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Afrique, quand la Chine bâtit sur les ruines coloniales

Écrit par Cyprien Kapuku. Depuis Beijing/China le . Publié dans Afrique

Investir en Afrique n’est pas forcément un exercice aisé surtout lorsque l’investisseur s’appelle la Chine. Elle fait face aux critiques de l’Union européenne qui voit d’un mauvais œil sa politique d’investissements en Afrique. Et pourtant, dans ce continent, la Chine ne fait que bâtir sur les ruines coloniales, explique-t-on.

 

L’Afrique est-elle cette poule aux œufs d’or la plus courtisée de la basse-cour ? C’est en tout cas l’impression qui se dégage de cette « guerre larvée »  entre l’Europe et la Chine. En cause : le volume important des investissements chinois partout en Afrique, l’un des piliers de la politique étrangère de l’Empire du Milieu que les dirigeants de l’Union européennes fustigent. Le doigt accusateur de cette institution européenne, désormais orpheline de Royaume-Uni,  est à nouveau pointé sur la Chine.

Dans l’une de ses déclarations, le président du parlement européen, Tajani, n’a pas hésité de s’en prendre ouvertement  à la Chine,  en affirmant : « l’Afrique risque de devenir une colonie chinoise ». S’agit-il d’une phrase qui exprime l’absence d’un véritable plan européen pour le développement de l’Afrique ou encore d’un aveu d’impuissance  d’un responsable politique dont les ancêtres ont colonisé l’Afrique sans y laisser grand-chose, s’interroge l’opinion.

Deux approches…

Mais bien au-delà de cette interrogation, beaucoup considèrent que la colonisation n’aura été qu’un simple prétexte pour parvenir à l’exploitation des ressources humaines et naturelles du continent africain. A ce sujet, d’aucuns sont ceux qui pensent qu’entre l’Europe et la Chine, c’est un problème de culture et des approches différentes. Le premier n’a pu mieux faire que de soumettre l’Afrique sous sa domination laissant derrière elle  un cortège de malheurs aux conséquences encore perceptibles. Tandis que le second amène les capitaux et le savoir-faire pour bâtir et construire sur les ruines coloniales. Comme pour redonner au continent sa valeur, se disent les observateurs avertis.  

Selon cette manière de voir les choses, certains experts pensent que la Chine possède une bonne connaissance des questions africaines. C’est le moins que l’on puisse dire de la déclaration de Dominique Moïsi, « Les Chinois ont découvert l’importance de l’Afrique avant nous (ndlr : les Européens) ». Cet expert français en relations internationales a toutefois reconnu que l’Afrique constitue un potentiel marché dans les années à venir. Cela au vu de sa forte poussée démographique. Dominique Moïsi qui s’exprimait dimanche au cours d’une émission sur la chaîne TV5 en a profité pour parler de son nouvel ouvrage intitulé « Des nouveaux bouleversements dans le monde ».

 

Evidemment, la coopération sino-africaine ne date pas d’hier. C’est une histoire d’une relation patiemment construite au fil des années et dont les nouveaux jalons ont été posés en 2015 en Afrique du Sud lors du Forum de coopération Chine-Afrique. Une enveloppe d’aide au développement  de 60 milliards USD a été mise à la disposition de plusieurs projets de développement du continent africain, répartis en 10 axes prioritaires, exprimant les besoins de l’Agenda de développement élaboré par l’Union africaine. 

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