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France : Emmanuel Macron, le président « jupitérien »

Écrit par Robert Kongo, correspondant en France. Publié dans Internationale

Emmanuel Macron a donné, en l’espace d’un mois, le ton de la présidence qu’il entend incarner, tournant ostensiblement le dos aux quinquennats Hollande et Sarkozy et renouant avec le statut de chef de l’Etat « jupitérien » des années De Gaulle et Mitterrand. Mais que se cache-t-il derrière cet adjectif ? Pourquoi convoquer ces deux illustres présidents ?

Depuis son élection à la présidence de la République française, Emmanuel Macron multiplie les prises de distance avec Nicolas Sarkozy et François Hollande en matière de gouvernance. 

« Je ne crois pas au président normal. Les Français n’attendent pas cela. Au contraire, un tel concept les déstabilise, les insécurise […] la fonction présidentielle doit être exercée par quelqu’un qui, sans estimer être la source de toute chose doit conduire la société à force de convictions, d’actions et donner un sens clair à sa démarche. » 

C’est dans un entretien paru le 16 octobre 2016 dans « Challenges » qu’Emmanuel Macron, alors candidat à l’Elysée, livre pour la première fois sa perception de ce que doit être un président. Il s’y montre très critique de l’exercice du pouvoir sous le quinquennat Hollande, opposant au président « normal », François Hollande,  et à l’ « hyperprésident », Nicolas Sarkozy, un chef « jupitérien » qu’il souhaite incarner.

Pour le plus jeune président de la Ve République, De Gaulle et Mitterrand, deux monarques républicains, sont des modèles en la matière. 

Il y a eu toute une série de symboles le soir de son élection, et même avant, des références subliminales à De Gaulle et Mitterrand. Avec son élection, on est dans une sorte de retour aux sources de la Ve République.

De la hauteur et de la parole rare

D’après la définition du Larousse, Jupiter était tout-puissant dans l’esprit des Romains : « Dieu père et Dieu du ciel, il est devenu le Dieu principal et souverain et fut assimilé au Zeus grec ». Emmanuel Macron doit donc prendre garde à ce que sa comparaison ne confine pas à la mégalomanie.

Pour se garder d’une telle interprétation, le président Macron a précisé voir dans cette figure celle d’un président qui adopte une certaine hauteur de vue : «  Je ne veux pas être le président du quotidien, de l’anecdote, je ne veux pas intervenir sur tous les sujets », expliquait-il au micro d’Europe1 avant son élection.

Pour Emmanuel Macron, « la parole doit se faire rare pour qu’elle soit attendue ». C’est en quelque sorte un retour à une certaine normalité, à ce que doit être un président sous la Ve République.

En tant secrétaire général de l’Elysée, il a été échaudé par l’épisode Leonarda où François Hollande avait été brocardé pour s’être directement mêlé du dossier de cette jeune collégienne kosovare expulsée avec sa famille du territoire français.

Fort de cette expérience, Emmanuel Macron  ne veut pas « entamer sa crédibilité dans des querelles intestines de ses ministres pour rester au-dessus de la mêlée ». Il veut plutôt occuper pleinement sa place et rester à son niveau sans empiéter sur celles de ses ministres afin de ne pas les affaiblir, et de ne pas s ' affaiblir lui-même, par ricochet.

Un cap de long terme

Ce retour à la normalité est également perceptible dans le fonctionnement du gouvernement. Emmanuel Macron l’a dit, il ne sera pas le chef de la majorité. Il entend revenir à la lettre de la Constitution de la Ve République et laisser son Premier ministre administrer les affaires courantes.

« Le président préside, il ne gouverne pas », a répété à plusieurs reprises Emmanuel Macron lors de la campagne. « Le président fixe la stratégie, donne un cap de long terme : le Premier ministre arbitre sur le quotidien et le moyen terme », a-t-il distingué lors du premier Conseil des ministres du quinquennat jeudi 18 mai.

Reste à déterminer si ce « retour aux sources » de la Ve République tiendra sur la durée et face aux difficultés. Est-ce possible à une époque où, contrairement à De Gaulle et Mitterrand, il y’ a l’information en continu et il y’a les réseaux sociaux ? Seul l’avenir le dira.

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