A la Une

Calendrier électoral : C. Nangaa renvoie la balle au gouvernement

Calendrier électoral : C. Nangaa renvoie la balle au gouvernement

La tripartite du Palais du peuple est entrée dans le vif du sujet. Le président de la Céni,...

Tripartite Céni-CNSA-Gouvernement : Une coalition de « falsificateurs »

Tripartite Céni-CNSA-Gouvernement : Une coalition de « falsificateurs »

Après avoir bâclé l’arrangement particulier de l’Accord politique du 31 décembre 2016, la MP et...

Soutien improductif

Soutien improductif

La République démocratique du Congo est en train de sombrer. La crise politique ne fait que...

Quel mécanisme pour une transition sans Kabila ?

Quel mécanisme pour une transition sans Kabila ?

La tenue d’élections étant exclue cette année, l’après-décembre 2017 reste un mystère. Raison...

Imprimer

Les lamentations de Monsengwo

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

En ce jour du 16 avril 2017, où la communauté chrétienne mondiale célèbre le Christ ressuscité, le cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa, a, dans son homélie lue le dimanche dans toutes les paroisses de la province épiscopale de Kinshasa, fait un sévère réquisitoire de la situation dramatique que traversent la RDC et son peuple.

 

« Peuple congolais, nous nous sentons comme si nous étions un grain jeté en terre ; nous sommes ignorés, bafoués, piétinés. Nous vivons dans le pays un temps de confusion, d’obscurité, de désespoir. Mais nous savons qu’au plus profond de la nuit, l’aurore pointe déjà à l’horizon. Nous ne pouvons pas nous laisser envahir par le fatalisme ».

Larmes aux yeux, le cardinal Monsengwo pense que le moment pour la RDC de se mettre et son peuple de dresser son front longtemps courbé – comme repris dans l’hymne national – n’est plus loin. « Nous avons l’assurance que le Christ ressuscité nous appelle à ressusciter avec lui. Le pays aussi doit ressusciter, c’est-à-dire quitter le vieil homme et revêtir l’homme nouveau. Le Christ est avec nous avec son pouvoir, son pouvoir d’amour, il subit avec nous les situations d’injustice, de confusion, d’incertitude. Non pas pour y rester, mais pour nous en libérer. C’est lui le maître de notre histoire. Cette histoire nous la façonnons avec lui pour créer une société de vie meilleure, une société de vie digne de notre foi de ressuscité ».

Ci-dessous, les lamentations de l’archevêque de Kinshasa contenues dans son homélie du 16 avril 2016, jour de pâques.

 

« C'est bien vrai! Le Seigneur est ressuscité» (Le 24,34)

 

Bien-aimés dans le Seigneur,

1. « C'est bien vrai: le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Pierre» (Le,24,34). Telle est l'annonce que dès les origines de l'Eglise -aujourd'hui encore- a circulé dans le monde chrétien. Le Christ est ressuscité. Des témoins, d'abord incrédules, l'ont vu et l'ont raconté. Telle est notre foi, que nous sommes fiers de professer avec l'Eglise tout entière, répandue dans le monde. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; s'il meurt, il porte beaucoup de fruit », dit l'Ecriture (Jn 12, 24).

2. Comme le dit le Pape François, Jésus a apporté dans le monde une espérance nouvelle et il l'a fait à la manière de la graine: il s'est fait tout petit, comme un grain de blé. Il a laissé sa gloire céleste pour venir parmi nous: il est « tombé en terre». Mais cela n'était pas encore suffisant. Pour porter du fruit Jésus a vécu l'amour jusqu'au bout, se laissant rompre par la mort, comme une graine qui se laisse rompre sous la terre» (Catéchèse du Mercredi Saint 2017)

3. La résurrection du Christ est l'espérance d'un monde nouveau et d'une humanité nouvelle dans la relation de l'homme à Dieu-Père; nouvelle aussi dans les relations des hommes entre eux, nouvelle dans la relation de l'homme avec la nature.

4. Peuple congolais, nous nous sentons comme si nous étions un grain jeté en terre; nous sommes ignorés, bafoués, piétinés. Nous vivons dans le pays un temps de confusion, d'obscurité, de désespoir. Mais nous savons qu'au plus profond de la nuit, l'aurore pointe déjà à l'horizon. Nous ne pouvons pas nous laisser envahir par le fatalisme.

5. Nous avons l'assurance que le Christ ressuscité nous appelle à ressusciter avec Lui. Le pays aussi doit ressusciter, c.-à-d. quitter le vieil homme et revêtir l'homme nouveau. Le Christ est avec nous avec son pouvoir, son pouvoir d'amour, il subit avec nous les situations d'injustice, de confusion, d'incertitude. Non pas pour y rester, mais pour nous en libérer. C'est Lui le Maître de notre histoire. Cette histoire nous la façonnons avec Lui pour créer une société de vie meilleure, une société de vie digne de notre foi de ressuscité.

6. En même temps, éveillons une nouvelle solidarité entre nous, soutenons-nous dans notre marche. Luttons pour une nouvelle société avec les armes de la vérité, de la justice, sans mensonge ni hypocrisie. Vivons en enfants de lumière. Donnons-nous la main pour que notre espérance soit une étoile qui nous guide vers le chemin du Ciel.

Bien-aimés dans le Seigneur,

7. « Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous, comment avec son Fils, ne nous donnerait-il pas tout» (Rm 8,31-33).

A tous(tes) je souhaite de Joyeuses Pâques, qui nous fassent ressusciter avec le Christ, pour que le pays prenne un visage nouveau, dans la paix, la justice, la vérité et l'Amour, à l'image de l'Amour de Dieu pour nous.

Que la Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l'humanité rachetée, nous accompagne dans la marche pleine d'embûches et d'écueils. Je vous bénis dans le Seigneur ressuscité.

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit

 

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Articles récents

S’alignant presque sur la ligne de la Majorité présidentielle (MP), la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a laissé entendre que les élections reportées « au plus tard en décembre » auront...

Facebook FanBox