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Cinq questions à Lambert Mende (*)

Écrit par Tirées de RFI le . Publié dans 5 Questions à...

1. Plus de 40 fosses communes, des vidéos de meurtres à bout portant, comment réagissez-vous aux multiples témoignages sur les violences criminelles commises par les forces de sécurité dans le Grand Kasaï depuis dix mois ?

Vous allez un peu vite en besogne,  commises par les forces de sécurité, je n’ai pas encore vu un jugement qui désigne un responsable de ces meurtres. Nous attendons avec impatience les résultats des enquêtes judiciaires et des procédures qui sont en pleine session. Je pense qu’il n’y a que des juges qui peuvent désigner les coupables de ces atrocités que nous déplorons tous.

2. Mais, dans ces atrocités que vous dénoncez vous aussi, on voit bien que l’armée tire à balles réelles sur des miliciens qui, pour la plupart, sont désarmés ?

C’est encore vous qui le dites, je ne sais pas d’où vous avez ces sources. Nous attendons que la justice militaire nous dise qui a tiré sur qui pour pouvoir déterminer la culpabilité des uns et des autres. En fait, il faut être patient et arrêter de faire de la politique avec la justice. Je ne sais pas si les questions dont nous parlons relèvent de manifestations. Nous avons eu des informations sur des groupes terroristes qui ont été constitués au Kasaï Central. Nous avons eu des images atroces sur lesquelles nous cherchons des résultats de la justice. Mais encore une fois, je me demande où monsieur Campbell a eu des informations, et nous lui recommandons vivement de les mettre à la disposition de la justice congolaise. J’ai l’impression qu’il est en train de faire une sorte de juridiction parallèle à nos juridictions qui sont en train de travailler. Nous espérons qu’il ne se venge pas des ennuis qu’il a eus avec notre administration de l’immigration, avec qui il a eu maille à partir lorsqu’il a été éjecté de notre pays, peut-être pour ce type de comportement.

3. Une vidéo de l’un des massacres a été diffusée à Mwanza Lomba en décembre dernier. Un procès vient de s’ouvrir où neuf militaires congolais sont poursuivis. Est-ce à dire que oui des atrocités ont été commises par les forces de sécurité congolaise ?

Mais nous devons attendre que la justice désigne les coupables. Je sais qu’il y a effectivement une procédure qui est en cours devant la Cour supérieure militaire de Mbuji-Mayi et contre des militaires que l’on reconnaît sur cette vidéo de Mwanza Lomba. Ils ont été tous arrêtés, ils ont été déférés devant la justice. Il n’appartient pas à quelqu’un d’autre que la justice de désigner des coupables. Certainement, il y a des militaires qui sont suspects d’atrocités devant la Cour supérieure militaire de Mbuji-Mayi, tout comme il y a des terroristes suspects d’atrocités qui comparaissent devant la Cour militaire supérieure de Kananga.

4. Pourquoi le massacre de Mwanza Lomba est le seul, aujourd’hui, à faire l’objet d’une procédure ?

Vous savez que le temps de la justice, ce n’est pas le temps du politicien, ce n’est pas le temps du journaliste. Pour qu’un dossier puisse être porté devant les cours et tribunaux, il faut absolument que le parquet ait terminé ce qu’on appelle la phase d’instruction pré-juridictionnelle. Je ne vois pas pourquoi il doit en être autrement en République démocratique du Congo, sauf si on veut simplement faire du « Congo bashing ».

5. Et quand le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme dit que, vu le nombre de fosses communes qui ont été découvertes, plus de 40 à l’heure actuelle, il faut des enquêtes élargies et approfondies. Est-ce que vous êtes d’accord ?

Mais, nous sommes d’accord d’être soutenus par toutes les bonnes volontés, y compris le Haut-commissariat aux Nations unies pour les droits de l’Homme, mais à condition que cela soit fait conformément à la procédure régie par le droit judiciaire congolais. Et nous attendons que cette enquête, qu’ils appellent une enquête conjointe, soit plutôt un soutien aux efforts de la justice congolaise. Cela en vue d’identifier les responsables de ces atrocités et pour permettre aussi que la sanction puisse passer. Sachez que s’il y a mille fosses communes, il y aura aussi mille procédures et nous n’arrêterons pas de faire des procédures tant que nous n’aurons pas le fin mot sur ces atrocités qui ont déstabilisé sérieusement la partie centrale de notre pays. On peut se poser des questions. Pourquoi des gens qui ont commis des crimes de guerre en 1945 n’ont pas encore définitivement comparu devant des juridictions ? Je vous explique que le temps judiciaire n’est pas le temps du politique. Laissons la justice travailler. Il ne suffit pas de soupçonner quelqu’un pour que l’on puisse tirer les conclusions en ce qui concerne sa culpabilité. Il faut qu’un juge ait prononcé sa culpabilité. Je sais que beaucoup de gens racontent n’importe quoi sur la RDC, mais quelqu’un qui est inculpé, généralement il est en détention préventive. En droit français, la responsabilité collective n’existe ni en droit congolais ni en droit américain. Donc, ne me parlez pas d’unité, parlez-moi d’individus.

 

(*) Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement

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