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Agriculture : en 8 ans, l’exportation du café baisse de 17%

Écrit par Olivier Kaforo. Publié dans Economie

L’exportation actuelle du café est évaluée à 8.000 tonnes contre 120.000 tonnes en 2010. Une baisse de 17 % qui ne favorise pas le bon positionnement du pays dans l’échiquier international. Le nombre d’exportateurs, lui, est passé de 342 à 28 pendant la même période.

C’est ce qu’a indiqué le directeur général de l’Office national de café (ONC), Augustin Bompate Bo-Lounda. C’était au cours d’un entretien qu’il a accordé à l’Agence congolaise de presse (ACP).
Selon le directeur général de l’ONC, cette baisse est liée à plusieurs facteurs, notamment à l’absence prolongée de l’ONC sur le terrain pour l’encadrement des planteurs.

Augustin Bompate Bo-Lounda soutient également que l’exportation frauduleuse des produits par certains opérateurs économiques, l’abandon de certaines plantations organisées et le manque de financement de la recherche agronomique sont aussi identifiées comme causes ayant conduit à cette baisse.
Dans le même registre, le directeur général de l’ONC a évoqué l’inexistence des crédits aux planteurs (faiblesse des mécanismes de financement agricole), le vieillissement des caféiers et la résurgence des  maladies (tracheomycose) ayant  décimé plusieurs plantations de Robusta dans les provinces du Nord-Kivu, dans l’ex-Equateur ainsi que dans l’ex-Province Orientale. La libération mal maitrisée du commerce du café après 1976, la baisse persistante  des cours du café sur le marché mondial (1999-2013), des conflits armés récurrents dans les zones à forte production du café sont également à classer parmi les causes qui expliquent cette baisse d’exportations du café.
En ce qui concerne particulièrement les conflits armés, a souligné Augustin Bompate, ils ont  provoqué  une crise politico-économique pendant plus d’une décennie. « Ces conflits ont entrainé le déplacement des populations dans les zones de production. À cela il faut ajouter une fiscalité et des taxes très élevées, émanant principalement des organismes ou services ne justifiant aucune prestation sur ce produit », a-t-il déploré.
Pour faire face à cette situation, le directeur général de l’ONC a appelé l’élaboration par le gouvernement et l’adoption du « document de la stratégie de la filière café ».
À travers cette stratégie, la vision du gouvernement est d’améliorer les performances de la filière sur toute la chaine de valeur, créer des richesses en milieu rural à travers une caféiculture professionnalisée et compétitive. Allusion faite à l’amélioration de la productivité et la qualité de la récolte, la distribution gratuite des plantules de variétés performantes, afin de rajeunir les vieilles plantations. L’on évoque également la création de nouvelles plantations, le processus de traitement et de torréfaction ainsi que le circuit de commercialisation.
Selon certaines sources, le gouvernement central entend aussi soutenir la dynamique  d’un partenariat public-privé, permettant aux acteurs de la chaine de valeur de travailler en synergie dans l’élaboration, le financement et la mise en œuvre des projets visant l’amélioration de la compétitivité du café congolais sur différents marchés.
Il compte institutionnaliser le financement de certains instituts de recherche par le secteur public et certains opérateurs privés nationaux, en vue de la mise au point des variétés performantes et résistantes aux maladies et ravageurs. Ce, afin d’améliorer la qualité et le rendement à l’hectare.
Le gouvernement se charge de mettre à jour une législation spéciale sur le café. Il assure l’application stricte de celle-ci pour toutes les parties prenantes dans la chaine de valeur, sous la supervision d’une autorité de l’Office national de café (ONC). Question d’assurer la présence du café congolais à tous les grands évènements africains et internationaux et organiser des événements similaires sur le territoire national.

 

Conscient de la mission à lui confiée par l’État, la direction générale de l’ONC a  créé des centres  pépinières pour la production et la vente des plantules aux planteurs, avec l’encadrement des agronomes de l’ONC. Ce, pour relancer des activités dans plusieurs provinces productrices de café, notamment dans le Haut-Uélé, le Mai-Ndombe, le Kongo Central, l’ex-Equateur et le Kwilu.

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