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Relance de l’économie : l’Etat s’apprête à octroyer des crédits aux producteurs de l’Est

Écrit par Olivier Kaforo. Publié dans Economie

Mettre fin aux importations, c’est le maître mot des autorités congolaises. Pour ce faire, le cap est mis sur le soutien au secteur agricole.

 

Dans le cadre de relance de la production locale, des opérateurs économiques de l’Est du pays bénéficieront, dans les tout prochains jours, de l’octroi des crédits à des taux d’intérêt raisonnables. L’annonce a été faite le vendredi 13 avril par le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo Mwana Nyembo. C’était au cours d’une conférence de presse qu’il a animée à l’issue de la 3ème réunion ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM).

Cette annonce du gouverneur de la BCC intervient après une mission d’itinérance effectuée dans l’Est de la République sur ordre du président de la République. Mission conduite par le ministre des Finances, Henri Yav Mulang. Dans son adresse, le président du CPM et gouverneur de la BCC a dressé un tableau sombre de l’évolution socio-économique dans cette partie de la RDC.

« Le chef de l’Etat nous a demandé d’échanger avec la Société civile de ce coin du pays pour évaluer les possibilités de stimuler la production agricole. Après échanges, nous avons levé l’option d’octroyer le crédit aux agriculteurs afin qu’ils excellent dans la production. Dans un premier temps, nous allons commencer avec un groupe de 50 personnes à qui nous avons demandé de préparer les projets qui seront financés par l’Etat en termes de crédits. Ceux-ci leur seront accordés à des taux d’intérêt raisonnables. La profitabilité doit être au cœur de notre activité. Au départ, il faut se rassurer de la stabilité des opérateurs économiques bénéficiaires de ces crédits, dans l’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire », a déclaré Deogratias Mutombo.

Et d’ajouter : « La dégringolade du franc congolais est la conséquence de notre balance commerciale déficitaire. Nous mangeons ce que nous ne produisons pas. Nous produisons ce que nous ne consommons pas. On ne peut pas prétendre gérer un pays si on ne maîtrise pas sa production intérieure ».

Dans un autre registre, Deogratias Mutombo a fustigé le comportement de certains opérateurs économiques ainsi que celui de quelques agents de l’Etat qui s’illustrent dans des pratiques telles que la corruption et la contrebande. Ce qui prive l’Etat de moyens pouvant lui permettre de relancer son économie.

Le gouverneur de la BCC a, par la même occasion, relevé le paradoxe qui existe entre le taux d’imposition élevé au niveau des frontières et la médiocrité des fonds levés en termes d’impôts et taxes. « La RDC figure parmi les pays disposant d’un taux très élevé d’imposition dans la région. Paradoxalement, les fonds levés classent le pays parmi les derniers », a-t-il indiqué. En d’autres termes, le gouverneur de la BCC soulève un problème crucial, celui de la maffia bien organisée aux frontières. Une manière pour lui d’inviter l’Etat à mieux organiser les services aux frontières, d’instaurer une rigueur telle que personne ne puisse se permettre de dilapider les fonds destinés au Trésor.

Face à la dégradation qu’endure l’économie congolaise depuis deux ans, le gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, estime que le salut pourra venir du changement du modèle économique, étant donné que celui utilisé actuellement présente d’énormes faiblesses. Et pour sortir le pays du gouffre dans lequel il se trouve présentement, ajoute-t-il, il faut réfléchir sur les moyens, la production et l’assainissement du climat des affaires. C’est alors que le pays pourra espérer prospérer. Dans le cas contraire, on ne ferait que du surplace.

« Au cours de cette mission, nous avons compris la manière dont se déroulent les activités économiques dans l’Est du pays. La fraude fiscale, la fuite des capitaux et la contrebande se développent très vite. Ce qui ne profite pas à la République. Plus de 100 millions USD liquides sortent de la RDC par mois pour des pays étrangers. Ce qui viole certaines clauses de la bonne coopération fiscale, ne favorisant pas la préservation des intérêts des uns et des autres », a fustigé Deogratias Mutombo.

 

Quant au nombre de services autorisés à œuvrer aux frontières, il y a également des problèmes. Ceci pourra de plus en plus favoriser la fraude aux frontières. « Il faut mettre fin à la cacophonie. A titre d’exemple, on ne peut pas comprendre que des autorités de l’armée se permettent d’octroyer des permis d’exploitation forestière et minière. C’est inacceptable ! Treize services en lieu et place de quatre autorisés. C’est anormal ! Il faut agir maintenant », s’est-il lancé.

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