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Condamné à mort en 2004, l’ex-colonel Charles Alamba décède en prison

Écrit par Donatien Ngandu Mupompa le . Publié dans Faits divers

Jusqu’à son dernier soupir, l’implacable procureur de l’ex-Cour d’ordre militaire, qui soutenait que la présomption d’innocence est une fiction judiciaire, a continué à nier son implication dans l’assassinat de Steve Nyembo de la DGI.

Le dimanche 7 mai 2017, Charles Alamba Mungako, ce magistrat militaire qui a fait trembler des généraux et des ministres sous le règne du président Laurent-Désiré Kabila, est mort à la Prison centrale de Makala.

Sur place, le major Kayombo Gédéon, directeur adjoint de cet établissement carcéral, nous a tout juste confirmé le décès. Pour le reste, il a donné sa langue au chat. Est-il que selon les informations glanées dans les pavillons, le colonel Alamba avait attrapé le paludisme dont il venait de terminer le traitement depuis trois jours. Il était donc convalescent.

Dans l’après-midi de jour-là, il venait de piquer une crise inattendue. C’est ainsi qu’il a été acheminé au dispensaire de la prison. Mais malgré les soins, sa situation s’est empirée. On a donc été obligé de remplir les formalités pour son évacuation à la Clinique Ngaliema. Mais dès que le véhicule qui le transportait a atteint le grand portail de sortie, le malade a rendu l’âme. Comme l’irréparable venait de se produire, sa dépouille mortelle a donc été amenée à la Clinique Ngaliema où l’on a tout simplement constaté le décès avant de la placer à la morgue.

A titre de rappel, le colonel Charles Alamba et sept autres prévenus ont été condamnés à la peine capitale le 5 octobre 2004 dans le procès qui opposait le ministère public et la partie civile aux assassins présumés de Steve Nyembo Mutamba, directeur des Ressources humaines à la Direction générale des impôts (DGI), tué d’une manière atroce dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 septembre 2003 dans sa résidence de Kinshasa/Ngaliema. L’infortuné a été lié sur une chaise malgré ses supplications. Après l’avoir tué par balle, les malfaiteurs ont aspergé son corps d’essence et ont mis le feu au salon. De ce pauvre, il ne restait donc qu’un amas calciné.

Les enquêtes menées ont abouti à un procès à rebondissements, et beaucoup de gens ont été impliqués par l’organe de la loi. C’est ainsi que le colonel Charles Alamba, premier avocat général à l’Auditorat général, considéré comme le cerveau de cette association, a été arrêté.

Juriste brillant, magistrat impitoyable

Dans son arrêt rendu le 5 octobre 2004, la Haute Cour militaire a condamné le colonel Charles Alamba, le pharmacien Emile Kaseke, Papy Mafishango, Elie Molikita, Kitambala Mulikita, Boni Daombaka, les lieutenants Guy Eleko et Pépé Ntumba à la peine de mort. Elle a également prononcé la dégradation et le renvoi de l'armée pour les membres des Forces armées de la République démocratiques du Congo (FARDC) tombés sous le coup de la loi. L'interdiction du bénéfice des droits civiques et politiques durant cinq ans s'ajoutait à cette peine.

Quant aux infractions, les prévenus ont été condamnés pour association de malfaiteurs, assassinat, terrorisme, évasion de détenus, incitation à la violence, détournement des biens saisis et détention d'armes et munitions de guerre.

Un autre accusé, Samunga Costa, a été condamné à 20 ans de servitude pénale principale fait également l'objet de dégradation, de renvoi de l'armée et d'interdiction d'exercice des droits civiques et politiques durant cinq ans. Quant à Alain Pussi Katok, il a été condamné à quatre ans de prison ferme et à deux ans d'interdiction des droits civiques.

La Haute Cour militaire a par ailleurs prononcé des acquittements à l’endroit de Charles Dimoke, directeur de la Direction des grandes entreprises (DGE) à la DGI, du Dr. Mutanga, médecin légiste à l'hôpital général provincial de référénce de Kinshasa, de Blaise Monzanga, d'Esther Tanga et de Kamwanya.

Ces malfaiteurs étaient aussi accusés d’avoir commis d'autres forfaits à travers la ville de Kinshasa où ils avaient installé à l'époque un terrorisme aveugle.

Entre-temps, le colonel Charles Alamba avait interjeté appel à la Cour suprême de justice. Et comme l’appel suspend une décision judiciaire, difficile de savoir s’il sera inhumé avec tous les honneurs comme colonel, où s’il sera enterré comme condamné à mort.

Juriste brillant, le colonel Alamba avait participé à la rédaction du Code pénal militaire, et avait occupé avant les fonctions de procureur à la Cour d'ordre militaire (COM), créée en 1997 par Laurent-Désiré Kabila et abolie en mars 2003. C’est cette juridiction d’exception qui avait jugé les gens impliqués dans l'assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, abattu le 16 janvier 2001 par son garde du corps.

 

L’ONGDH « La Voix des Sans Voix » note à son sujet : « Au moment où il dirigeait le parquet près la Cour d'ordre militaire, le colonel Alamba avait été maintes fois cité dans de graves dossiers de violations des droits de l'Homme. Il était notamment suspecté de procéder à des arrestations arbitraires, à des détentions illégales, à des exécutions sommaires à l'issue des procès expéditifs et sans moyens de défense pour les victimes, à des confiscations des biens meubles et immeubles et de pratiquer la torture ».

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