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Gouvernement Tshibala : laborieux travail de débauchage

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

La composition du gouvernement Bruno Tshibala traîne. La pêche miraculeuse à coup de billets verts et de promesses de strapontins ministériels n’a pas séduit les grosses pointures de la vraie opposition, le Rassemblement restructuré autour du duo Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi. Certains à l’instar de Freddy Matungulu (CNB/Dynamique de l’Opposition) ont mordu à l’hameçon de la MP. Ayant reçu mission de fragiliser le Rassemblement, Tshibala se bute à un travail laborieux de débauchage.

 

Nommé le 7 avril 2017, après "l’exécution" en direct de Samy Badibanga devant le Parlement réuni en Congrès, tous avaient pensé que les choses allaient s’accélérer pour le Premier ministre nommé, Bruno Tshibala. Nombre d’analystes se sont trompés. Sur le terrain, le Premier ministre contesté a du mal à évoluer. Dans son entourage, on semble relativiser, estimant l’heure serait aux derniers réglages pour la promulgation du gouvernement. Mais, en réalité, les choses se passent autrement.

En effet, la majorité au pouvoir a minimisé certains paramètres essentiels. Son erreur monumentale a consisté en la croyance d’une logique de pourrissement visant à gagner du temps.

Ayant achevé les consultations le 12 avril dernier, il ne restait au remplaçant de Samy Badibanga que l’audience auprès du chef de l’Etat pour d’ultimes arbitrages. Plus de deux semaines sont passées, Tshibala tergiverse. Il est rattrapé par le real politik, lequel bloque la sortie de son cabinet.

Dans la famille politique du chef de l’Etat, on commence déjà à s’agacer. La MP reproche à Bruno Tshibala de s’être limité à une pêche infructueuse. Ce dernier n’aurait pas réussi à ramener dans ses filets de grosses pointures de différentes plateformes du Rassemblement, notamment le G7, la Dynamique de l’opposition et l’Alternance de la République. En lieu et place, Tshibala doit se contenter du menu fretin, à savoir le très versatile Lisanga Bonganga. Par ailleurs, dans les couloirs de la présidence de la République, l’on rapporte que le chef de l’Etat ne manifeste aucune intention de travailler avec les têtes d’affiches de la dissidence du Rassemblement tels que Joseph Olenghankoy et Roger Lumbala. Une donne qui complique davantage le travail de Tshibala qui doit ignorer dans son gouvernement ses principaux soutiens politiques.

A la fois désabusé et désemparé, Bruno Tshibala se tourne vers le chef de l’Etat dont il attend un ultime sauvetage. Pas évident que le chef de l’Etat vienne à son secours de sitôt. Pendant ce temps, le bateau Tshibala coule, sous le regard moqueur du PPRD, principal parti de la MP qui dit avoir certainement réussi son coup en dépouillant Bruno Tshibala de tout son aura d’opposant. 36 ans de lutte partis en fumée !

La MP tente le tout pour le tout

A la MP, on ne décolère pas face aux moyens politiques, financiers et intellectuels mis à contribution. « Le premier test étant décevant, pourquoi se précipiter ? », a réagi un cadre du PPRD très déçu de l’enlisement dans lequel s’engouffre de plus en plus la MP. Pour l’instant, la MP tente de récupérer une situation politique dont elle n’a plus entièrement la maitrise. La nomination de Samy Badibanga, suivie de celle de Bruno Tshibala sont loin de répondre efficacement aux attentes de la famille politique du chef de l’Etat. La signature manu militari de l’arrangement particulier au Parlement est un forcing par lequel la MP pense reprendre le contrôle de la situation. Qu’importe si l’accord du 31 décembre 2016 a été violé, se dit-on dans l’entourage du chef de l’Etat. Pour autant que tout chemin mène à Rome, la MP tente le tout pour le tout.

D’ores et déjà, il est établi que l’accouchement par césarienne du gouvernement Tshibala portera la signature de la MP. C’est le prix de la trahison, il ne pouvait s’y dérober. Il est tombé dans le piège de la MP qu’il ne peut plus s’en défaire. Désabusé, Bruno Tshibala n’imposera pas sa marque comme il s’était imaginé le faire. Lisanga Bonganga et le prof Matungulu qui sont tombés dans sa gibecière ont été dans l’incapacité de lui redonner une grande carrure. Sur ce point précis, la MP ne cache plus sa déception. Face au travail laborieux de débauchage, Tshibala est sur les traces de Badibanga.

 

Son gouvernement ne sera qu’un éclair de courte durée. En attendant que la MP ne trouve le parfait sésame dans son éternel schéma de glissement sans fin de son autorité morale.

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