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Loin de résoudre la crise, la SADC est venue l’attiser

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

Arrivée à Kinshasa dans le cadre d’une mission de bons offices pour décanter la situation de crise causée par l’atterrissage en catastrophe des discussions directes du Centre interdiocésain, la délégation de la SADC est mal partie. Alors que tous prônent la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre, les délégués de la SADC se sont presque inscrits dans le schéma de crise artificielle provoquée au sein du Rassemblement par la fronde qui s’est créée autour de Joseph Olenghankoy. Jeudi au Kempinski Fleuve Congo Hôtel, les délégués de la SADC ont étalé au grand jour les preuves de leur partialité. Loin d’apaiser les tensions, ils sont venus les raviver en apportant une caution morale à Joseph Olenghankoy, opposant désormais proche de la MP.

Compter sur la SADC (Communauté des Etats de l’Afrique australe) pour désamorcer la situation de crise qui sévit en RDC, c’est mal connaître le mode de fonctionnement de cette communauté sous-régionale où les intérêts des présidents en fonction passent avant ceux des populations de la région. En dépêchant à Kinshasa ses délégués, la SADC n’est pas venue décanter la crise. Bien au contraire. Comme dans des circonstances similaires, chaque fois que le président de la RDC, Joseph Kabila, était en difficulté, la SADC est plutôt venue à sa rescousse pour l’aider à sortir de la zone de turbulences. Sinon, comment comprendre l’attitude qu’ont affichée ses délégués, hier jeudi au Kempinski Fleuve Congo Hôtel.

Selon les témoignages recueillis sur place, la délégation de la SADC avait prévu une rencontre jeudi soir avec le Rassemblement signataire de l’Accord du 31 décembre 2016, c’est-à-dire celui formé autour de Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi. Curieusement, peu avant cette réunion, les délégués de la SADC se sont réunis auparavant avec le groupe du Rassemblement dirigé par Joseph Olenghankoy.

Se disant humilié, Félix Tshisekedi, président du Rassemblement, a donc décliné l’invitation de la SADC, préférant se retirer de Kempinski Fleuve Congo Hôtel. Qu’est-ce qui se cache derrière l’attitude de la SADC ? En réalité, la SADC qui couvre la mission de ses délégués à Kinshasa par la Résolution 2348 du Conseil de sécurité des Nations unies ne s’inscrit pas dans le schéma prôné par l’organe de décision des Nations unies. Le schéma de la SADC est tout autre. Il s’agit, pour l’essentiel, de redonner un second souffle à Joseph Kabila. Le contraire aurait bien étonné.

D’une certaine manière, la SADC a consacré la scission du Rassemblement. En recevant Joseph Olenghankoy sous l’étiquette du Rassemblement, alors que ce dernier pilote la fronde qui s’est formée au sein du Rassemblement signataire de l’Accord du 31 décembre 2016, la SADC a étalé au grand jour ses accointances avec le pouvoir. Ce n’est donc pas un interlocuteur crédible. Ses consultations, c’est de la poudre aux yeux pour d’un côté, endormir davantage l’Opposition, et de l’autre, sauver Joseph Kabila du désastre politique. C’est l’agenda qu’elle s’est fixée en dépêchant une délégation à Kinshasa. La présence du ministre tanzanien des Affaires étrangères à la tête de cette délégation n’est pas le fait du hasard. Car, de tout temps, la Tanzanie entretient de bons rapports avec le pouvoir en place à Kinshasa. Alors, on voit mal la Tanzanie s’associer à une initiative sous-régionale visant à affaiblir le président Joseph Kabila.

Il ne faut donc pas se leurrer. La SADC n’est pas à Kinshasa pour régler la crise. Elle a fait ce déplacement pour aider le chef de l’Etat, Joseph Kabila, à rebondir et reprendre le contrôle de la situation qui semble lui échapper depuis quelques mois. D’où, au lieu de contribuer à résorber la crise qui sévit en RDC, la SADC est venue l’attiser.

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