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Nomination de Bruno Tshibala : le silence de la CENCO

Écrit par Le Potentiel. Publié dans Online Dépêches

Douze jours après la nomination du Premier ministre Bruno Tshibala, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco) ne s’est toujours pas prononcée. Le silence de l’Église catholique est assez interpellateur. Pourtant, la nomination de Bruno Tshibala s’est faite en violation de l’Accord du 31 décembre 2016.

 

Le président de la République a nommé, le vendredi 7 avril, Bruno Tshibala au poste de Premier ministre. Cette nomination s’est faite en violation de l’Accord global et inclusif du 31 décembre 2016, obtenu sous la médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco). Bruno Tshibala est un exclu de son parti, l’UDPS, et du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, la plate-forme de l’opposition ayant plus de crédibilité dans l’opinion tant nationale qu’internationale.

La nomination de Bruno Tshibala a laissé couler beaucoup d’encre et de salive. Au niveau national, le Rassemblement qui devait présenter un Premier ministre, conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre, a rejeté cette désignation, la qualifiant de « non évènement ». Aussi, le Rassemblement a dit continuer à exiger l’application de l’Accord du 31 décembre, gage de paix et de cohésion nationale pendant cette période de transition devant déboucher à la tenue d’élections dont la présidentielle et les législatives nationales et provinciales sont prévues en décembre 2017.

Quant à la population congolaise, elle est restée indifférente face à la nomination de Bruno Tshibala, prophétisant le même sort que son prédécesseur Samy Badibanga dont la nomination n’a été en fait qu’une stratégie de la Majorité présidentielle de retarder davantage la tenue des élections. Les Congolais pensent que l’actuel Premier ministre est nommé aussi pour les mêmes motivations.

Au plan extérieur, la Communauté internationale a réservé une fin de non-recevoir à un gouvernement dirigé par Bruno Tshibala. À l’unisson, les partenaires extérieurs de la République démocratique du Congo ont exigé la mise en œuvre intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016.  Face aux remontrances de la Communauté internationale à propos de la nomination controversée de Bruno Tshibala, Kinshasa a même rompu sa coopération militaire avec la Belgique.

Cependant, la Cénco, un acteur central dans l’Accord du Centre interdiocésain, est resté silencieux depuis la désignation de l’actuel Premier ministre. La Cénco ne s’est pas prononcée et n’a même pas encore pris « acte » de la désignation de cet exclu de l’UDPS à la primature. Ce silence radio est assez inquiétant quand on sait que  la Cénco a joué un rôle primordial dans la recherche d’un large consensus sur la gestion de la transition entre la Majorité présidentielle et l’opposition représentée par le Rassemblement, après l’échec du dialogue non inclusif sous la médiation d’Edem Kodjo. C’est grâce notamment à l’action de la Cénco que la date fatidique du 19 décembre 2016 a été franchie sans casse. Bien plus, l’Accord de la Saint-Sylvestre reste la voie incontournable dans la sortie de crise en RDC.

 

Dès lors, le silence de la Cénco ne peut qu’interpeller. Sans doute, les prélats redoutent l’implosion de la RDC, ce qu’ils ont réussi à éviter pendant tout le temps qu’a duré leur médiation. Toutefois, on sait que les évêques membres de l’Église catholique ont été déçus par l’absence de la signature de l’arrangement particulier à l’Accord du 31 décembre 2016. Est-ce cette déception qui motiverait l’absence de réaction à la forfaiture que constitue la nomination de Bruno Tshibala ? L’avenir nous en dira plus.

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