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17 mai 2017, un anniversaire sous haute tension: évasion spectaculaire à la prison de Makala

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

Mercredi matin, Kinshasa s’est réveillé sous haute tension. Raison : une évasion spectaculaire a eu lieu tôt dans la matinée à la prison centrale de Makala. Jusque tard dans  la soirée, l’opinion s’est livrée à la guerre des chiffres et des raisons profondes de cet incident qui a perturbé les manifestations officielles prévues pour célébrer les 20 ans de la révolution menée par l’AFDL. Quant au ministre de la Justice, il affirme que le coup a été orchestré par des miliciens de réclamant de Ne Muanda Nsemi.

 

En ce jour anniversaire de l'entrée des troupes de l’AFDL et de la fuite du président Mobutu de Kinshasa, plusieurs centaines de prisonniers de la prison de haute sécurité de Makala, située dans la périphérie Sud de la ville de Kinshasa, ont pris le large dans une facilité inouïe. Sur la reconstitution des faits, des versions contradictoires circulent dans la ville.

Mais, selon des témoins habitant les quartiers environnants de la prison de Makala, les premiers indices de tension sont apparus vers les petites heures du matin. « C’est vers 3h du matin que nous avons entendu siffler les balles et, à un certain moment, les prisonniers ont commencé à sortir. Ils étaient vraiment nombreux. Je ne dirais même pas des centaines mais plutôt plus de 1 000 personnes. Les gens sortaient comme s’ils venaient d’un match de football, en chantant », a raconté à RFI un témoin habitant à proximité de la prison.

Des sources, notamment celles relayées par le ministre de la Justice, rapportent que des gens se réclamant proches du gourou Ne Muanda Nsemi de la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo, ont pris d’assaut  la prison de Makala pour libérer leur leader emprisonné dans ce centre pénitencier. Des témoins relèvent que des évadés, fondus parmi les assaillants, ont pu accéder au pavillon 7, puis à la direction de la prison. Ils ont fait sortir toutes les femmes en premier lieu. Puis ils se sont dirigés vers les VIP du pavillon 1 où certains « prisonniers emblématiques », selon les termes du ministre Thambwe Mwamba, n’ont pas voulu se prêter à ce jeu.

La tension a gagné finalement tout le centre pénitencier. Des témoignages des habitants des quartiers de la prison, notamment ceux des communes de Selembao, Ngiri-Ngiri, Bumbu et Bandalungwa, parlent d’un nombre impressionnant de plus de 4000 évadés.

 

Bilan non encore établi

Difficile pour l’instant d’établir avec précision le bilan des événements de la prison de Makala. Cité par RFI, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, note que plusieurs dizaines de prisonniers se seraient échappés.

Parallèlement, cette évasion spectaculaire s’est accompagnée de dommages collatéraux estimés, selon un bilan provisoire non encore officiel, à une cinquantaine de morts, prisonniers et policiers qui ont eu le malheur d'être pris pour cible par les forces de l'ordre et les évadés.

En attendant une version officielle plus élaborée, ce nouveau malaise vient s’ajouter à la longue liste de faits qui apportent la preuve de l'existence d’une crise aux conséquences insoupçonnées née particulièrement de l’imbroglio qui continue à entourer la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, signé le jour même entre signataires et non-signataires de l’accord du 18 octobre 2016 de la Cité de l’Union africaine.

Juste tard mercredi, l’on apprenait qu’un conseil national de la sécurité réunissait les plus hautes autorités du pays. On doit s’attendre sûrement à des mesures de coercition et de représailles à la suite des événements qui ont secoué la prison centrale de Makala. Présent à la réunion, le ministre Alexis Thambwe Mwamba s’est confié à radio Okapi, sans autre précision.

 

Pendant ce temps, un calme précaire règne dans ce centre pénitencier, la prison ayant été vidée d’au moins 75% de ses pensionnaires, confirment des sources concordantes. Un contrôle a d’ailleurs été organisé le même mercredi à la prison pour voir qui était encore là dans sa cellule. Selon la radio Top Congo, émettant depuis Kinshasa, une trentaine d’évadés ont été récupérés par les services de la police.

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