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La marche de l’Opposition se mue en une journée « ville morte »

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

Hier lundi, l’appel de l’UDPS et du Rassemblement à une marche pacifique pour exiger la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 s’est transformé en une journée « ville morte ». Ça fait deux lundis de suite que les activités sont fortement perturbées à Kinshasa, à l’appel de l’Opposition. La même situation a été observée dans plusieurs autres villes du pays notamment Lubumbashi, Bukavu, Beni, Butembo, Kananga, Mbandaka.

La ville de Kinshasa a ressemblé, hier lundi 10 avril, à une ville fantôme.  Alors que l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et le Rassemblement avaient appelé à une marche pacifique pour exiger la mise en œuvre de l’Accord global et inclusif du 31 décembre 2016, la capitale s’est muée à une ville complètement paralysée.

Les commerces et les entreprises n’ont pas fonctionné dans leur majorité. Le transport en commun a commencé à circuler timidement vers 10 heures et presque sans passagers à bord. C’est véritablement vers midi que la circulation est devenue plus visible pendant que les boutiques sont restées fermées.

La police a déployé un dispositif impressionnant de forces de l’ordre, empêchant tout attroupement. Dans plusieurs quartiers de la ville, les militants ont été retenus dans leurs communes respectives. A N’Djili, Lemba et dans certains quartiers chauds de la capitale, les policiers ont été obligé de tirer en l’air pour disperser les militants qui voulaient répondre au mot d’ordre de l’UDPS et du Rassemblement.

Quelques récalcitrants qui ont tenté de défiler ont été repoussés par les forces de l’ordre. À Lemba, des témoins rapportent que des hommes cagoulés ont tiré à balles réelles en l’air menaçant de réprimer violemment ceux qui tenteraient de se regrouper.

Face à ce déploiement impressionnant des forces de sécurité au niveau de tous les grands carrefours, aucun début de marche n’a été observé dans les différentes communes de Kinshasa. A 11heures, sur le boulevard Triomphal, lieu de rencontre et d’où devrait partir la marche, les policiers ont quadrillé le secteur.

De même, aucun leader de l’opposition n’a été perçu dans la rue. Interpelé sur twitter, Martin Fayulu évoque un « changement de stratégie pour éviter aux carnassiers de tuer les Congolais », a rétorqué le président de l’Écidé.

De son côté, le porte-parole de la Police nationale, le colonel Pierrot Mwanamputu a affirmé dimanche que «la Police nationale congolaise (PNC) empêchera l’exercice de toute manifestation publique à caractère politique, non autorisée à travers toute l’étendue du territoire national».

A Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, la plupart des manifestants entonnaient, durant leur marche, des chants  hostiles au pouvoir et réclamaient le retour de Moïse Katumbi. Ils ont été dispersés par la police. A Bukavu (Sud-Kivu), la police a également dispersé la marche qu’avaient entamée plusieurs partisans de l’Opposition. Des interpellations ont été signalées. Comme à Kinshasa, à Beni (Nord-Kivu), la marche pacifique prévue a été muée en une journée ville morte. La plupart des commerces ont été fermés pendant que tous les coins stratégiques de la ville ont été quadrillés par les éléments de la police. Ces derniers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser quelques manifestants qui ont emprunté le boulevard Nyamuisi.

A Kananga (Kasaï Central), le Rassemblement a décidé de muer cette marche à une journée ville morte. Raisons évoquées : le refus de l’hôtel de ville de Kananga d’encadrer la manifestation et la situation sécuritaire de la ville marquée par l’activisme des miliciens Kamuina Nsapu.

À Mbandaka (Equateur), la marche du Rassemblement a été dispersée par la police après quelques kilomètres de son point de départ.

 

Empêché de marcher, le Rassemblement a réussi à transformer la situation en ville morte. Cette plateforme exige la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016. Selon cet accord global et inclusif, la primature devait revenir au Rassemblement et la tenue de premières élections en décembre 2017. En nommant Bruno Tshibala, un exclu de l’UDPS et du Rassemblement, le pouvoir cherche à torpiller l’Accord de la Saint-Sylvestre.

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