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Prendre une moto la nuit devient un véritable danger à Kinshasa

Écrit par Olivier Dioso le . Publié dans Société

De jour comme de nuit, certains malfaiteurs se font passer pour des conducteurs de taxis-motos afin de dépouiller des paisibles  citoyens.

 

Depuis un certain temps, bandits à main armée se servent des jeunes filles comme appât pour opérer dans la ville de Kinshasa. Cela, en complicité avec des conducteurs de taxis-motos, communément appelés ‘‘wewa’’. Phénomène enregistré surtout la nuit.

Il devient, pour cela, dangereux de prendre une moto la nuit. Surtout lorsque qu’on doit traverser une zone non éclairée et non habitée. Pour preuve, un jeune homme a été dernièrement victime d’extorsions de tous ses biens de valeur.

Vers 22 h00’, il arrive au niveau de Pompage à Kinsuka dans la commune de Ngaliema. Il habite le quartier Ngombe Lutendele, à Don Bosco. À cette heure et au-delà, il n’y a aucun espoir d’attraper un tacot affecté au transport en commun et même les bagnoles appartenant aux privés se raréfient ou refusent d’embarquer des inconnus, de peur de tomber victimes de leur générosité. L’unique solution pour atteindre la destination, c’est le recours à la moto.

Le jeune homme prend alors une moto, après avoir attendu qu’une autre personne se présente. C’est une fille. Elle se place derrière lui malgré sa protestation. Le conducteur de la moto-taxi, au lieu d’emprunter la route qui passe par le quartier Kimbwala, choisit de traverser la concession de la Regideso constituée de beaucoup d’arbres. Raison invoquée : c’est un raccourci. Alors qu’il a agi en complicité avec la fille qu’il a transportée.

 

Non-assistance à personne en danger

Celle-ci demande au conducteur de s'arrêter pour se soulager. Or, ce n’était qu’une astuce afin de permettre à leurs compères munis d’armes blanches de sauter sur le jeune homme. Ce dernier, sous la menace d’un couteau pointé à la gorge et d’une machette, s’est laissé dépouiller. Cela, avant de recevoir un coup de machette au niveau du péroné et sur l’épaule gauche. Malgré les cris de douleur et l’appel à l’aide, personne n’est venu à son secours dans cette sorte de forêt plongée dans l’obscurité. Pourtant, des policiers commis à la sécurité de l’usine de traitement d’eau de la Regideso étaient à quelque 200 m de là. On n’est pas loin de parler de non-assistance à personne en danger.

Entre-temps, le conducteur de la moto a poursuivi sa route. Selon la victime, qui a requis l’anonymat, les bandits et la fille l’ont rejoint.

Ce n’est pas la première fois que des malfaiteurs commettent des forfaits dans cette ‘‘forêt’’. Ce qui est drôle, c’est que les policiers au service de la Regideso empêchent, la journée, les ‘‘wewa’’ de franchir la concession qu’ils sécurisent, et aussi afin que les arbres ne soient pas coupés pour la fabrication de la braise ou l’alimentation des fours artisanaux servant à la fabrication des pains. Ils érigent même de petites barrières. Mais on ne comprend pas pourquoi ils laissent cette ‘‘forêt’’ être exploitée, la nuit, par des malfaiteurs. 

 

Il est vrai que les motos-taxis sont venus pallier l’insuffisance des moyens de transport dans la ville de Kinshasa. Et la population se voit soulagée, dans une certaine mesure. Cela, bien que ces taxis-motos sont à l’origine de nombreux accidents de la circulation et des cas de vols perpétrés par certains de leurs conducteurs sur les artères de la capitale. Il sied aussi de noter que la plupart de ces conducteurs de taxis-motos n’ont aucune connaissance du code de la route. Ainsi, il est regrettable que la mesure prise par l’inspecteur provincial de la police de Kinshasa d’interdire la circulation des motos-taxis après 18 h00’ ait été ignorée par le gouverneur de la ville.  

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