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RDC : au moins 225 civils tués en avril 2017, rapporte le BCNUDH

Écrit par Stanislas Ntambwe le . Publié dans Online Dépêches

Durant le mois d’avril mars 2017, le BCNUDH a documenté 466 violations des droits de l’homme sur tout le territoire de la RDC, ce qui représente une baisse par rapport au mois de mars 2017, au cours duquel 547 violations avaient été documentées.

 

Dans un rapport mensuel publié mercredi 17 mai 2017,  le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) en République démocratique du Congo (RDC) note une « forte augmentation » du nombre d’exécutions sommaires ou extra-judiciaires (234 victimes, soit plus du double par rapport au mois précédent, dont 172 attribuables aux agents de l’Etat et 62 à des combattants de groupes armés).

Le rapport indique que, sur l’ensemble national, les agents de l’Etat ont été responsables de « plus de 62% des violations des droits de l’homme, soit 290 violations ». Et les groupes armés ont, quant à eux, été responsables de « 176 violations, soit près de 38% du nombre total de violations enregistrées sur l’ensemble du territoire », précise le BCNUDH.

Les FARDC indexés

Selon le BCNUDH, les principaux auteurs des violations des droits de l’homme sont, contrairement au mois précédent, sont les militaires des Forces armées de la RDC (FARDC). Ils seraient responsables de « 123 violations soit plus de 26% du nombre total de violations enregistrées sur l’ensemble du territoire ».

« Les militaires des FARDC ont notamment été responsables d’un nombre alarmant d’exécutions extra-judiciaires, faisant au moins 164 victimes, dont sept femmes et 45 enfants, principalement dans la province du Kasaï Central lors d’opérations contre la milice de Kamuina Nsapu », se désole le BCNUDH.

A l’en croire, ces éléments indisciplinés de l’Armée congolaise ont également commis « 36 violations du droit à l’intégrité physique (avec 98 victimes, dont huit femmes et cinq enfants victimes de viol) et 33 violations du droit à la liberté et la sécurité de la personne sur 82 victimes », précise-t-il.

Par ailleurs, le BCNUDH se dit « préoccupé » par le nombre important de victimes d’arrestation arbitraire ou de détention illégale par les agents de la Police nationale congolaise (PNC) en avril 2017, notamment dans le cadre de restrictions de l’espace démocratique. Il soutient qu’au cours du mois d’avril 2017, les agents de la PNC ont été responsables de « 117 violations, dont 49 violations du droit à la liberté et à la sécurité de la personne sur 370 victimes, dont 53 femmes et 44 enfants ».

Au moins 225 civils tués 

Le rapport renseigne que durant le mois d’avril 2017, « au moins 225 civils ont été tués » dans certains territoires du pays affectés par le conflit. Dans ces territoires, fait-il remarquer, « au moins 176 violations ont été commises par des combattants de groupes armés (causant la mort d’au moins 62 civils), tandis que les 147 autres ont été commises par les agents de l’Etat (causant la mort d’au moins 163 civils) ».

En outre, parmi les groupes armés, des combattants de divers groupes Maï-Maï ont commis le plus grand nombre de violations documentées. A savoir, « 46 violations soit plus de 14% du nombre total des violations commises dans les zones affectées par le conflit ». « Les militaires des FARDC ont quant à eux commis 68 violations dans les zones touchées par le conflit », ajoute le rapport.

Au cours du mois d’avril 2017, le BCNUDH a documenté 87 violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales liées à des restrictions de l’espace démocratique sur l’ensemble du territoire congolais. Ce nombre porte à 1.626 le nombre total de violations de ce type depuis le 1 janvier 2015, dont 264 depuis le 1 janvier 2017. Les principaux auteurs de ces violations sont : les agents de la PNC (52 violations) ; suivis des autorités politico-administratives (15 violations) et les militaires des FARDC (14 violations).

Le Bureau de l’Onu rapporte que les violations les plus fréquentes sont les atteintes à la liberté de réunion pacifique (24 violations), au droit à la liberté et à la sécurité de la personne (21 violations) et à la liberté d’opinion et d’expression (20 violations), principalement dans les provinces du Haut-Katanga (15 violations), du Kongo

Central (13 violations), de Kinshasa et du Nord-Kivu (11 violations chacune). Les membres de partis politiques (108 victimes) et d’organisations de la société civile (59 victimes) ont été particulièrement visés.

Cependant, le BCNUDH déplore également les menaces et les attaques documentées contre au moins six journalistes ou professionnels des médias.

D’après le rapport, le mois d’avril a été marqué par deux journées de mobilisation par les opposants politiques et les acteurs de la société civile qui ont appelé à une journée « ville morte » le 3 avril et à des manifestations pacifiques le 10 avril pour demander le respect de l’Accord politique du 31 décembre 2016. Le 10 avril 2017, les manifestations ont été interdites par les autorités locales dans les principales villes du pays et un fort déploiement des forces de défense et de sécurité a été constaté, empêchant ainsi le déroulement des activités.

Au total, cinq hommes ont été blessés à Kinshasa, Matadi (Kongo Central) et Kongolo (Tanganyika) et au moins 140 personnes, dont 14 femmes et 21 mineurs – pour la grande majorité des sympathisants de partis politiques d’opposition – ont été arrêtés par des agents de la PNC ou des militaires des FARDC dans huit localités. La plupart de ces personnes ont été libérées. Certaines ont été victimes de « traitements cruels, inhumains et dégradants lors de leur arrestation ».

Kasaï

Le BCNUDH a continué de documenter de graves violations et atteintes aux droits de l’homme commises dans les provinces du Kasaï. Les résultats des enquêtes menées en avril 2017 tendent à démontrer un usage disproportionné et indiscriminé de la force, y compris létale, par les forces de défense et de sécurité congolaises ayant conduit à l’exécution extra-judiciaires d’au moins 185 personnes, dont 16 femmes et 53 enfants, à Kananga, Tshimbulu et Muzodi (Kasaï Central) lors d’opérations contre de présumés miliciens en mars et avril 2017.

Le BCNUDH a également documenté de graves atteintes aux droits de l’homme commises par des membres de la milice de Kamuina Nsapu, notamment l’exécution sommaire d’au moins 28 personnes, dont deux femmes, principalement dans la province du Kasaï. Ces violences ont par ailleurs alimenté les tensions intercommunautaires entre Tsiokwe/Pende et Luba/Lulua, conduisant à la mort d’au moins 38 personnes, dont huit femmes et huit mineurs, essentiellement de la communauté Lulua, dans plusieurs localités du territoire de Kamonia (Kasaï). « La crise humanitaire et les déplacements massifs de populations risquent d’exacerber ces tensions », craint le BCNUDH.

 

 

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