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Majorité présidentielle : la guerre des clans

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

Qui a dit que les loups ne se mangent pas entre eux ? C’est pourtant le cas à la Majorité présidentielle. Dans un laps de temps, plusieurs hautes personnalités de la Majorité présidentielle sont incriminées à tort ou à raison. De la suspension de Célestin Kanyama à la déchéance de Jean-Claude Kazembe en passant par la motion de censure contre Célestin Mbuyu, le gouverneur du Haut-Lomami, les faits démontrent que les sbires de la famille politique du chef de l’Etat se mangent entre eux.

 

La politique vole très bas en ce moment en République démocratique du Congo. Ici, la politique rime avec trahison, corruption, détournement, reniement, calomnie, coups bas, guerre des clans, guerre de positionnement et bien d’autres antivaleurs du même acabit. Ce qui se passe présentement dans la patrie de Patrice-Emery Lumumba n’a rien avoir avec cette prétention de gérer la cité pour le bien-être de la communauté. C’est tout le contraire.

La preuve est qu’au bout de deux quinquennats, pourtant démocratiques, la RDC se trouve au bas de l’échelle sur tous les plans. Alors que le pays a profité de la stabilité politique et même du progrès économique, parce que la croissance a été continue pendant quasiment dix ans.  Une croissance économique « virtuelle » diraient les Congolais, faute de redistribution équitable. La conséquence est que la RDC a un des plus bas PIB au monde avec 640 Usd par an et par habitant. Ce seul chiffre traduit une gestion catastrophique de la res publica par la majorité au pouvoir.

Le comble est que cette Majorité présidentielle (MP) refuse non seulement de jouer le jeu démocratique pour préserver la paix et la stabilité de la RDC mais aussi elle est engagée de plain-pied sur un schéma qui mène droit le pays vers l’implosion. Déjà, la RDC se retrouve avec des personnalités illégitimes dans toutes les institutions à mandat électif. Les élections sont en permanence repoussées afin que le statu quo perdure. Un machiavélisme qui plombe tous les espoirs de progrès de ce géant au cœur de l’Afrique.

Les faucons se mangent

Parallèlement à son plan machiavélique de confisquer la démocratie, la guerre des clans fait rage au sein de la Majorité présidentielle. En moins de deux mois, des hauts dignitaires du régime sont en train de tomber l’un après l’autre, souvent pour des raisons obscures. C’est le cas du général Célestin Kanyama, commandant de la Police nationale dans la ville de Kinshasa, qui vient d’être frappé de quelques semaines de suspension. La PNC n’a jamais justifié la motivation de cette suspension de cet officier supérieur. Quand on sait que ce général a toujours été protégé par le régime de Kinshasa, il est tout à fait légitime de se poser des questions sur les motivations de sa suspension non expliquée. Malgré des rapports accablants contre Célestin Kanyama, notamment sur l’opération Likofi, opération policière  contre les délinquants dans la capitale Kinshasa, et sur la répression contre les manifestations de l’opposition (janvier 2015, septembre  et décembre 2016), ce général n’a jamais écopé de la moindre sanction. Au contraire, le gouvernement a toujours félicité chaque fois la police d’avoir agi avec professionnalisme. Ce, malgré que toutes ces manifestions ont connu un usage disproportionné de la force par les éléments des forces de sécurité et des morts tués par balles réelles.  Le fait que le général Kanyama soit suspendu pour des motifs, a priori anodins, est assez éloquent.

Le gouverneur du Haut-Katanga, Jean-Claude Kazembe, a été déchu de ses fonctions par une motion votée « à l’unanimité » par l’assemblée provinciale. Pire, le gouvernement, par le truchement du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, vient de confirmer les griefs portés contre ce haut cadre du parti présidentiel dans le Haut-Katanga. Il est accusé de rébellion envers l’autorité morale de sa famille politique pour refus de démissionner, de mauvaise gestion, d’autoritarisme et d’avoir une politique de xénophobie vis-à-vis des non-originaires du Haut-Katanga. Depuis quelques jours, Jean-Claude Kazembe est quasi retenu à Kinshasa.

Avant le cas Kazembe, le gouverneur Alex Kande du Kasaï Central n’est pas non plus en odeur de sainteté avec la Majorité présidentielle. Pendant plusieurs mois, il est, lui aussi, retenu à Kinshasa, sans explication officielle, loin de sa province où le phénomène Kamuina Nsapu charrie son lot de morts et désolation. Contrairement à Jean-Claude Kazembe, aucune charge n’est retenue officiellement contre Alex Kande.

Hautes cadres en disgrâce

Dans le Haut-Lomami, le gouverneur Célestin Mbuyu, un haut autre cadre du parti présidentiel, est sous le coup d’une motion de censure,  programmée pour examen ce vendredi 5 mai. Il lui est reproché de malversations financières pour des fonds alloués par le pouvoir central. Mais certaines indiscrétions révèlent qu’il s’agit plutôt d’une guerre de positionnement. Certains cadres de la MP, se réclamant être de vrais originaires du Haut-Lomami, veulent que le fauteuil du gouverneur soit attribué à l’un de leur. Célestin Mbuyu est accusé de n’être pas un ressortissant du Haut-Lomami parce que son village, bien qu’appartenant administrativement à cette juridiction, dépend, religieusement, du diocèse de la province de Lomami (dans l’espace Kasaï). C’est la raison fondamentale de la cabale montée par la MP contre un de ses hauts cadres dans le Haut-Lomami.

Dans la province de la Tshopo, qui a comme chef-lieu de Kisangani, le vice-gouverneur, Léon-Dehon Basango Mokedjo,  a déposé sa démission le 25 avril dernier, alors qu’une motion de défiance était en préparation contre lui à l’assemblée provinciale.

 

Autant d’exemples qui montrent que des hauts cadres de la MP ayant des responsabilités, notamment dans les gouvernements provinciaux sont en disgrâce avec leur propre famille politique. Dès lors, comment ne pas penser à une guerre des clans au sein de la famille politique du chef de l’Etat.  Depuis toujours, la MP n’a jamais prêché par exemple dans la gestion de la République. Plusieurs dirigeants sont protégés malgré leur cas avéré de mégestion tant au gouvernement central que dans les exécutifs provinciaux. Un cas d’école de mauvaise gouvernance est celui de la gestion de la ville de Kinshasa. La capitale est notoirement mal gérée mais personne ne peut sanctionner les autorités urbaines de la ville de Kinshasa. 

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