A la Une

3ème dialogue : l’UDPS non partante

3ème dialogue : l’UDPS non partante

Après avoir secoué dans tous les sens l’UDPS par la nomination de Samy Badibanga, suivie de celle...

Peine perdue

Peine perdue

L’opinion assiste, depuis quelques jours, à des « rumeurs » faisant état d’un possible...

Sortie des cambistes de l’informel : difficile pari de la Banque centrale

Sortie des cambistes de l’informel : difficile pari de la Banque centrale

La Banque centrale du Congo a initié des négociations avec les changeurs de monnaies,...

Des dirigeants congolais sur la shortlist de la CPI

Des dirigeants congolais sur la shortlist de la CPI

L’assassinat en mars dernier de deux experts des Nations unies dans le Kasaï reste d’actualité....

Tôt ou tard

Tôt ou tard

Rien n'est gratuit en ce bas monde. Tout s'expie, le bien comme le mal, se paie tôt ou tard....

Imprimer

L'Angola renforce la sécurité à sa frontière avec la RDC

Écrit par VOA/LP. Publié dans A la Une

Craignant un effet de contagion des évènements qui continuent d’endeuiller le Grand Kasaï, Luanda a décidé de renforcer sa présence policière à ses frontières Nord avec la RDC. A Kinshasa, on se calme – au moins pour l’instant. On essaie de se contenir, évitant d’énerver le grand voisin angolais.

 

Les autorités angolaises ont annoncé mercredi le renforcement de leurs effectifs de police à la frontière nord avec le voisin congolais, où affluent les réfugiés qui fuient les violences dans la province du Kasaï, en République démocratique du Congo voisine.

« La police nationale angolaise a intensifié les patrouilles à la frontière avec la République démocratique du Congo afin d'éviter la pénétration des groupes armés sur le territoire national », a déclaré le commandant en chef de la police, le commissaire Ambrosio de Lemos, sur la radio publique RNA.

Depuis six mois, des combats opposent les forces armées congolaises à une rébellion dans quatre provinces du centre de la RDC (Kasaï Central, Kasaï, Kasaï Oriental et Lomami).

Ces violences ont été provoquées par la mort, en août lors d'une opération militaire d'un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, entré en conflit avec le pouvoir central. Sa dépouille a été rendue samedi par les autorités à sa famille qui la réclamait en vain depuis sa mort, dans le but d'apaiser les violences qui ont éclaté en septembre. Ces violences sont à la base d’un afflux de réfugiés vers l'Angola voisin.

Selon les autorités locales, plus de 9.200 d'entre eux ont déjà été enregistrés sur le sol angolais. Dimanche dernier, 3.200 réfugiés, dont 1.400 enfants, ont été accueillis dans le camp d'accueil de Mussungue (province de Lunda Norte).

« Tous les réfugiés congolais qui sont sur le territoire national sont traités de façon humaine », a assuré le général de Lemos.

Les combats au Kasaï ont déjà fait au moins 400 morts et l'ONU a indiqué au début du mois avoir découvert 23 fosses communes dans la région.

Le corps de deux enquêteurs missionnés par le secrétaire général des Nations unies dans le Kasaï y ont été retrouvés le 28 mars dernier, seize jours après leur enlèvement avec quatre de leurs accompagnateurs congolais.

En réalité, depuis la sanglante répression des manifestations des 19, 20 et 21 septembre 2016, Luanda a quelque peu pris ses distances vis-à-vis de Kinshasa. L’Angola est allé jusqu’à retirer ses troupes militaires en RDC, qui étaient jusque-là chargées de former les forces de sécurité du pays. Une coopération de longue date destinée principalement à la garde républicaine et à la police, deux corps particulièrement épinglés dans les événements de ces derniers jours.

Selon une source diplomatique angolaise, ces militaires seraient tous partis en permission, sans pour autant être relevés. « Ils ont plié bagage et sont partis avec tout », a assuré un officiel du Kongo Central où étaient déployés ces formateurs.

Pour d'autres sources diplomatiques, citées à l’époque par RFI, il s'agissait bien d'un repositionnement de l'Angola pour démontrer sa neutralité. « Un signal clair de la condamnation de la violence récurrente », commente un diplomate occidental, qui estime que cette décision, vu l'importance historique de l'Angola pour le président Kabila, peut peser.

Fin octobre, le président angolais José Eduardo Dos Santos semblait davantage en phase avec Joseph Kabila venu à Luanda recevoir les félicitations de ses pairs de la région pour l'accord politique obtenu au terme du dialogue avec une partie de l'opposition.

Entre-temps, de nouvelles discussions politiques se sont engagées sous l'égide des évêques catholiques. Le pays a été confronté à de nouvelles violences meurtrières et à des arrestations massives. L'Angola s'est impliqué pour un règlement pacifique de la crise congolaise et n'a jamais caché son inquiétude face à une escalade qui aurait des conséquences sur tous les voisins de la RDC.

Pression et impact

L'Angola est l'un des principaux soutiens militaire et diplomatique de Joseph Kabila. Pour le chercheur et directeur du Groupe d'études sur le Congo, Jason Stearns, également repris à l’époque par RFI, il faut interpréter ces gestes des autorités angolaises comme une pression sur le gouvernement congolais dans le but de maintenir les intérêts de l'Angola dans la région.

« Il y a simplement une prise de distance entre Luanda et Kinshasa. Et une pression sur les autorités de Kinshasa pour régler leurs problèmes politiques. (...) Ce qui préoccupe surtout l'Angola, c’est la stabilité, la sécurité, les flux de réfugiés et le pétrole, parce qu’il partage des concessions pétrolières avec le Congo. C’est les trois choses qui dominent la politique angolaise envers le Congo et donc, dès qu’il y a un problème macroéconomique, macropolitique en RDC qui pourrait mettre en danger la stabilité du pays, c’est cela qui met en alerte les autorités angolaises. Et c’est cela, je pense, qui a provoqué cette réaction », a-t-il relevé.

Jason Stearns a estimé que cette attitude de Luanda peut peser sur les décisions des autorités congolaises. « C’est un pas très important. (...) L’Angola a des capacités énormes de pression sur la RDC. Il ne faut pas oublier que l’Angola a aidé à renverser le régime de Mobutu, l’Angola a sauvé le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila contre une invasion rwandaise en 1998 et l’Angola, jusqu’à ce jour, est parmi les pays qui a le plus de moyens de pression, le plus de renseignements sur ce qui se passe, le plus de capacité d’influencer les choses. Donc, je pense que même si ce message est assez subtil, il va avoir un grand impact sur la psychologie des gens au pouvoir à Kinshasa ».

En redéployant ses militaires aux frontières avec la RDC, Luanda envoie sûrement un message que Kinshasa doit chercher à son tour à décrypter. Jusqu’où ira le président Dos Santos ? Difficile à prédire.

 

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Articles récents

Les relations entre l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN) et le gouvernement Tshibala ne prêtent désormais à aucune équivoque. Cela après les négociations entre les...

Facebook FanBox