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France: les premiers pas réussis de Macron sur la scène internationale

Écrit par Robert Kongo, correspondant en France le . Publié dans Internationale

L'Otan et le G7, la semaine passée. Poutine lundi. Le menu est copieux, mais l'homme a de l'appétit. Pour son baptême de feu diplomatique, un domaine dont il a une faible expérience, Emmanuel Macron est en train de passer un test, jusqu'ici plutôt réussi.

A Bruxelles comme à Taormina, le nouveau président français a très vite imprimé un nouveau style et a fait des débuts plutôt réussis sur la scène internationale. D'abord par le langage du corps. La presse américaine a beaucoup glosé, le week-end dernier, sur sa désormais célèbre poignée de main avec Donald Trump, pris à son propre piège par le jeune premier venu de Paris.

Les gestes comptent. Dans la vie quotidienne et donc, à fortiori, dans la vie politique. Emmanuel Macron, qui a d'ordinaire la poignée de main assez ferme, avait manifestement préparé son coup. Il mesurait parfaitement combien l'autorité ne s'explique pas, elle se constate. Les professeurs en savent quelque chose. Alors, quoi de mieux qu'une ferme poignée de main, en mondovision, pour le dire?

Mais on aurait tort de se limiter à l'anecdote. L'attachement au style que porte le nouveau président français n'est pas de pure forme. Il n'est pas non plus réductible au seul tropisme monarchique qui habiterait  la fonction présidentielle dans un pays qui a coupé la tête à son roi. C'est une approche politique de la fonction.

En moins de trois semaines, il a pris une posture solennelle. On l'a déjà observé dans l'Hexagone. Contrairement à ses deux prédécesseurs (Sarkozy et Hollande), qui avaient cru bon de personnaliser leur rôle, le nouveau président, lui, tient manifestement à restaurer la fonction. La jeunesse n'interdit pas le classicisme.

« Rétricoter un système multilatéral efficace »

A cela de bonnes raisons. Les institutions, et les fonctions , ont une histoire, un langage. Les ignorer , c'est s'exposer. N'a-t-on pas retenu , des deux précédents mandats, un yacht et un scooter comme marques distinctives? Respecter ce langage, c'est offrir la possibilité de s'en servir. Emmanuel Macron, par ses lectures et sa formation humaniste, le savait. Il le pratique désormais, conscient de la curiosité que suscite l'alliage de la jeunesse audacieuse et de la fonction ancestrale. A l'international, le style compte aussi.

Le style, toutefois, n'est pas tout. Le moment est déterminant. Emmanuel Macron bénéficie d'un étrange trou d'air dans les relations internationales, avec une Amérique en stand-by, comme sur une ligne d'attente. Washington a des exigences vis-à-vis de ses alliés, mais n'a plus de projet commun.

Le moment est donc propice aux idées neuves. Macron sait que son élection même vient de stopper, sans la conjurer totalement, la peur diffuse d'un repli sombre, d'un hiver nationaliste. Les leaders du G7 étaient tout sourire en l'accueillant. Même Trump. Comme des personnes inquiètes découvrant que le pessimisme n'est pas une fatalité. L'humeur joue aussi.

L'entrée est donc réussie. Reste le plus dur: les résultats. La dynamique imprimée aux événements. Emmanuel Macron va-t-il, réellement, donner une impulsion à l'Europe? Sauver l'accord climat? Ramener le dialogue avec Moscou sur un rail plus pacifique? Contribuer à « retricoter un système multilatéral efficace », comme il le dit lui-même? (Macron par Macron. Ed. de l'Aube, 2017).

Le choix symbolique de Versailles pour renouer avec Poutine -un entretien  « franc et direct » au cours duquel tous les sujets qui fâchent ont été abordés  (Syrie, Ukraine, réception de Marine Le Pen à Moscou, persécutions contre les homosexuels en Tchétchénie, attitude de certains médias russes lors de la campagne présidentielle française...)-, lui a plu certainement. Mais sa grammaire institutionnelle doit aussi lui rappeler que, sans substance, les symboles s'usent. Ils redeviennent simple communication.

 

 

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