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Isidore Ndaywel présente son livre « L'invention du Congo contemporain »

Écrit par B. Ipan le . Publié dans Culture

L’auteur, qui relaie le professeur Yoka Lye, estime que pendant 57 ans, la RDC se présente encore comme un manuscrit palimpseste. Sa réinvention se situe non seulement dans le passé mais aussi et surtout au présent. 

Le professeur, historien et linguiste congolais Isidore Ndaywel è Nziem a présenté, hier jeudi 15 juin, les tomes I et II de son livre intitulé «L'invention du Congo contemporain. Traditions, mémoires, modernités », paru en 2016, aux éditions L’Harmattan, à Kinshasa. La cérémonie s’est déroulée à la Délégation Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, en présence des journalistes congolais.

Le premier tome de l’ouvrage édité en 264 pages et préfacé par Martin Kalulambi Pongo, peut être lu de deux manières. D’abord, comme un essai politique offrant une critique démystificatrice des formes contemporaines de gestion politique depuis l'indépendance. Ensuite, comme une étude d'histoire des procédures de réinvention du Congo dans sa « modernité » postcoloniale.

Le professeur Ndaywel précise que l’érudition académique de son livre ne dépouille pas celui-ci de sa facture didactique, dans la mesure où elle parvient à restituer le passé tout en donnant la clé du présent. Pour lui, les aspects symboliques et culturels jouent un rôle beaucoup plus discret que les aspects de la vie politique qui se prêtent au calcul, aux échanges mesurés ou au discernement de symétries comportementales.

L’auteur considère le passé et la mémoire comme sites d'affrontement entre l'État et la société qui conservent un pouvoir de construction de la réalité, du pouvoir et de la légitimité. Or, parmi les grandes questions qu'affronte la société congolaise d'aujourd'hui figure celle de savoir comment améliorer l'art de gouverner et reconfigurer le rapport de l'individu à l'État.

Se restituer dans l’histoire propre

Au regard des lectures que donne ce livre et face aux enjeux actuels, l’historien soutient que cette question n’appelle pas moins un renouvellement d’envergure de la gestion du pouvoir, de l’art de gouverner, dans des conditions de l’«être-ensemble » comme la nécessité, pour les Congolais, de se restituer dans leur histoire propre.

Dans le deuxième tome, édité en 287 pages, le professeur Isidore Ndaywel indique que les séquences de l'Histoire congolaise révélées enseignent à qui sait les interroger ce qu'il convient de faire, les pièges où ne pas tomber. Elles sont, en particulier, l'école de l'homme politique qui est assuré d'y rencontrer, s'il le veut bien, le modèle à suivre ou encore l'exemple à éviter, la faute à ne pas commettre, etc., pour tous les Congolais, un répertoire autant sensible, qu’ils ne consulteront jamais en pure perte.

Né le 7 février 1944 à Ipamu, dans l’ex-province du Bandundu, Isidore Ndaywel è Nziem est professeur, historien et linguiste congolais. Il enseigne l’histoire à la faculté des Lettres et Sciences humaines à l’Université de Kinshasa. Il a enseigné également à l’Université de Lubumbashi, à l’Université Marien Ngouabi à Brazzaville (de 1977 à 1978) et à l’Université Laval du Québec (de 1984 à 1985).

En France, il a dirigé de 1993 à 1997, l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) puis travaillé comme chercheur au Centre d'études des mondes africains (CEMAF) de l'Université Paris I.

En Belgique, il est membre correspondant de l'Académie royale des sciences d'Outre-mer. Directeur général honoraire de la Bibliothèque nationale du Congo et directeur des langues et de l'écrit à l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (1999 à 2004), il a été le commissaire général du comité national d'organisation du XIVe Sommet de la Francophonie (Kinshasa, 11 et 12 octobre 2012). Il est auteur de plusieurs essais, études et ouvrages sur l’histoire du Congo dont« L'histoire générale du Congo : de l'héritage ancien à la République démocratique » (1998).

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