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Présidentielle française : Le Pen-Macron : échanges à couteaux tirés

Écrit par Robert Kongo, correspondant en France le . Publié dans Internationale

Invectives, attaques, agressivité… Le débat du second tour, mercredi soir, sur France 2 et TF1, a donné lieu à des échanges à couteaux tirés entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Les deux prétendants à l’Elysée se sont affrontés sur tous les sujets, dans des styles radicalement opposés.

 

La principale particularité de l’affrontement de mercredi soir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron est qu’il a eu lieu. C’est la première fois que l’extrême droite française figure dans un débat de second tour. Même si elle perdait dimanche, Marine Le Pen aurait tout de même gagné, parce qu’elle a incarné un clivage, européen surtout, qui n’est pas près de se refermer.

Alors que les deux finalistes évoluent dans un rapport 40-60%, il aurait fallu un énorme coup de théâtre, une mise à mort tauromachique qui n’a pas eu lieu, pour bouleverser les pronostics.

A l’issue du débat, c’est Emmanuel Macron qui a été jugé le plus convaincant pour 63% des téléspectateurs, selon un sondage Elabe pour BFM TV, contre 34% pour Marine Le Pen.

Pour Emmanuel Macron, qui avait tout à perdre, l’objectif, mercredi soir, était donc, de ne pas commettre d’erreur. Pour Marine Le Pen, qui avait tout à gagner, d’être à l’offensive. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle l’a été !

Elle n' a pas laissé son adversaire respirer, elle l'a enfermé sous une pluie de reproches, elle l’ a attaqué sur ses responsabilités dans le dernier quinquennat, elle a essayé d’opposer une vision aux arguments techniques de l’ancien ministre de l’économie... Que de provocations négatives !

Marine Le Pen tente d’impressionner son adversaire par un ton qui ne souffre pas la critique : l’arrogance, l’accumulation et la caricature sont sa méthode, comme elles furent celle, dont on voit le succès de Donald Trump.

Dans une fonction où la rigueur, la négociation et la diplomatie sont la règle, cette méthode nuit évidemment à sa présidentialité.  Elle  était plus à l’accusation qu’à  l’explication. Mais est-ce si important pour son électorat qui attendait surtout d’elle qu’elle donne des coups ?

Trois éléments déterminent les intentions de vote : l’aptitude à « faire » Président, la crédibilité du projet et la capacité politique à l’appliquer. Marine Le Pen est loin du compte.

Emmanuel Macron est mu par une psychologie toute différente. Lui est dans la contrepartie négociée, dans le rapprochement de ce qui différencie, dans le Meccano. Le rassemblement plutôt que le passage en force. Son projet, c’est un peu sa méthode.

Flottement et réalisme

Mais c’est aussi sa faiblesse. Marine Le Pen a beau jeu de bousculer ses démonstrations. Elle l’oblige souvent à être sur la défensive. Et l’assomme de clichés : Macron, l’homme de la finance (quand les dirigeants du Front national sont au centre de six affaires judiciaires), le mondialiste invétéré (qui veut des sanctions contre la Pologne), le fils politique de Hollande (qui s’en serait bien passé !)…

Résultat de ce débat d’une brutalité inédite, et qui a souvent manqué de hauteur : un dialogue virulent, inaudible, insupportable sur la forme, plus bruyant qu’éclairant sur le fond.

Sur le fond, rien de nouveau, si ce n’est le flottement de Marine Le Pen sur la retraite à 60 ans – dont l’application serait reportée en fin de mandat – la double monnaie nationale et européenne, sur l’Europe en général. Sur ces sujets, Emmanuel Macron s’est montré beaucoup plus crédible.

Plus généralement, le chef de file d’ « En Marche ! » a fait preuve d’un réalisme – budgétaire, fiscal, éducatif…- au risque de paraître prudent au regard des colères du pays. La candidate du Front national aligne des promesses, sociales surtout, dont on n’ose imaginer le coût pour le contribuable.

Emmanuel Macron veut convenir de règles plus équitables pour réguler la circulation des personnes, des biens et des capitaux, pour adoucir les handicaps concurrentiels et combattre le terrorisme. Marine Le Pen considère que l’on serait gagnant à vivre sur une île entourée de miradors économiques et migratoires. Enfin, sur une presqu’ île, à en juger par ses ambiguïtés sur la sortie de l’Europe.

Quant à la faisabilité politique, on en reparlera dimanche soir, quand on saura si l’ampleur du score donnera au vainqueur l’élan nécessaire pour obtenir une majorité à l’Assemblée pour appliquer son projet.

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