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Le gouvernement Tshibala piégé par l’absence de consensus

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

La République démocratique du Congo a besoin d’un gouvernement qui bénéficie d’un très large consensus pour parvenir à faire face aux défis actuels. Issu du débauchage,  Bruno Tshibala n’est pas en mesure de mettre en place un gouvernement  de large consensuel.

La République démocratique du Congo continue d’être gérée par le gouvernement Samy Badibanga qui expédie les affaires courantes depuis le 7 avril, date de la nomination de son successeur Bruno Tshibala Nzenze. Pendant cette période de flottement, le gouvernement sortant n’a pas plein pouvoir pour décider sur le dossier de la République. Ce qui fait que plusieurs dossiers sont gelés en attendant l’investiture du nouveau gouvernement.  

Ce temps d’attente se fait long, quatre semaines déjà se sont déjà écoulées. Le Premier ministre Bruno Tshibala qui a clôt ses consultations avec les forces politiques et sociales de la Majorité présidentielle et  de l’Opposition depuis plus d’une semaine traîne le pied pour mettre sur pied son équipe. Le temps est aux derniers réglages, apprend-on. Le gouvernement Tshibala, comme celui de Samy Badibanga, intervient dans un contexte politique tendu.

Les modalités de mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 n’ont pas bénéficié d’un consensus large entre la Majorité présidentielle et le Rassemblement, la frange la plus représentative de l’opposition en République démocratique du Congo. Déjà, le Premier ministre Tshibala lui-même est issu de la dissidence du Rassemblement. Ce qui fait que la signature de l’arrangement particulier à l’Accord de la Saint-Sylvestre n’a pas recueilli le consensus du Rassemblement le plus représentatif.  Dans ce contexte, la nomination de Bruno Tshibala ne pouvait qu’être rejetée par le Rassemblement piloté par Félix Tshisekedi.

Dès lors, l’on peut imaginer toutes les difficultés que le Premier ministre éprouve pour former un gouvernement de très large union nationale. Cette seule difficulté peut justifier le temps long que prend Bruno Tshibala pour finaliser la liste de ses ministres. Même la signature de l’arrangement particulier du Palais du peuple, le jeudi 27 avril, n’a pas ouvert la voie à la publication de la nouvelle équipe gouvernementale le week-end dernier. Les Congolais doivent encore prendre leur mal en patience.

L’urgence d’un gouvernement consensuel

La RDC traverse une période difficile en ce moment, alors que la classe politique reste divisée. D’un côté, il y a la Majorité présidentielle et ses alliés qui ont paraphé l’arrangement particulier la semaine dernière et, de l’autre côté, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au  changement. Même si Bruno Tshibala bénéficie du soutien de la MP et de ses alliés, cela reste insuffisant par rapport aux enjeux actuels de la République démocratique du Congo.

Les objectifs immédiats de la RDC sont la tenue d’élections dès la fin de cette année, la stabilisation et la relance de l’économie nationale en panne et l’allégement des souffrances de la population qui fait face à une dégradation continue de son pouvoir d’achat. Face à de tels défis, il faut un gouvernement d’union nationale pleinement responsable. L’appui de toutes les forces politiques et sociales est indispensable pour qu’un gouvernement réussisse dans le contexte actuel de la RDC. C’est pourquoi Bruno Tshibala, même s’il réussit à mettre en place son gouvernement, ne pourra réussi quoi que ce soit.

La RDC a urgemment besoin d’un exécutif issu véritablement de l’Accord du 31 décembre 2016. Ce qui permettra à la RDC de bénéficier du soutien de la communauté internationale. De Washington à Paris en passant par Londres et Bruxelles, les partenaires de la RDC réclament un gouvernement dirigé par le Rassemblement de Limete, conformément à ce qui a été couché dans l’Accord de la Saint-Sylvestre. Il ne faut donc pas se voiler la face. La situation de la RDC exige la mise en œuvre de cet Accord global et inclusif pour mettre fin à la tension politique ambiante. Cette tension nuit beaucoup à l’économie nationale. Aucun investisseur ne peut débarquer en moment en RDC à cause de la crise politique qui perdure.

 

Tout aussi, les souffrances des Congolais ont atteint les limites du tolérable. Sans une intervention conséquence du gouvernement, les revendications sociales risquent à tout moment de se joindre à la tension politique déjà vive dans toutes les provinces de la République.

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