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Jammeh

Écrit par Ben-Clet. Publié dans Apostrophe

Yahya Jammeh, ex jeune potentat ouest-africain, découvre le chômage après avoir jeté en enfer des milliers de Gambiens innocents. Avec du recul, les Apostropheurs apprécieront, dans l’entretien avec Jeune Afrique, ses états d’âme huit mois avant sa chute et sa fuite.

Jeune Afrique : Vous êtes déjà au pouvoir depuis vingt-deux ans et vous vous représentez à la présidentielle de décembre 2016…

Yahya Jammeh : Je serai président aussi longtemps que Dieu et mon peuple le voudront…

J.A. : La volonté du peuple et celle de Dieu sont donc vos seules limites ?

Y.J. : Non. Il y a une limite d’âge dans la constitution gambienne, qui m’empêchera un jour de me représenter. C’est 65 ou 70         ans… En revanche, nous n’avons pas de limitation du nombre de mandats.

J.A. : Pourquoi ?

Y.J. : Parce que si les gens veulent limiter le nombre de vos mandats, ils n’ont qu’à cesser de voter pour vous. (…) Prôner la limitation des mandats en Afrique, c’est prôner l’instabilité. Cela n’arrivera pas en Gambie, même si les Occidentaux en font leur cheval de bataille... Qui sont-ils pour nous demander ça ?

J.A. : Un responsable (d’un parti d’opposition) est mort mi-avril après avoir été placé en détention. Amnesty International et l’ONU réclament l’ouverture d’une enquête. Allez-vous y consentir ?

Y.J. : Non. Ban-Ki-moon et Amnesty International peuvent aller en enfer. Qui sont-ils pour exiger cela ? Pourquoi ne demandent-ils pas aux USA d’ouvrir des enquêtes sur tous ces Noirs qui sont tués par la police ?

J.A. : Comment réagissez-vous lorsqu’on vous qualifie de dictateur ?

Y.J. : J’en suis fier. (…) Appelez-moi dictateur si vous le voulez, mais je ne suis qu’un dictateur du développement.

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