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Déficit du Trésor : Tshibala se tourne vers Washington

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

La situation économique et financière du pays est sur le point de virer au pire. Après She Okutundu, qui est allé récemment solliciter un soutien de l’UE au processus électoral, c’est autour du Premier ministre, Bruno Tshibala, de tendre la main aux institutions financières internationales pour un appui à la balance des paiements. En perte de vitesse par rapport au discours souverainiste et de non-ingérence, le gouvernement sent que son salut ne peut venir que de Bruxelles(UE) et de Washington (BM et FMI).

 

L’économie congolaise est malade. Les chiffres le prouvent. La plupart d’indicateurs conjoncturels passent au rouge. Pour le premier semestre 2017, le taux d’inflation annualisé est passé au-dessus de la barre de 30%. Les réserves en devises du pays fondent comme neige au soleil. Le taux de croissance prévisible fin 2017 devrait se situer sous la barre de 2%. Sur le marché des changes, la monnaie nationale, le franc congolais, perd de plus en plus de terrain par rapport aux principales devises étrangères, principalement le dollar américain.

Dans le registre des finances publiques, le déficit du compte général du Trésor se creuse au jour le jour. Pour le moment, seules les avances de la Banque centrale du Congo permettent au gouvernement de couvrir le déficit chronique de l’Etat - avec toutes les conséquences désastreuses sur l’équilibre du cadre macro-économique.

Bref, la situation économique, financière et monétaire de la RDC est catastrophique. Au gouvernement, on ne se voile plus la face. En découvrant les réalités des chiffres, le Premier ministre, Bruno Tshibala, s’est rendu compte de la gravité de la situation et il tente de se raviser.

Selon des indiscrétions parvenues à notre rédaction, aux termes d’une note technique préparée par son directeur de cabinet,  le Premier ministre peint un tableau sombre de la situation économique de la RDC. Au niveau du gouvernement, c’est désormais une course contre la montre qui est engagée. Tout est mis en place pour sauver les meubles. Mais, comment y arriver lorsque la RDC ne peut pas mobiliser des moyens nécessaires pour couvrir ses urgences. A la Primature, c’est la piste extérieure qui est mise en valeur. C’est la priorité et cela urge. Dans un contexte de rupture depuis novembre 2012 de tout accord formel avec les institutions de Brettons Woods (FMI et Banque mondiale), le gouvernement s’est trouvé véritablement coincé.

Dans cette note technique, le gouvernement implore le soutien des bailleurs des fonds pour aider la République démocratique du Congo à couvrir le déficit chronique de sa balance des paiements. Autrement dit, la RDC est en difficulté de financer ses principaux engagements financiers. Avec l’asséchement des réserves internationales du pays qui, selon des sources internes de la Banque centrale du Congo, sont estimées 706 millions Usd à fin juin 2017, soit à peine trois semaines d’importations des biens et services sur fonds propres, le gouvernement est conscient du risque de cessation des paiements qu’encourt le pays. La survie passe par des appuis budgétaires des bailleurs des fonds de Washington.

Aveu d’impuissance

Au point C de la note technique du directeur de cabinet du Premier ministre consacré à « Ce que la RDC attend de la communauté internationale », le gouvernement sollicite urgemment l’accompagnement des « ses partenaires traditionnels » pour un soutien à la Balance des paiements et des interventions ponctuelles dans le cadre du budget de l’Etat. « Le gouvernement d’union nationale a besoin de l’accompagnement de la communauté internationale et donc de ses partenaires additionnels. Au regard de la conjoncture actuelle, il attend spécialement de ceux-ci un appui à la balance des paiements et des appuis budgétaires pour lui permettre de faire face aux difficultés économiques actuelles provoquées par l’effondrement des cours des matières premières sur le marché mondial », écrit le cabinet du Premier ministre.

Le gouvernement ne manque pas d’arguments. Dans sa note, le directeur de cabinet du Premier ministre rappelle qu’« à l’heure actuelle, la RDC se trouve dans la phase de parachèvement de l’accord du 31 décembre 2016. Après la mise en place du gouvernement d’union nationale, il reste celle du CNSA qui est en cours de réalisation ». Ce qui, selon lui, devrait convaincre les bailleurs des fonds à apporter tout leur soutien au gouvernement en vue de l’aider à faire face aux urgences aussi bien en termes de financement des élections que du rééquilibrage du cadre macro-économique.

Acte de repentance

En réalité, la note du directeur de cabinet du Premier ministre brise la glace du discours souverainiste et de non-ingérence maintes fois embouché par de principaux ténors de la majorité au pouvoir. En accédant au pouvoir, le Premier ministre a été vite rattrapé par la réalité des faits. Avec un budget de près de huit milliards Usd qu’il a fait adopter au Parlement sur fond de protestation, Bruno Tshibala se rend compte aujourd’hui qu’il lui sera pratiquement difficile d’atteindre cette barre. Dans un contexte de rétrécissement de l’activité économique, les prévisions inscrites dans le budget 2017 se sont révélées, comme l’avaient prédit certains analystes, totalement irréalisables. Chassez le naturel, il revient au galop, dit-on. C’est la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le Premier ministre Bruno Tshibala. Parviendra-t-il à convaincre les bailleurs des fonds de Washington ? C’est peu probable. En effet, les chances du Premier ministre sont pratiquement dérisoires. On voit mal les bailleurs des fonds de Washington accéder à cette demande. De nombreuses pesanteurs plombent l’action du Premier ministre Tshibala.

A première vue, le contexte de sa nomination, après que le président de la République ait contourné l’accord politique du 31 décembre 2016, ne joue pas en sa faveur. On se souvient que, juste après sa nomination au poste de Premier ministre, Bruno Tshibala a essuyé des critiques de toutes parts. De nombreux pays, notamment ceux de l’Union européenne, avaient ouvertement fustigé les mobiles de sa nomination. Dans les rangs de la communauté internationale, la légitimité de son gouvernement est un sérieux handicap dont Bruno Tshibala n’est pas prêt de s’en débarrasser.

C’est dire qu’au regard des bailleurs des fonds, négocier avec Tshibala, c’est autrement dit reconnaitre sa légitimité, alors que ce dernier est boudé dans différentes chancelleries occidentales.

En dehors des contingences politiques qui pèsent sur Tshibala, il y a ce passé troublé des rapports entre le FMI et la RDC qui n’a jamais été vidé. On se rappelle qu’en novembre 2012, après une série d’arbitrages et de conciliabules, le FMI est arrivé à l’évidence de mettre brutalement fin à tout accord formel avec la RDC. C’était la fin du PEG 2 (second Programme économique du gouvernement). En raison d’une opacité dans les contrats soignés par la Gécamines, le FMI a rompu tout programme avec la RDC, bloquant ainsi la voie à toute forme d’appuis budgétaires dans le cadre du soutien à Balance des paiements. Cinq ans après, la RDC n’a jamais renoué avec le FMI. Ses rapports avec le FMI se limitent juste à son statut de membre du FMI. Ainsi en RDC, les interventions du FMI sont circonscrites strictement dans le cadre étriqué d’une assistance technique, sans contrepartie en termes d’un quelconque appui budgétaire.

Qu’est-ce à dire ? En termes clairs, la RDC ne peut pas prétendre à des fonds du FMI tant qu’elle n’a pas renoué formellement avec le FMI. Or, pour y arriver, la RDC doit se soumettre à une série de préalables qui incluent la bonne gouvernance et une nette transparence de ses ressources naturelles.

Pari difficile

Est-ce que Bruno Tshibala a la capacité de réunir ses préalables en un temps record ? Ce n’est pas évident. Ce qui éloigne tout à coup tout appui budgétaire aussi bien du FMI que de la Banque mondiale. C’est dire que le Premier ministre devra boire sa coupe jusqu’à la lie. La Majorité parlementaire qui a donné son quitus au budget 2017, alors que celui-ci était en tout point irréalisable, à en croire plusieurs spécialistes, devrait afficher un profil bas. Elle a laissé Bruno Tshibala seul aux manettes, seul devant son destin. Mais, par absurdité, celui-ci a le devoir de répondre au vœu du même Parlement.

Pas évident que Bruno Tshibala trouve grâce devant les bailleurs des fonds. Sans doute, les difficultés devraient s’accumuler, rendant de plus en plus difficile son mandat.

A tout prendre, le Premier ministre doit avoir le courage de dire la vérité. Il a menti aussi bien au peuple qu’au Parlement. La réalité des chiffres l’a vite rattrapé. Pendant ce temps, le peuple, démuni, voit chaque jour qui passe son maigre pouvoir d’achat s’effriter dans un contexte économique à perpétuelle dégradation.

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