A la Une

La nouvelle feuille de route du Rassemblement

La nouvelle feuille de route du Rassemblement

Le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a finalement clôturé,...

Prix de la trahison

Prix de la trahison

La Cénco avait pleinement raison dans son dernier message : Le pays va très mal, Debout...

2ème conclave de l’Opposition à Kinshasa : le Rassemblement vise l’alternance

2ème conclave de l’Opposition à Kinshasa : le Rassemblement vise l’alternance

Sorti groggy de la mise en application de l'Accord de la Saint-Sylvestre, le Rassemblement a...

La SADC recommande à la Céni de publier un calendrier électoral consensuel

La SADC recommande à la Céni de publier un calendrier électoral consensuel

La situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo a encore une fois été...

Sortie de crise en RDC : Majorité et Opposition font une interprétation sélective de l’article 64

Sortie de crise en RDC : Majorité et Opposition font une interprétation sélective de l’article 64

Dans l’incertitude d’organiser des élections apaisées, l’Opposition et la Majorité présidentielle...

Imprimer

Session de mars 2017 : le Parlement esquive toutes les questions essentielles

Écrit par Le Potentiel.

Le Parlement de la République n’a pas été le temple de la démocratie au cours de la session de mars 2017, clôturée hier jeudi 15 juin sans tambour ni trompette. Durant cette session, les députés nationaux et sénateurs ont booté en touches toutes les questions majeures qui se posent au pays. Les élus directs de la population, comme les députés nationaux aiment s’identifier, et les sages de la Chambre haute, ont plutôt été au service du régime qu’à celui de la nation congolaise qu’ils sont censés représenter à l’hémicycle.

C’est la preuve, pour ceux qui doutaient encore, que le Parlement congolais continue à être inféodé au diktat de la Majorité présidentielle (MP). Pourtant, en l’absence d’élections dans les délais constitutionnels en 2016, la gestion du pays devrait, désormais, se faire dans la concorde nationale et conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre conclu sous la médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco). Que nenni ! La famille politique du président de la République continue à tout régenter au profit de ses seuls intérêts machiavéliques.

Sous le diktat de la MP

Placées dans ces conditions, les deux Chambres du Parlement ont alors esquivé toutes les questions vitales pour la survie de la nation congolaise. La preuve est que la crise politique perdure entre la Majorité et le Rassemblement. Le Parlement congolais a validé le gouvernement Tshibala, pourtant qualifié d’« entorse » à l’Accord de la Saint-Sylvestre par les évêques de la Cénco. L’Assemblée nationale, contrôlée par la Majorité présidentielle, a torpillé même l’Accord de la Saint-Sylvestre jusqu’à pondre un « Arrangement particulier du Palais du peuple », signé  le 27 avril 2017, en marge de la dynamique du Centre interdiocésain.

A l’issue de cette session de mars 2017, le processus électoral demeure incertain avec la tenue de premières élections dont la présidentielle et les législatives nationales et provinciales en décembre 2017, conformément à l’Accord du 31 décembre 2016. La révision de la loi électorale et la loi sur la répartition des sièges n’ont pas été examinées au cours de cette session. Ces deux lois sont essentielles dans la matérialisation de prochaines élections. Sans une session parlementaire extraordinaire, ces lois essentielles ne pourraient être traitées qu’en la session de septembre. Dès lors, il sera quasiment impossible de tenir la première échéance de décembre 2017.

De même, la loi sur l’organisation et le fonctionnement du Conseil national de suivi de l’Accord n’a pas été examinée. Le CNSA, c’est l’institution qui doit veiller au chronogramme du processus électoral.

Un autre sujet brûlant que les parlementaires congolais ont esquivé, ce sont les tueries du Kasaï. Alors que le monde entier est ému par cette tragédie, les deux Chambres du Parlement ont quasiment banalisé ce drame. Pendant que les Nations unies, les Etats-Unis, l’Union européenne, la Suède se bousculent pour mener une enquête indépendante et crédible, l’Assemblée nationale et le Sénat n’ont pas daigné s’obliger, outre mesure, de connaître toute la vérité sur la tragédie du Kasaï. Aucun membre du gouvernement n’a été sanctionné par le Parlement sur les tueries du Kasaï. Pourtant, le député national Delly Sesanga a recensé plus de 3 000 morts dont les deux experts onusiens. Les agences humanitaires estiment à 1,3 million de déplacés dans l’espace Kasaï et 30 000 réfugiés recueillis en Angola. Le Parlement congolais n’a jamais opté pour une enquête parlementaire sur cette tragédie.

Ce sont les mêmes parlementaires qui ont voté à la va-vite le projet de budget 2017, proposé par Bruno Tshibala. Pourtant, cette loi de finances a été faite sur base des projections, jugées « irréalistes » par le FMI, dans le contexte de crise politique actuelle de la RDC. Le Parlement a endossé, sans sourciller, ce budget 2017 que  Le Potentiel a qualifié de « Mensonge d’Etat ».

Complaisance  

Tout aussi, les députés nationaux et les sénateurs n’ont pas pris le courage de sanctionner le ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, par une motion de censure dès les premières évasions des prisonniers de Makala le 17 mai dernier. L’histoire retiendra que le Parlement congolais a clôturé sa session de mars 2017 sans sanctionner le ministre de la Justice, malgré la dernière vague d’évasions à la prison centrale de Kangbayi à Beni (930 évadés) et au cachot du parquet de grande instance de Makala (17 évadés), le week-end dernier.

La posture affichée par les parlementaires congolais est aux antipodes de leur mission constitutionnelle. La Majorité qui contrôle les deux Chambres du Parlement n’a qu’une obsession : retarder le plus longtemps possible la tenue d’élections de manière à prolonger le bail de son autorité morale au Palais de la nation, en violation de la Constitution. Pire, la Majorité qui contrôle l’Assemblée nationale et le Sénat protège des individus, ministres soient-ils, qui persécutent la démocratie et violent massivement les droits humains. Au point que ce sont des partenaires extérieurs de la RDC qui sanctionnent des personnalités congolaises coupables des violations des droits humains et qui entendent bloquer net la démocratisation en RDC.

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Articles récents

Alors que l’économie du pays se dégrade, un rapport de Global Withness fait état de près de 750 millions Usd échappés au trésor public de la RDC entre 2013 et 2015. Avant toute reprise de la...