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Report des élections : Corneille Nangaa, le bouc-émissaire

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

C’est à Paris dans les locaux de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) que Corneille Nangaa, président de la Ceni, a annoncé pour la première fois, « l’impossibilité » de tenir les élections en 2017. Pris en otage par, d’un côté une Opposition insouciante et, de l’autre, une majorité au pouvoir qui joue son va-tout, Nangaa se trouve dans une position indélicate. La classe politique a fait de lui le bouc-émissaire, devant porter la responsabilité du glissement du processus électoral.

Pas facile de se trouver à la place de Corneille Nangaa, président de la Céni, en cette période préélectorale. Alors que sur le terrain, les opérations d’enrôlement et d’identification des électeurs évoluent à pas de tortue, à la Céni, l’on s’active encore à boucler toutes les étapes préalables pour des scrutins propres.

Selon un document interne de la Céni faisant état d’« activités électorales et délais critiques », dont une copie est parvenue à notre Rédaction, la Céni décrit un certain nombre de scénarios se rapportant au processus électoral. De ce document, on retient essentiellement que la Céni aura besoin d’un « délai critique » de 621 jours, pouvant être ramené à un « délai compressé » de 504 jours dès la clôture définitive des opérations d’enrôlement pour éventuellement définir un calendrier électoral réaliste.

En ce qui concerne les activités postélectorales, incluant « le ramassage des bulletins et l’agrégation des résultats », la Céni mise sur un « délai critique » de 102, à compter du jour du scrutin, contre un « délai compressé » de 87 jours.

Vu sous cet angle, il persiste encore au niveau de la Céni d’importants préalables à vider, avant que la centrale électorale ne produise un calendrier électoral réaliste. Pour le moment, la Céni tente de boucler difficilement le processus d’enrôlement des électeurs. Pour la seule ville de Kinshasa, les opérations marquent le pas. Il n’est pas évident que le délai de fin juillet 2017 soit tenu pour clôturer totalement ces opérations sur l’ensemble du territoire national. D’autant que l’on mise sur au moins 35 millions d’électeurs.

Le pavé dans la mare

Depuis toujours, l’ombre d’un report planait sur les scrutins prévus fin décembre 2017, suivant les prescrits de l’Accord politique du 31 décembre 2016. Aujourd’hui, il est établi que les échéances prévues dans l’accord ne seront pas respectées. Et c’est à Paris, devant l’Organisation internationale de la Francophonie, que le président de la Céni a franchi le Rubicon.

« C’est impossible d’organiser les élections cette année, mais nous devons évaluer avec le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral, comme le dit l’Accord de la Saint-Sylvestre avant de prendre une décision d’extension », a déclaré vendredi dernier au siège de l’OIF à Paris le président de la CENI. L’annonce a eu l’effet d’une bombe, dans l’opinion. De go, la classe politique est sortie de ses gonds.

Du côté de la Majorité présidentielle, Léonard She Okitundu, ministre des Affaires étrangères, a jugé réalistes et responsables les déclarations du président de la Céni, estimant que « ce qui retarde le processus électoral, c’est la situation au Kasaï, où il a été suspendu ».

Au Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, son président, Félix Tshisekedi, a promis une réaction de sa plateforme aujourd’hui lundi. D’ores et déjà, il a fait observer qu’en décrétant le report des élections au-delà de 2017, « Corneille Nangaa a déclaré la guerre au peuple congolais ».

Le Ponce Pilate

Président de la Céni, Corneille Nangaa se trouve dans une situation inconfortable. En réalité, depuis le dialogue de la cité de l’Union africaine et celui du Centre interdiocésain, Corneille Nangaa a été au centre de tous les échanges. En rapport avec le processus, toutes les critiques sont orientées contre lui.

A divers moments, c’est sur lui que le président de la République, Joseph Kabila, s’est rabattu pour justifier un éventuel report des échéances prévues selon le chronogramme tracé dans l’Accord du 31 décembre 2017. « Il revient à la Commission électorale d’organiser les élections dans ce pays –chose que beaucoup oublient. Nous avons une commission indépendante qui, selon notre Constitution, a le mandat d’organiser les élections », avait relevé le chef de l’Etat dans sa dernière interview au magazine allemand, Der Spiegel. 

Aujourd’hui, devant toutes les difficultés qui s’accumulent dans la marche des opérations électorales, Corneille Nangaa est arrivé à l’évidence d’annoncer à l’avance le report des scrutins prévus en décembre 2017. Pouvoir organisateur des élections, la Céni pense, de cette manière, mobiliser la classe politique à se ressaisir pour donner lui  donner occasion de travailler sereinement sur le processus électoral.

Mais à ce jour, c’est vers Corneille Nangaa qu’on se tourne pour tout ce qui concerne le processus électoral. Nangaa est-il le seul responsable du glissement du processus électoral ? A première vue, ce n’est pas le cas. Car, à dire vrai, Corneille Nangaa est, bon gré mal gré, obligé de porter le chapeau. Il joue un mauvais rôle. Il se trouve dans un décor où on l’oblige de se mettre en avant, alors qu’en réalité,  tout le monde, aussi bien dans la Majorité au pouvoir que de l’Opposition, travaille pour lui rendre la tâche difficile.

Corneille Nangaa aurait-il la chance de sortir indemne des écueils qui plombent le processus électoral ? Ce n’est pas évident qu’il en sorte sans subir quelques égratignures.

Dans la configuration actuelle du processus électoral, Nangaa est la cible de toutes les attaques lancées contre la Centrale électorale. Ce qui est tout à fait normal, au regard de son étiquette de président. Institution citoyenne jouissant d’une indépendance, au regard de la loi, la réalité est tout autre dans la pratique. En fait, Nangaa est lié. Il n’a pas les mains libres dans l’exercice de sa mission. Il est pris en étau entre l’Opposition et la majorité au pouvoir. La première, pour des besoins de positionnement et de boulimie, a offert le flanc à son adversaire qui s’est tout de suite frotté les mains. Car, le Rassemblement des forces politiques sociales acquises au changement créé à Genval (Belgique) en juin 2016, à l’initiative d’Etienne Tshisekedi, a éclaté en deux branches. La mort de ce dernier a été célébrée comme une aubaine par une MP qui a eu la facilité de débaucher ceux qui avaient une faim de loup.

Quid ? Pour avoir soutenu et porté et soutenu sa candidature, la MP tient Corneille Nangaa aux couilles. Malheureusement, lorsque la machine électorale grippe, seul Nangaa en porte l’entière responsabilité. Sa seule voie de sortie est de prendre son courage à deux mains en faisant toute la lumière sur le processus électoral en révélant toutes ces ingérences et autres influences non apparentes qu’il subit. Se retrancher derrière le rôle de technicien ou d’expert ne suffit plus. C’est de cette manière qu’il peut sauver sa peau et ne pas s’attirer la furie politique qui le tient pour seul et unique responsable des blocages répétitifs du processus électoral.

La Céni doit briser la glace et dire toute la vérité sur le processus électoral congolais. Il s’agit de clamer tout haut la vérité, rien que la vérité. L’histoire électorale récente de la RDC renseigne qu’en 2011, à peine porté à la tête de la Céni, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda n’a disposé que d’un délai étriqué de quelques mois pour organiser les élections de novembre 2011. Ces scrutins ont été certes entachés de graves irrégularités que tout le monde a dénoncées par la suite, mais le fait de les organiser prouvait qu’il était possible, avec un peu de volonté politique, d’organiser les élections dans ce pays. Ce que la Céni de Corneille Nangaa n’a pas été en mesure de faire en 2016.

Une énigme reste à élucider au niveau de la Céni. Il s’agit de libérer le processus électoral de toutes les pesanteurs dans lesquelles l’enferme la classe politique. C’est cette classe politique, principalement la majorité au pouvoir, qui pousse la Céni et son président à jouer un rôle qui n’est pas le leur, c’est-à-dire tout mettre en œuvre par des subterfuges techniques pour justifier un éventuel report des élections.

Il est bien visible que Nangaa n’est pas le problème. La déroute du processus électoral tient au calcul malsain et politicien de la MP qui, depuis le dialogue de l’UA jusqu’à celui du Centre interdiocésain, ne s’est jamais inscrit dans la logique de la tenue d’élections avant trois ans ; à compter de 2017. Le revers de la médaille est que le schéma de la MP expose à la vindicte populaire la Céni et son président. C’est un bouc-émissaire qui est livré en pâture pour des objectifs s’inscrivant dans le sempiternel projet de glissement du cycle électoral ; un projet sur lequel la MP a juré de s’accrocher jusqu’au bout.

Jusqu’où ira Corneille Nangaa ? Difficile à dire. Sans doute, tôt ou tard, le président de la Céni se déchargera du lourd fardeau qui l’écrase en disant tout haut ce qui plombe le travail de la Céni. On n’est plus loin d’un tel scénario, prédit-on dans certains milieux spécialisés. 

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