'indifférence. Mais, il existe des mécanismes légaux pour faire face à ces pratiques d'une autre époque, la violence.

On pousse Kabila à la faute

En scrutant cette panoplie d'incidents volontairement mis en pratique, on se rend finalement compte que le président Kabila et sa majorité sont déterminés à conduire le pays dans un cul-de-sac pour enfin se présenter en sapeur-pompier. Ce comportement du pyromane ne peut être imposé à tous les Congolais dans la mesure où ce qui est arrivé aujourd'hui au pays est la conséquence de l'irresponsabilité des dirigeants dans leur volonté de se maintenir à n'importe quel prix au pouvoir.

A tout prendre, un Etat d’urgence dans la situation actuelle de la RDC est un non-sens. C’est une absurdité qui ne se justifierait pas. En réalité, la MP se sert des jeunes du PPRD pour expérimenter sa nouvelle tactique de glissement. La stratégie est autant suicidaire pour lui que pour la RDC. Un Etat d’exception est inopportun, soutiennent beaucoup d’observateurs. C’est un saut dans le vide qui ne fera que raviver la crise et alimenter de façon infinitésimale la spirale de violences aux conséquences à la fois indescriptibles et imprévisibles pour le pays. Et le pouvoir ferait mieux de renoncer à cette solution.

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