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Pas d’enrôlement dans le Kasaï, élections hypothéquées

Écrit par Médard Muyaya. Publié dans Online Dépêches

La décision prise par la CENI de différer les opérations d’enrôlement des électeurs dans le Kasaï à cause de l’insécurité risque d’hypothéquer la tenue d’élections sur l’ensemble du territoire national.

 

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a procédé au lancement des opérations d’enrôlement des électeurs dans sa dernière aire opérationnelle. Il s’agit des provinces du Bas-Uélé, de la Tshopo, du Sankuru, de la Lomami, du Kasaï Oriental, du Kwilu, du Kwango, du Maï-Ndombe et du Kongo Central. Malheureusement, les provinces du Kasaï ainsi que du Kasaï Central ne sont pas concernées jusqu’à nouvel ordre.

Pour Jean-Pierre Kalamba, porte-parole de la Céni, les opérations dans les deux provinces citées ci-haut sont différées à cause de l’insécurité grandissante qui prévaut dans cette partie du territoire national. Cela est lié aux conflits qui opposent les forces loyalistes aux « miliciens » Kamuina Nsapu, un chef coutumier révolté. La persistance des conflits a provoqué un malaise profond qui a paralysé la vie dans le Kasaï.

Le porte-parole de la Céni note que cette insécurité concerne particulièrement le personnel de son institution et le matériel d’enrôlement, notamment les ordinateurs et groupes électrogènes ; avant de promettre que dès que le calme reviendra dans ce coin, la Céni pourra y relancer les opérations d’enrôlement.

Au plan des faits, la prise de position de la Céni est salutaire en vue de préserver sa main-d’œuvre technique ainsi que le matériel approprié pour le déroulement des opérations. Etant donné que les kits électoraux ainsi que d’autres matériels sont acquis et déployés grâce à l’appui logistique de la Mission onusienne au Congo.

Autrement dit, cela a un coût qu’il faille prendre en compte.

De l’avis d’un observateur avéré, la Céni ne donne aucune estimation relative au retour au calme, condition sine qua non pour l’opérationnalité de l’enrôlement dans les juridictions susmentionnées. Car, estime-t-il, que lier le retour au calme à la contribution des autorités provinciales, notables du terroir, députés tant nationaux que provinciaux et des sénateurs ne suffit pas.

Insécurité et élections

Et pourtant, malgré l’insécurité permanente et grandissante décriée dans l’Est du pays depuis plus d’une décennie, les autorités du pays ont pris des précautions pour la tenue d’élections en 2006 et 2011. Elles n’ont pas permis aux groupes rebelles  de perturber, ni les opérations d’enrôlement, ni la tenue des scrutins proprement dits. Par contre, la Céni s’était déployée dans les coins et recoins de l’Est afin de permettre aux populations locales de remplir leurs devoirs civiques.

Au-delà de l’insécurité qui prend des propositions inquiétantes dans les provinces du Kasaï et celle du Kasaï Central, cette situation appelle le gouvernement central à imposer la paix dans cet espace électoral pour ne pas hypothéquer l’organisation des échéances électorales, conformément aux prescrits de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

 

De ce qui précède, un travail de titan doit être abattu en amont et, plus particulièrement, par le gouvernement central pour mettre fin à l’activisme des « miliciens ». A cette occasion,  ramener les filles et fils de ces entités territoriales à fumer le calumet de la paix. En attendant, il importe de mener des enquêtes pour identifier des auteurs de cette situation dramatique à la base d’un malaise profond dans le Kasaï.

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